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  • Roger Didier reconduit à la tête de Gap d’une courte tête

    Roger Didier reconduit à la tête de Gap d’une courte tête

    « Il n’y aura pas rupture, pas de temps perdu, nous allons tout de suite nous remettre au travail. » Entouré de son équipe et de ses soutiens, le maire sortant de Gap, Roger Didier (divers droite) peut savourer, il est réélu à Gap pour la quatrième fois de suite. Savourer, et souffler également, car le scrutin aura bel et bien été aussi serré qu’annoncé. Le maire sortant l’emporte avec une centaine de voix d’avance sur l’alliance de gauche emmenée par Élie Cordier, d’après les estimations en début de soirée.

    Il y avait des motifs de croire à un retournement de situation malgré l’avance nette de Roger Didier au premier tour (40,58%). En effet, Elie Cordier (union de la gauche), arrivé deuxième avec 26,91% des votes avait fusionné dès lundi avec la liste de Charlotte Kuentz (gauche citoyenne) qui avait elle récolté 18,68% des voix. Mathématiquement, la gauche pouvait l’emporter. Mais il semble qu’une mobilisation plus prononcée des soutiens du maire sortant et une réorientation d’une partie des votes du candidat RN Raphaël Leroux, qui avait réalisé 10,94% des voix au premier tour et en récolterait environ cinq au second d’après les estimations, aient joué en sa faveur.

    Des scores plus faibles qu’en 2008 et 2014

    « Je tiens à remercier les plus de huit mille électeurs qui nous ont accordé leur confiance », a entamé Roger Didier avant d’avancer son bilan comme clé de sa réussite. « Nous avons su faire entendre notre voix, grâce au travail que nous avons accompli, à notre très, très bon bilan pour la ville. La ville de Gap a connu des progrès sur plusieurs aspects, un progrès démographique, un progrès de qualité de vie, la ville a été modifiée, embellie, elle est dynamique. » Cette action pour la ville, l’édile entend bien la poursuivre et au plus vite. « Nous sommes déjà en place pour commencer, dès demain, à réaliser les 100 propositions que nous avons présentées pendant la campagne », a-t-il annoncé.

    Plus contesté qu’au cours des deux précédents scrutins, avec un score au premier tour plus faible qu’en 2008 et 2014, Roger Didier a cependant, une nouvelle fois, su convaincre les Gapençais de lui accorder leur confiance. Lancé tard dans la campagne, voulant vivre son mandat de maire jusqu’au bout, le sortant, désormais réélu, se disait confiant dans son bilan pour la ville, qu’il estime partagé et reconnu de ses concitoyens. Dans les rangs la liste Agir ensemble pour Gap, fusion d’Union pour Gap et d’Ambition pour Gap, il y avait évidemment de la déception tant la victoire paraissait possible, et tant le sort du scrutin se sera joué à peu de voix.

    « Une union d’opposition intransigeante »

    Mais il y avait aussi le sentiment d’avoir construit quelque chose pour l’avenir. « C’était presque inespéré d’en arriver là même si l’on aurait aimé gagner, a réagi la tête de Liste Elie Cordier. Nous sommes partis de rien et nous sommes arrivés à cent voix de Roger Didier, nous avons réussi à créer une dynamique hors-norme, qui va se poursuivre. » Pour la nouvelle tête de liste, qui a tenu à remercier les électeurs qui ont fait confiance à sa candidature, « une nouvelle campagne démarre ». Il s’engage déjà à ce que « l’ union de citoyens humaine et cohérente », construite autour de sa candidature, devienne « une union d’opposition, intransigeante et constructive au conseil municipal ».

    Du pain sur la planche pour la liste d’union des partis de gauche d’Elie Cordier (PS, PCF, Écologistes) et le mouvement citoyen de Charlotte Kuentz.

  • Lila Desjardins devient la première femme élue maire de Peyruis

    Lila Desjardins devient la première femme élue maire de Peyruis

    « Dès le début du mois d’avril, nous allons déposer le dossier pour faire un café brasserie. » Dimanche soir, à peine élue, Lila Desjardins se disait déjà prête à commencer à mettre en place les engagements qu’elle a pris durant sa campagne. « On va faire en sorte de répondre aux attentes des Peyruisiens. Il y a beaucoup d’attentes, donc beaucoup de travail », a-t-elle expliqué, fière d’être la première femme élue maire de Peyruis.

