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  • [Entretien] « Marignane doit s’imposer dans les grands projets »

    [Entretien] « Marignane doit s’imposer dans les grands projets »

    La Marseillaise : Dans une commune ancrée à droite depuis la libération qui a connu la gestion FN, comment votre campagne est-elle accueillie ?

    Ariane Lombardi : Nous avons de bons retours. Notamment des jeunes au sens large, car il y a un sacré trou dans la raquette les concernant. Une bascule est possible si nous ne voulons pas devenir une ville-dortoir. Nous avons travaillé de longs mois à repenser la politique municipale avec cette équipe qui va du PCF à Place publique et nous avons formé une équipe prête à gouverner la commune, avec un travail de fond qui, quoi qu’il arrive, laboure le terrain pour les années à venir.

    En quoi portez-vous une vision différente de la gestion municipale ? Quelles sont vos priorités pour vous démarquer ?

    A. L. : On gère une ville avec un projet politique sérieux, pas avec de l’entre-soi ou des déçus de Le Dissès qui ont travaillé avec la Ville pendant des années. Marignane est laissée à l’abandon depuis trop longtemps. On a un projet destiné à revitaliser la ville, sur plusieurs axes, la sécurité, les écoles, la jeunesse, les services publics, le dynamisme économique. Et ce projet on le fait pour et avec tous les habitants. Je suis enseignante, je n’oublie pas ça. Ça compte évidemment dans la construction des priorités.

    Vous parlez de recréer du lien entre la commune et son bassin d’emplois. De quelle manière comptez-vous vous y prendre ?

    A.L. : Il faut savoir être proactif avec la Métropole, la Région, le Département, s’imposer dans les grands projets. On est dans un bassin d’emploi remarquable, or il n’y a quasiment plus de lien entre la mairie et Airbus. Il faut être prêts avec le projet de décabornation sur le golfe de Fos car on va servir de lieu d’accueil. Il faut aider les grandes entreprises à installer leurs salariés sur notre territoire, avec une offre en transport et logement. On est en dessous du quota en logements sociaux avec 800 000 euros d’amende par an ! Tout ça se réfléchit, il y a des zones à aménager, d’autres à réserver à l’agriculture, l’étang de Berre à redynamiser… Notre projet est complet.

  • Le Grand J.T. des Territoires du 07 mars

    Le Grand J.T. des Territoires du 07 mars

    Cette semaine dans le Grand J.T. des Territoires de Cyril Viguier sur TV5 Monde :

    Éducation : l’IA est devenue le bras droit des élèves pour faire leurs devoirs. Des établissements scolaires ont décidé d’agir pour encadrer son utilisation. Réponse dans ce journal.

    Le reblochon est l’un des fromages préférés des Français. La filière reblochon s’adapte face aux différentes contraintes d’aujourd’hui ! Immersion en Savoie, pour comprendre la situation.

    Un tournoi de tennis de table avec … des poêles à frire ! Dans les Ardennes, un club a organisé une compétition insolite. Images loufoques garanties.

  • À Nîmes, les réactions à notre sondage exclusif

    À Nîmes, les réactions à notre sondage exclusif

    À neuf jours du premier tour des élections municipales à Nîmes, le sondage Ipsos-BVA réalisé pour La Marseillaise et Experts et Territoires redistribue les cartes de la campagne.

    L’étude, menée auprès de 700 électeurs inscrits entre le 20 et le 28 février, place la liste « Nîmes en commun » conduite par Vincent Bouget en tête avec 29%, devant le candidat du RN Julien Sanchez (26%), Franck Proust (22%) et la liste de Julien Plantier et Valérie Rouverand (16%). La liste conduite par Pascal Dupretz est créditée de 7%. Un rapport de force qui laisse entrevoir la possibilité d’une quadrangulaire au second tour et qui suscite déjà de nombreuses réactions parmi les candidats.

    Des réactions entre satisfaction, prudence et scepticisme
  • Un mois entier dédié au 8 mars à Martigues

    Un mois entier dédié au 8 mars à Martigues

    On met l’accent sur les femmes invisibilisées qui ont apporté au pays », résume sobrement Gérard Frau, adjoint (PCF) de Martigues aux égalités, aux discriminations et aux droits des femmes, à propos du programme déployé par la Ville autour du 8 mars.

    Car une commune peut faire quelque chose, à sa hauteur, pour la journée internationale de lutte pour les droits des femmes et en dehors. « On a développé un programme sur un mois avec de nombreux partenaires » illustre l’élu, qui rappelle aussi « la Commission extra-municipale de toutes les égalités, créé il y a 2 ans, et dans laquelle j’anime la partie discrimination femme-homme ». Tout comme « le dispositif Femmes en place pour renommer les espaces publics dans lesquels les femmes sont aussi invisibilisées », à l’image de la maison de Carro Anita-Conti, du nom de la pionnière de l’océanographie, ou de l’espace santé autonomie Madeleine-Riffaud, « une grande journaliste résistante », commente Gérard Frau.

    Un programme varié

    Le programme est dense avec par exemple la rencontre-débat avec des autrices de bandes dessinées organisée par le collectif féministe du PCF de Martigues à la salle Dufy de l’espace Simone Veil, ce samedi 7 mars de 15h30 à 20h, ou encore les ateliers sur l’égalité proposés mercredi 11 et 18 mars par le service jeunesse de la Ville à l’Espace infos jeunes du quai Toulmond. Les agents de la Ville auront aussi droit à pièce de théâtre de sensibilisation le 17 mars à 14h à l’hôtel de Ville. « À Martigues, on a vocation à lutter et créer des égalités », conclut Gérard Frau.

  • Travaux, frais d’élus et aides aux internes en débat au Département

    Travaux, frais d’élus et aides aux internes en débat au Département

    La présidente du département Eliane Barreille a ouvert l’assemblée départementale en saluant les médailles gagnées au Salon de l’agriculture et le classement du département comme troisième préféré des Français, avant d’évoquer « le chantier du siècle », les travaux du Pas de la Rochaille, qui devraient coûter plus de 60 millions d’euros, contre les 30 millions initialement prévus. Cette route près de Barcelonnette « est fréquentée par de nombreux camions italiens », a expliqué Eliane Barreille, avançant comprendre que le projet soit difficile à accepter pour les habitants de l’Ubaye puisqu’il y aura « des coupures de circulation pendant cinq ans ».

    La présidente du département a ensuite fait voter le renouvellement d’une augmentation des frais de déplacement des élus, proposant notamment un remboursement des repas à hauteur de 30 euros au lieu de 20, ce à quoi la conseillère départementale d’opposition de gauche Geneviève Primiterra s’est opposée. « Il est légal, mais pas moral que des élus profitent de ces remboursements », a défendu l’élue. Eliane Barreille a dénoncé un « dérapage complet », niant le terme de « profiter ». Les conseillers départementaux ont voté pour le renouvellement de l’augmentation, avec un vote contre et une abstention.

    Nouvelles aides pour les internes

    Les élus ont également voté pour une nouvelle aide financière aux internes en médecine générale venant exercer dans le département. « Le nombre d’internes a doublé sur le département » depuis le renforcement de ces subventions en 2022, a salué la présidente du département. Ils sont actuellement au nombre de 46, dont 27 dans les hôpitaux, a-t-elle précisé. Le département espère qu’ils s’installent durablement dans les Alpes-de-Haute-Provence à la fin de leur internat. Cinq étudiants en médecine ont sollicité cette aide pour ce semestre.

    Les élus ont aussi voté un appel à projet de 10 000 euros ouvert aux 14 collèges « pour soutenir des initiatives en lien avec l’alimentation saine et durable et sensibiliser au gaspillage », ainsi que pour « promouvoir des produits bio et locaux ». L’élue d’opposition Genevière Primiterra a regretté une enveloppe trop faible. « Vous ne mettez pas les moyens », a-t-elle affirmé.

    Eliane Barreille a tenu à organiser une conférence de presse en soutien au maire sortant de Manosque, candidat à sa réélection et conseiller départemental Camille Galtier, à la fin de l’assemblée départementale, en présence des élus des cantons de Manosque. « Certains propos méritent des éclaircissements », a avancé la présidente du département, insistant sur les projets de contournement routier proposés par les différents candidats aux élections municipales. « Certaines propositions » pour désenclaver et désengorger Manosque « utilisent des terres agricoles en zone agricole protégée (ZAP) », a-t-elle déploré. « Il est impératif de ne pas pénaliser les agriculteurs », « Je m’y opposerai de toutes mes forces », a martelé la présidente.

    Elle a défendu le projet de contournement du maire sortant de Manosque, « non consommateur d’espaces agricoles » et qui pourra être soutenu par le département. Camille Galtier, candidat à sa réélection, a défendu « la plus grande zone agricole protégée de la région » et « l’une des trois plus grandes de France ». « On est heureux d’avoir du dynamisme et des bouchons, ça veut dire qu’on est attractifs », a-t-il soutenu, décrivant Manosque comme « la locomotive du département ». Il a dénoncé une potentielle « catastrophe écologique et environnementale » dans les projets de ses adversaires « parachutés à un mois de l’élection », faisant référence au candidat RN-UDR déclaré le dernier jour de dépôt des candidatures. « Depuis la fin du cumul des mandats de député et d’élu local, des gens de Paris se présentent en local alors qu’ils sont déconnectés », a-t-il affirmé.