    « On a fait un travail sérieux, en profondeur, qui a porté ses fruits. On s’est attachés à répondre aux besoins », a lancé la conseillère départementale en binôme avec René Villard. Elle s’est particulièrement réjouie d’avoir passé la barre des 50%, ce qui lui évite de perdre un siège. « Cela me crevait le cœur de perdre quelqu’un de mon équipe », alors qu’elle avait eu 48% des voix au premier tour.

    « Du renouveau et de l’action »

    Lila Desjardins est arrivée loin devant la candidate RN-UDR Aurélie Abeille (19%) et le maire sortant DVG Patrick Vivos (29%). « Les Peyruisiens ont fait le choix du renouveau et de l’action », a conclu la gagnante. Le conseil municipal d’installation devrait avoir lieu samedi, ont indiqué le maire sortant et Lila Desjardins. « Cela a été dur. On a subi des attaques. On a décidé de ne pas répondre et de continuer comme on avait fait pendant toute la campagne pour présenter notre travail aux Peyruisiens », a expliqué la nouvelle élue.

  • Julien Di Benedetto l’emporte à Digne-les-Bains

    Julien Di Benedetto l’emporte à Digne-les-Bains

    Le candidat sans étiquette Julien Di Benedetto est arrivé largement en tête (60,88%) devant son seul et unique adversaire restant pour le second tour, Gilles Chalvet (39,12%), étiqueté divers centre par la préfecture, mais proche de la droite. Les deux autres candidats qualifiés pour le second tour s’étaient désistés, Jean-Luc Brochier (DVD) pour « faire barrage à la gauche » dont Julien Di Benedetto est pourtant éloigné, et Francis Kuhn face à la « trahison » de la maire sortante, Patricia Granet-Brunello, dont il était le premier adjoint. Cette dernière avait contre toute attente soutenu Julien Di Benedetto au lieu de Francis Kuhn à l’issue du premier tour.

    La victoire n’était pas certaine pour le candidat avec ces désistements et des voix qui auraient pu se reporter vers son adversaire, Gilles Chalvet. Mais de nombreux électeurs se sont reportés vers lui face à l’absence de la gauche dans ce scrutin, dans une ville pourtant historiquement à gauche. Beaucoup se sont cependant inquiétés, lors de l’entre-deux-tours, de voir le candidat évoquer des figures de la droite locale lors de son meeting.

    Soutiens de la droite locale

    Julien Di Benedetto s’est défendu, dimanche soir depuis sa permanence, d’avoir évoqué ces personnalités de droite, comme David Gehant (maire DVD de Forcalquier) et Camille Galtier (maire DVD de Manosque), pour séduire des électeurs de droite et se détacher de l’image proche de la gauche qu’on lui donne. Il dit avoir évoqué David Gehant en tant que vice-président de la Région, car « nous avons un projet de rétablissement des liens avec la Région. Nous avons besoin de ces liens », a-t-il expliqué. Il s’est encore félicité, dimanche soir, d’avoir le soutien de David Gehant et de Renaud Muselier (Renaissance).

    Des éclats de joie, des cris et des klaxons se sont fait entendre dans le centre-ville à l’annonce des résultats. « Il a gagné ! », hurlaient certains habitants. « Notre élection était regardée et attendue, on a des messages de félicitations de tout le département et d’ailleurs », a affirmé le nouvel élu de retour dans sa permanence après les résultats, s’adressant à ses soutiens venus en nombre. « Un tel résultat était quasi inespéré. »

    « C’était une semaine surprenante, c’est le moins qu’on puisse dire », a encore déclaré Julien Di Benedetto, évoquant les désistements de ses adversaires. « Je suis désolé, les mecs de droite nous félicitent », a lancé l’un des colistiers, alors que l’équipe de Julien Di Benedetto rassemble colistiers de gauche et de droite.

    Conseil d’installation samedi à 9h.

  • Carpentras emportée par la vague brune devant une gauche divisée

    Carpentras emportée par la vague brune devant une gauche divisée

    La division de la gauche à Carpentras aura donc conduit à ce que la mairie tombe, pour la première fois de son histoire, entre les mains de l’extrême droite. C’est le candidat du Rassemblement National, Hervé de Lépinau, qui l’emporte avec une majorité absolue, avec 50,78% des suffrages exprimés, et obtient 30 sièges au conseil municipal. Francis Adolphe (DVG), maire de 2008 à 2018, contraint de quitter ses fonctions après une condamnation pour violences conjugales, arrive deuxième avec 24,70% et obtient 5 sièges. Le maire sortant, Serge Andrieu (DVG), recueille quant à lui 24,52% et 4 sièges. L’abstention reste élevée : 40,68%.