  • [Rue de la République] Martine Vassal : « Je suis la seule alternative à Benoît Payan, le RN ne gagnera pas Marseille »

    [Rue de la République] Martine Vassal : « Je suis la seule alternative à Benoît Payan, le RN ne gagnera pas Marseille »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies. « Rue de la République » accueille chaque semaine une personnalité marquante de la vie
    du territoire. Ce week-end, Martine Vassal, présidente de la Métropole Aix Marseille Provence et du Département des Bouches-du-Rhône, candidate DVD à la mairie
    de Marseille.

    La dernière ligne droite

    Didier Gesualdi : Dans quel état d’esprit êtes-vous dans cette dernière ligne droite ?

    J’ai le sourire parce que j’ai une très belle liste, avec des personnes compétentes dans leur domaine que ce soit l’économie, l’éducation, la santé, le sport, la culture et avec des gens expérimentés. On déroule. On essaye de faire passer nos idées et de parler de fond.

    Didier Gesualdi : Vous évacuez les difficultés que des analystes ont pointées avec des sondages plus mauvais que quand vous avez commencé ?

    Tout à fait. Le sondage qui va compter, ce sera le résultat du 15 mars au soir.

    Didier Gesualdi : Ce n’est pas plié ?

    Une élection n’est jamais gagnée d’avance.

    Léo Purguette : Dans vos rencontres de terrain que vous disent les Marseillais ?

    Le mot d’ordre que je ressens, notamment depuis janvier, c’est « surtout ne lâchez pas ». Ça me fait chaud au cœur parce que je sens une population très déçue de ce qui s’est passé durant ces six dernières années. D’abord avec le « switch ». Le fait que Mme Rubirola ait gagné et qu’au bout de quelques mois elle ait été remplacée par M. Payan, ça ne passe pas du tout chez les Marseillaises et les Marseillais. Beaucoup me disent « vous avez fait plein de choses à la Métropole et au Département on espère la même chose pour la Ville ». Après, je sens aussi qu’il y a une forte montée du RN qui surfe sur les colères et les peurs. C’est vrai pour la totalité des Français, pas seulement ici à Marseille. Il ne faut pas confondre les élections. C’est une élection locale, pas nationale.

    Didier Gesualdi : Avez-vous un problème de positionnement politique, êtes-vous allé trop à droite ?

    Je pense qu’il y a eu une nationalisation du débat qui vole aux Marseillais leur élection. Un maire -j’en côtoie beaucoup à la Métropole- quelle que soit la grosseur de la commune, c’est quelqu’un de très engagé, qui défend ses habitants, qui les protège. C’est ça qui m’intéresse. C’est pour ça que j’ai rassemblé de l’écologie raisonnable en passant par le centre, jusqu’à la droite affirmée. C’est pour ça que j’ai gardé mon étiquette divers droite. Ma liste ressemble à Marseille.

    La Liste

    Léo Purguette : Ne reconnaissez-vous pas, tout de même, des erreurs dans la composition des listes ?

    La mienne ?

    Léo Purguette : Oui, dans les 11-12 par exemple avec Mme Philippe, une ancienne RN qui a choqué par ses propos.

    Écoutez, il faut expliquer qu’il y a eu un changement. Il y a eu la réforme PLM. Il y aura deux urnes. Une sur le secteur, une de 111 noms pour la mairie centrale, les mêmes pour toute la ville. Les élus de secteur, je les ai laissés composer leurs listes. Après, il y a eu peut-être quelques infiltrés qui ont essayé de nous mettre un peu la panique, mais ce n’est pas très grave. L’important c’est ce qu’on propose aux Marseillaises et aux Marseillais. J’ajoute que le législateur n’est pas allé au bout et ne nous a toujours pas donné les compétences des mairies de secteur. C’est un peu dommage cette réforme à la va-vite qui éloigne les citoyens des décisions.

    Didier Gesualdi : Donc pas d’erreur ?

    Franchement je suis très fière de mes 111 noms. 49 ans de moyenne d’âge, vous allez me dire que je suis dans la moyenne… Pas tout à fait, un peu plus… On va dire hors taxe. C’est une liste qui rassemble largement, notamment des personnes qui viennent de la société civile et qui sont quand même un peu choquées de la violence de cette campagne. C’est même un climat dégueulasse, j’ose le mot. C’est une campagne en dessous de la ceinture, au niveau des caniveaux. Je regrette vraiment qu’il soit si peu question de fond.

    La campagne

    Didier Gesualdi : La violence d’une campagne vous ne la découvrez pas, il faut presque y être préparé pour devenir maire.

    Oui mais elle va crescendo, elle va avec la violence qu’on retrouve dans la France entière. Les scrutins sont de plus en plus violents, agressifs… Ce qui m’intéresse, c’est ce qu’on veut faire de cette ville. On a perdu six ans, on ne va pas perdre encore sept ans de plus.

    Léo Purguette : Vendredi, Jordan Bardella était à Marseille. On sent bien que le RN veut faire de Marseille un grand symbole, et en cas de victoire, un laboratoire.

    Ça vous inquiète ?

    Mais je ne me suis jamais considérée comme un rat de laboratoire. On a nos spécificités ici à Marseille. Je laisse les Parisiens là où ils sont. On s’est toujours très bien débrouillé sans eux, et on va continuer comme ça. Vous savez, les appareils, la nomenklatura parisienne… Il n’y a qu’une chose qui m’intéresse c’est Marseille. C’est pour ça que je suis restée divers droite : mon parti, c’est Marseille. Ça fait 10 ans pour le Département, 8 ans pour la Métropole, que je préside des institutions formidables. On a refait le territoire avec tous les maires qui étaient volontaires. On a fait la révolution des transports, elle est là, on la voit.

    Le second tour

    Didier Gesualdi : À quoi va ressembler le second tour ? Quadrangulaire ? Triangulaire ?

    Je suis le rempart pour changer les choses, pour que le Printemps marseillais, avec la France insoumise, ne dirigent plus cette ville. Pourquoi je dis que le RN ne gagnera pas : parce que Marseille c’est 2 600 ans d’histoire, c’est du multiculturalisme, c’est des tas de personnes arrivées au fil des années. On a grandi de nos différences. On a vécu les uns à côté des autres. Elle ne sera jamais RN contrairement à ce que veulent instiller certains médias parisiens.

    Léo Purguette : Donc vous estimez être l’alternative à Benoît Payan ?

    Absolument, je suis la seule alternative. Si aujourd’hui, Benoît Payan ne parle pas de programme, ne veut pas faire de débat et qu’il agite le chiffon rouge c’est parce qu’il a eu un mandat où il n’a rien fait et qu’il espère un mandat où il ne fera rien.

    Les propositions

    Léo Purguette : Quelles sont vos propositions principales ? Vous avez beaucoup parlé sécurité.

    Effectivement vous avez raison. C’est une problématique qui revient régulièrement. Combien de fois j’ai entendu « je ne descends plus en ville parce que j’ai peur ». Moi je n’habite pas très loin, c’est vrai que sur le Vieux-Port à 20h on n’est pas très rassuré. Quand on veut aller au manège sur la place Charles de Gaulle avec les enfants et qu’on voit ce qu’il y a autour, ce n’est pas très engageant. Oui, il faut un choc d’autorité sur cette ville. Je ne suis pas dans la course à l’échalote sur les chiffres mais oui, il faut plus de policiers municipaux, plus de caméras, utiliser des drones…

    Didier Gesualdi : Benoît Payan a doublé la police municipale ce que vous n’aviez pas fait en 25 ans.

    Je suis présidente de la Métropole et du Département. Comme vous le voyez, je ne suis pas Jean-Claude Gaudin. J’ai beaucoup de respect pour lui, je ne suis pas sûr que d’autres élus marseillais aient le même respect pour leur mentor d’ailleurs. Oui, il faut que le maire assure la tranquillité publique, c’est sa mission. Il faut aussi qu’il soit dans un continuum de sécurité avec la police nationale, c’est là que j’ai proposé le dispositif Argos, c’est ce qu’on fait quand il y a des incendies, des inondations. On se met tous ensemble, on fait tomber les cloisons. C’est ce qui manque à Marseille, en matière de sécurité mais aussi dans d’autres domaines. Je veux que les jeunes qui sont borderline qui commencent à tomber dans la délinquance on les récupère tout de suite pour leur donner une seconde chance. C’est pour ça que je propose des maisons de la réussite. Le métier le plus compliqué, c’est celui d’être parent, il faut les soutenir. Il faut aussi assurer aux jeunes un autre avenir.

    Didier Gesualdi : Il faut pour cela des services publics, le Printemps marseillais dit en avoir remis en place, avez-vous des propositions sur le sujet ?