    À 20 heures, dans les couloirs de l’Hôtel de ville de la capitale du Comtat Venaissin, l’annonce des résultats par Serge Andrieu a commencé avec un souffle d’abattement devant une centaine de personnes acquises à la cause du candidat du parti à la flamme. Après quelques railleries venues du camp d’extrême droite du député de la 3e circonscription de Vaucluse, et avoir serré la main du nouveau premier édile, Serge Andrieu file sans dire un mot.

    Il s’exprimera finalement par communiqué quelques minutes plus tard. « Le résultat de ce soir est une terrible nouvelle pour Carpentras. L’extrême droite remporte notre ville. Elle va en faire son laboratoire, y développer des politiques xénophobes, inégalitaires et profondément injustes. Ce résultat, ce sont les plus faibles, les plus précaires, qui en paieront le prix pendant les prochaines années », pose-t-il. Avant de s’attaquer à celui avec qui une fusion n’a pu s’effectuer : « La responsabilité de Francis Adolphe dans la période sombre qui s’ouvre est immense. Sa haine à mon égard, son orgueil, sa soif de revanche ont condamné notre ville au pire », assure-t-il, avant d’ajouter que « pour contrer l’extrême droite, nous avons besoin de clarté, de conviction et de constance. Tout ce dont Francis Adolphe est dépourvu. L’égo de Francis Adolphe, condamné par la justice pour violences conjugales, était démesuré. C’était profondément contraire à mon honneur de marchander la démocratie ». Il conclut qu’il ne se dérobera pas à ses responsabilités et que « l’heure est donc désormais celle d’une nouvelle génération, qui doit organiser l’opposition à l’extrême droite dans notre ville ».

    « Pff, c’est tout »

    L’ambiance était tout autre au sein du QG de campagne du troisième protagoniste qui, malgré sa défaite, a fini second en devançant Serge Andrieu de seulement 22 voix. « Ça va, on est devant Andrieu », glisse un de ses soutiens. « On est devant Andrieu, j’emmerde le reste », lance une autre. « On n’a rien pu faire. Je ne vais pas verser de larme car je suis toujours dans le coup d’après », lâche, la voix cassée, Francis Adolphe devant une tablée remplie de boissons et de chips. Et comme seule réaction à l’élection de Hervé de Lépinau, un « Pff, c’est tout ». Ses yeux sont désormais tournés vers la Communauté d’Agglomération Ventoux Comtat Venaissin : « J’apporterai ma voix au candidat qui sera le plus proche de nos valeurs, c’est-à-dire qui ne sera pas dans l’extrême droite. Et le combat sera là. » Un combat après l’autre. Mais la division mène à la chute.

    Le vainqueur du soir était lui-même présent en mairie, avec à ses côtés les deux candidats d’extrême droite qu’il avait devancés au premier tour et qui l’ont rejoint ou soutenu au second. À savoir Bertrand de la Chesnais, ancien directeur de campagne d’Éric Zemmour, et Christian Richaud-Simoni, qui était initialement investi par le parti à la flamme, puis désinvesti suite à la découverte de tweets racistes dont quatre colistiers ont rejoint Hervé de Lépinau. Les trois se sont affichés main dans la main. Hervé de Lépinau se réjouit d’une alliance « pas si évidente » et assure qu’il va « redonner du dynamisme » à la ville, sans accabler le bilan du maire sortant. Interrogé sur les inquiétudes des associations concernant d’éventuelles baisses de subventions, il affirme vouloir s’appuyer sur la loi NOTRe de 2015, qui redéfinit les compétences entre collectivités, et précise qu’il attendra des résultats pour chaque contrat passé. Une annonce qui n’augure rien de rassurant pour les structures associatives.