    Bien sûr, là aussi, il ne faut plus travailler en silo. Vous avez la Ville qui travaille avec le CCAS, la Métropole avec la politique de la Ville, le Département avec les maisons de la solidarité… Il faut être main dans la main. C’est ma conception une fois que le débat démocratique a eu lieu. À condition d’être sérieux. Excusez-moi, quand je vois le programme du Printemps marseillais, c’est un programme intelligence artificielle de 128 pages sorti en une semaine avec des choses complètement irréalistes, dingues, qui ne se feront jamais, comme la jetée amovible dans le port ou la forêt avec des arbres centenaires sur les plages du Prado. Tout cela est illusoire. De l’autre côté on a un RN, simpliste, avec un candidat qui appelle maman Le Pen et papa Bardella pour venir à son secours. Il l’a fait monter à Notre-Dame de la Garde, vendredi. J’espère qu’il a mis les pois chiches dans les chaussures mais il ne connaît rien à Marseille. C’est un touriste électoral. Quand on propose des pass pour interdire les plages à une partie de la population, quand on veut faire un couvre-feu, quand leur candidat dans les 6-8 dit que les jeunes qui font du foot ça fait du bruit… ça fait froid dans le dos. Que fait le RN ? Il surfe sur les peurs.

    Léo Purguette : Vous êtes un peu dans une tenaille. Vous dites que la gauche est irréaliste mais pour gagner il faut aussi faire un peu rêver, donner envie non ?

    La ville a tellement pris de retard qu’aujourd’hui il faut répondre aux problématiques qui sont simples : la sécurité, la propreté, la tranquillité, mais c’est aussi des endroits comme le Centre Bourse à revitaliser. La Belle de Mai, quartier le plus pauvre d’Europe où il y a des marchands de sommeil, des squatteurs… À côté d’une gare Saint-Charles qui va être absolument magnifique. Je l’ai fait inclure dans Euroméditerranée pour aménager ces espaces. Je vais peut-être vous choquer mais ce que j’aimerais, c’est qu’un maximum de Marseillais devienne propriétaire, parce que, quand on a sa propre maison, c’est un havre de paix. Aujourd’hui, on a du mal à louer, du mal à acheter. C’est pourquoi je veux instaurer un prêt à taux zéro pour les primo-accédants et un bail réel solidaire qui permet d’acheter les murs mais pas le sol et grâce auquel vous payez 40% de moins votre logement. C’est le droit à se loger, pas le droit à spéculer.

    La Métropole

    Didier Gesualdi : Vous proposez de réformer la Métropole, vous êtes à sa tête depuis un moment. Qu’est-ce qui cloche ?

    Elle est née avec les forceps, il y a 10 ans en 2016. J’ai eu l’honneur d’en prendre la présidence en 2018. Une loi a supprimé les conseils de territoires en 2022. Il faut lancer un acte III pour qu’on se recentre sur les compétences comme l’économie, la mobilité, l’environnement, la gestion des déchets… On a déjà commencé sur Aix, ça marche très bien. Marseille voulait récupérer la propreté mais au dernier moment Benoît Payan a reculé, c’était trop de travail.

    Didier Gesualdi : Il dit que vous ne lui donniez pas les moyens.

    C’est faux, il ment. Maintenant ce que je propose c’est qu’une fois les maires élus, on travaille pour qu’en 2027 on ait une Métropole stabilisée au niveau politique et financier.

    Léo Purguette : On vous entend vous projeter. Vous serez candidate à la présidence quel que soit le résultat des municipales ? Certains dans votre camp s’activent en coulisses.

    C’est normal. Personne n’est éternel. Mais on n’en est pas là. Il va y avoir un premier tour, un deuxième tour et après il y aura ce troisième tour.

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Jocelyne Alba :

    Bonjour Madame. Je ne partage pas vos idées mais je suis intéressée de connaître vos propositions pour les droits des femmes alors que nous approchons du 8 mars. Après tout, vous êtes seule candidate.

    C’est une question fondamentale. Aujourd’hui, il y a beaucoup trop de violences sur les femmes et les enfants, quelques hommes aussi, qu’il ne faut pas oublier. Pour les faire reculer, il faut mettre en place des dispositifs. Je l’ai fait au Département, je le ferai à la Ville de Marseille. Je voudrais acheter des logements sociaux et les mettre à disposition des femmes qui subissent des violences. Il faut aussi aider encore plus les associations qui font de l’accueil. Très souvent on oblige les femmes à raconter 50 fois leur histoire, c’est très compliqué. Il faut améliorer l’accompagnement sur le plan psychologique et judiciaire.

    Par ailleurs, on dit souvent que c’est difficile de pouvoir mener de front, quand on est une femme, sa vie professionnelle, familiale et personnelle. Je souhaite instaurer un droit opposable à la garde d’enfants. C’est-à-dire avoir une priorité pour les femmes qui vont travailler pour avoir une place en crèche. Je souhaite doubler leur nombre, faire un audit très précis des places publiques, privées et des assistantes maternelles. Je propose aussi d’agir pour ceux qu’on appelle « les orphelins de 16h30 », parce qu’ils se retrouvent tous seuls en fin d’après-midi, avec des « maisons de la réussite » et de l’intergénérationnel en embauchant des personnes retraitées pour faire de l’aide au devoir. C’est important parce qu’on est tous passé par là, après une longue journée de travail, ça peut finir dans les cris… Il faut tendre la main à chacun. L’égalité femme-homme n’est pas encore là. Il faut continuer dans ce sens.

  • [Basket] Valéry Demory, au bord des adieux

    [Basket] Valéry Demory, au bord des adieux

    Montpellier, un havre pour travailler en paix ? Dans un monde du sport, qui peut renverser un entraîneur du jour au lendemain, la capitale du Languedoc fait-elle exception ? Depuis plus d’un demi-siècle, la famille Nicollin dirige le club de football, non sans coup de sang. Pendant trente ans, le manager Patrice Canayer a transformé le Montpellier Handball en double champion d’Europe.

    En quinze saisons, un autre homme fort s’est fait une place à part dans l’environnement sportif de la Métropole : Valéry Demory.

    Demory, né à Denain (Nord) sur les bords de l’Escaut, n’a pas pris avec le temps l’accent du Sud. L’ancien meneur de jeu des plus grands clubs français et de l’équipe de France (85 sélections) a façonné d’une main ferme le BLMA (Basket Lattes Montpellier Agglomération) en deux temps. Tout d’abord pendant une décennie (2007-17) pour l’installer au sommet du basket féminin français, puis pendant cinq ans (2021-26) pour l’y maintenir.

    « Il a l’âme d’un constructeur. Quand il est arrivé à Montpellier, on était quand même dernier du championnat et on a fini par être champion de France. Pour lui, c’était intéressant de rester. Pour le club, de le garder. Tout le monde était gagnant dans l’histoire. Le fonctionnement était plus rustique, mais c’était quand même des superbes années », témoigne l’ancien capitaine de Lattes Gaëlle Skrela.

    Samedi 7 mars (19h), pour le dernier match à domicile de la phase régulière de la Ligue féminine face à Landerneau, Valéry Demory (62 ans) sera au cœur de la fête. Celle du club de Lattes et ceux qui aiment le basket. Au terme de la saison, au verdict imminent, l’entraîneur emblématique va s’éloigner des salles. Et prendre la retraite au bout de deux vies à vivre du et pour le basket. Durant quarante-quatre ans, il a été d’abord un meneur de jeu, puis un entraîneur d’équipes féminines.

    Valéry Demory a basculé de l’une à l’autre sans temps mort. À 37 ans, l’ancien meneur s’est glissé dans le costume d’entraîneur sans vraiment changer de peau. Il s’est fait la main dans le Béarn, sa terre d’exil. Dans la petite ville de Mourenx (2000-07), plantée à égale distance entre Orthez et Pau.

    Puis, cet homme discret a posé ses valises entre Montpellier et la mer Méditerranée. Comme la greffe du basket masculin ne prenait sur les hauteurs de la Paillade, l’ancien président de l’Agglomération Georges Frêche, décédé en 2010, a misé sur l’équipe féminine de Lattes. Une équipe placée sous la tutelle du maire Cyril Meunier.

    Le technicien a mis les Gazelles au pas de course. Quand Lattes a posé au début du siècle ses fondations dans l’élite, le manager l’a installé dans le paysage sportif de Montpellier, en pleine ébullition, et celui du basket féminin. Comment ? En gagnant et le dotant d’un palmarès. Au cours d’une décennie (2007-17), Lattes a lutté avec Bourges, plus grand club français, et a ébranlé par intermittence sa mainmise.

    « Il connaît le basket

    sur le bout des doigts »

    « Quasiment tous les titres gagnés l’ont été quand il était là. Par son passé de joueur, il connaît le basket sur le bout des doigts. On a gagné des matchs par son sens de la stratégie. Parfois, je me disais pourquoi on fait ça et on gagnait », décrypte Gaëlle Skrela. Qui n’a pas oublié son management à part. « Valéry est quelqu’un de simple. Il nous laissait de la liberté dans la vie de tous les jours. Il avait des exigences et des objectifs, mais toujours en nous laissant une certaine forme de liberté dans le jeu et en dehors du terrain. Cela n’avait pas de prix pour moi. Il faisait vraiment confiance aux gens et pour tout. »

    Lattes s’est taillé alors une reconnaissance. Avec deux titres en 2014 et 2016. et cinq Coupe de France (2011, 13, 15, 16 et 21). Au côté de René Comes, président rigoureux, Demory a façonné des effectifs ambitieux et compétitifs.

    Visage impavide, parfois distant, la voix intérieure de Valéry Demory infuse avec le temps. Celle de ceux qui laissent une trace presque invisible dans l’instant, mais suscite presque un manque. « Joueuse, je devais l’énerver et il m’énervait. C’est normal quand vous êtes tous les jours avec les gens. Aujourd’hui, ce n’est plus mon coach, mais il fait partie des gens importants de ma vie. Si je n’ai pas changé de club, ni d’entraîneur, c’est qu’il y avait bien quelque chose qui faisait aussi que j’avais envie de rester avec lui et Guy Prat (ancien adjoint). Ils aiment gagner, ils aiment travailler. Aujourd’hui, ils me manquent », confie Gaëlle Skrela.

    En 2017, au bout d’une décennie très réussie jusqu’à créer un vent de jalousie, Valéry Demory, auréolé de son savoir-faire a pris la route de Lyon et Villeurbanne, où Tony Parker ébauchait son projet de grand club.

    Les deux hommes ont vécu pas mal de frictions jusqu’à la séparation. Parallèlement, Lattes a goûté aux prémices de l’après-Demory. Il est passé d’une stabilité sportive et financière à une période plus fragile. Il a ouvert comme une évidence la porte à son retour. Cette fois, son départ sera sans retour.

  • « Avec le Printemps marseillais, est née une volonté politique féministe »

    « Avec le Printemps marseillais, est née une volonté politique féministe »

    La Marseillaise : Défendre les droits des femmes relève d’une politique nationale. Qu’est-ce que cette délégation municipale a changé ?

    Nathalie Tessier : Les femmes représentent un peu plus d’un tiers de la population, il est normal que leur voix soit entendue, partout. Il a fallu une loi sur la parité pour qu’autant de femmes que d’hommes siègent au conseil municipal. Quand on ne l’impose pas cela ne se fait pas. Or, il y a des réponses concrètes à apporter aux problèmes que les femmes rencontrent sur le territoire, et une ville peut mettre en place une politique féministe. A commencer par rencontrer les associations, les écouter. Quand elles ont été reçues par le maire en 2020, c’était la première fois que la Ville de Marseille leur répondait. Il n’y avait aucune volonté politique de travailler autour de leur protection et de la lutte contre les violences faites aux femmes avant l’arrivée du Printemps Marseillais. Le budget consacré à ces associations est passé de 43 200 euros à 335 000 euros, c’est un sacré levier pour pouvoir travailler sérieusement à mettre des actions concrètes en place. L’amicale du nid pour l’hébergement, le relais parents enfants au Beaumettes, les luttes contre l’excision et le mariage forcé menée par Naky Savané, femmes solidaires… Tous ces projets féministes sauvent des vies, le soutien aux associations est un socle sur lequel doit s’appuyer une municipalité pour avancer dans tous les domaines, notamment à destination des plus précaires, des étrangères, qui sont les plus exposées aux coups, à la prostitution.

    Le dispositif Safer plages lancé en 2022 s’est rapidement étendu à l’ensemble du littoral marseillais. Le signe d’une nécessité d’agir dans l’espace public ?

    N.T. : C’est encore un dispositif de la ville porté par une association, Orane, en collaboration avec d’autres. des médiateurs ont été formés, des permanences installées, de la sensibilisation faite auprès des publics. Il y avait des agressions. Mais pas de réelle prise de conscience. Et les retours sont très positifs, les jeunes filles viennent directement au stand, parlent, dénoncent. La honte a changé de camp. Toute cette prévention est vitale pour l’avenir.

    Le violentomètre et l’observatoire des violences faites aux femmes donnent-ils une vision plus claire de la situation ?

    N.T. : Nous en avons déjà distribué 250 000. Il permet une discussion, c’est l’alpha et l’oméga pour s’apercevoir que les choses ne sont pas normales et mieux agir en conséquence. Il y a aussi le numéro 39.19 pour pouvoir joindre les associations et nous avons créé un annuaire marseillais des droits des femmes, qui réunit de la plus petite à la plus grande association, qui leur permet de se contacter pour se relayer, travailler ensemble. L’Observatoire est encore un des éléments que la ville a mis en œuvre, car il faut pouvoir quantifier, se poser la question à chaque fois de combien d’hommes, de femmes sont concernés par ces violences.

    Quels sillons souhaitez-vous encore creuser ?

    N.T. : J’ai plein d’idées encore, que seule une politique de gauche peut porter. Quelque chose me tient à cœur, c’est de créer, à l’image de la Cité audacieuse à Paris, une cité des femmes, un lieu où toutes les associations féministes seraient reçues, un espace de sororité, de rencontres qui leur permettrait de mieux travailler collectivement.

  • Trois jours de collecte pour les Restos du cœur

    Trois jours de collecte pour les Restos du cœur

    L’année dernière, dans l’Hérault, la récolte de dons annuelle organisée par les Restos du cœur avait permis de rassembler 150 tonnes de denrées alimentaires. Cette année, les 6, 7 et 8 mars, ils seront de nouveau environ 900 bénévoles par jour à participer à cette nouvelle édition, devant 84 supermarchés partenaires.

    « Nos bénévoles seront disponibles à l’entrée des supermarchés avec des caddies pour récupérer les dons, explique Anita Barone, présidente départementale des Restos du cœur de l’Hérault. La priorité est donnée aux denrées alimentaires. Ce dont nous avons le plus besoin, ce sont des conserves de légumes, de plats cuisinés ou de poissons, mais aussi de l’huile, du sucre, de la farine, des pâtes, du riz et du café. »

    La précarité explose

    « Ces récoltes annuelles sont absolument nécessaires, poursuit Anita Barone. Chaque année, de plus en plus de personnes se trouvent dans des situations précaires, que ce soit des familles monoparentales, des retraités, des travailleurs pauvres ou simplement des personnes qui n’ont plus les moyens de manger après avoir payé leur loyer. »

    L’année dernière les Restos du cœur ont distribué 161 millions de repas en France, et 3,5 millions dans l’Hérault. Cette année, ce ne sont pas moins de 4 millions de repas qui vont être distribués dans le département. « Le contexte économique et politique ne cesse de précariser de plus en plus de monde, notamment depuis le Covid, conclut Anita. Parmi les personnes accueillies dans l’Hérault, qui est l’un des départements les plus pauvres de France, il y a une grande part d’étudiants et 25% de familles monoparentales. »

    Inscriptions et renseignements : www.collecte.restosducoeur.org

  • Troisième Festival féministe des Ami.es du Prolé à Nîmes

    Troisième Festival féministe des Ami.es du Prolé à Nîmes

    Les Ami.es du Prolé organisent le festival féministe à Nîmes dans plusieurs lieux de la ville : le bar du Prolé, le Spot, le Sémaphore, le lycée Daudet et dans la rue. Du vendredi 6 au 28 mars, sous le titre « Battement d’elles », le festival, dont La Marseillaise est partenaire, propose des spectacles, des conférences, des expositions, des tables rondes, projection de film et bal.

    Du 6 au 28 mars au Prolé

    Exposition collective avec : Mademoiselle a les nerfs (collages), Paillettes et Mimosa (gravures, masques). Patricia Hamel (photos « tu en touches une, on répond toutes, Nîmes, octobre 2025 »), Sylvie Vanston (photos, « femmes au travail dans le monde »). Entrée libre. 80, rue Jean-Reboul, Nîmes.

    Vendredi 6 mars au Prolé

    17h30, Julie Émile Fabre présente son livre Le procès, des violences intrafamiliales à l’affaire Pelicot. Stand de la librairie L’eau Vive. 19h, vernissage de l’exposition collective avec la chorale « Les Simones » et la « Chorale des luttes ». Restauration assurée par le Secours Populaire. 20h30, Soirée DJset (de table) avec DJ La Frange « Out of the kitchen ». Performance et dance floor.

    Samedi 7 mars au Spot

    18h, spectacle « Elles improvisent », avec huit improvisatrices. Au 8 Rue de l’Enclos Rey, Nîmes. 04.66.36.85.64. Réservations sur helloasso.com et le site du Spot. Tarif 8 euros. Recette au profit de Via Femina Fama.

    Jeudi 12 mars lycée Daudet

    18h30, spectacle Silex. Conférence acrobatique sur la sexualité par la compagnie Sid. Dès 14 ans, Silex est une alternative démystifiante de croyances sexuelles et amoureuses. Réservation obligatoire sur helloasso. Entrée gratuite pour les adhérents 2026 des Ami.es du Prolé et les élèves du lycée Daudet. Autres : 5 euros.

    Samedi 14 mars au Prolé

    18h, contes au féminin par Teddie Allin et Claire Chevalier. Public : famille et à partir de 7 ans. 16h, goûter avec crêpes. Entrée libre. 80, rue Jean-Reboul, Nîmes.

    Mardi 17 mars

    18h15, projection du film Jane Austin a gâché ma vie de Laura Piani. En partenariat avec Les écrans britanniques et irlandais. 25 Rue Porte de France, Nîmes. 04.66.67.83.11.

    Samedi 21 mars au Prolé

    14h30, rencontre avec Violaine de Fillipis-Abate, autrice de La résistance écarlate : les femmes face au nouveau backlash ». 80, rue Reboul, Nîmes. Entrée libre.