  • À Avignon, Olivier Galzi déloge la gauche de l’hôtel de ville

    À Avignon, Olivier Galzi déloge la gauche de l’hôtel de ville

    « Sunday bloody sunday. » Il est un peu plus de 19h, ce dimanche soir et la sono du pub du centre-ville où la gauche a installé son QG d’un soir recrache le fameux tube de U2. Un titre annonciateur au vu de la tête des quelques militants et responsables de campagne dont les visages fermés tranchent avec ceux entraperçus quelques minutes plus tôt à quelques mètres de là chez Olivier Galzi (DVD). Les premières centaines de bulletins favorables à la droite seront confirmées par l’issue finale : Olivier Galzi remporte la mairie avec 40,62% des voix, une progression de 13 points en une semaine. Il devance la liste de David Fournier (PS, 38,01%) qui avait fusionné lundi dernier avec celle de Mathilde Louvain (LFI). Une alliance qui a fonctionné puisque la gauche en cumulé gagne 400 voix. L’ex-journaliste TV semble avoir profité du net recul de la candidate RN, Anne-Sophie Rigault. Elle passe de 25,52% à 21,37% (-800 voix) malgré une participation en hausse de 4%. Anne-Sophie Rigault perd plus de 10 points par rapport à son score de 2020, passant de 8 à 5 élus au prochain conseil municipal.

    Lors de l’installation du conseil municipal prévu en fin de semaine, Olivier Galzi devrait donc succéder à Cécile Helle, maire (PS), qui ne se représentait pas après deux mandats. Nouveau venu sur la scène politique, entré en campagne en septembre avec la volonté de dépasser les partis, Olivier Galzi aura réussi son pari : « Ce vote est l’expression d’une volonté de changement, du refus des alliances politiciennes et partisanes, placer une liste sans étiquette, sans partis structurés derrière, c’est arrivé nulle part dans la grande histoire politique d’Avignon, un nouveau chapitre s’ouvre », réagit Olivier Galzi, sous les vivats de son QG. Interrogé sur la virulente dernière semaine de campagne, où il a qualifié la fusion PS-LFI « d’alliance de la honte », le futur maire estime qu’il « n’y a pas de fracture à Avignon, nous avons de très bons résultats dans tous les quartiers ». Se sent-il redevable envers l’électorat d’extrême droite ? « Je ne connais pas le pedigree des électeurs qui ont voté pour moi », minore Olivier Galzi promettant d’être « le maire de tous les Avignonnais, même ceux qui n’ont pas voté pour moi ».

    À gauche, les visages sont fermés. Au pub de la place Pie, certains candidats peinent à masquer leurs larmes. D’autres évacuent la défaite en chantant. « C’est un hold-up », fulmine Rémy Blanc (PCF) qui siégera dans l’opposition. Trop tôt encore pour se livrer à une introspection et savoir « pourquoi les quartiers populaires ne se sont pas assez mobilisés, j’espère qu’ils ne seront pas maltraités ». « Sa stratégie de com’ a fonctionné », déplorait-on dans l’équipe de campagne de Mathilde Louvain au sujet d’Olivier Galzi, où chez ce dernier, on se félicitait d’avoir donné le tempo de cet entre-deux tours en cornerisant totalement Anne-Sophie Rigault.

    La gauche sonnée mais prête au combat

    Après une pensée pour « les habitants qui ont perdu, car le projet de M. Galzi va les mettre en difficulté », Mathilde Louvain pointe la campagne très droitière du vainqueur. « Il a dragué l’électorat du centre gauche puis du centre droit avant d’appeler les électeurs RN à voter pour lui, il se révèle être le candidat de la droite extrême », analyse l’insoumise, assurant qu’elle sera « au combat pour porter nos valeurs dans l’opposition ». De son côté, David Fournier est resté dans son local de campagne, pas le cœur à une grande réunion à gauche, mais digne dans la défaite. « Je n’ai pas le droit de flancher pour eux », souffle-t-il en écho aux colistiers et militants. Lui aussi, note « un siphonnage des voix du RN par Olivier Galzi ». « Par rapport à nos 11 000 électeurs, nous avons le devoir de poursuivre notre action et nous serons très attentifs aux urgences sociales et environnementales face au démantèlement programmé des services publics ainsi que dans la lutte contre le clientélisme », prévient l’adjoint au maire sortant.

    Même s’il ne met pas sa défaite sur ce compte-là, David Fournier dénonce « une campagne sale et détestable, où on m’a traité d’antisémite, d’avoir du sang sur les mains, je ne tolérerai aucune illégalité ». Des plaintes pour diffamation devraient être déposées par Mathilde Louvain et David Fournier contre Olivier Galzi. La possibilité d’un recours était aussi envisagée pour infraction au code électoral. Dans la nuit de vendredi à samedi, des panneaux de campagne ont été recouverts avec des affiches « l’extrême gauche tue, PS-LFI complices » et la permanence du député Raphaël Arnault (LFI) a aussi été vandalisée.

  • Le RN et Dorian Munoz prennent La Seyne-sur-Mer

    Le RN et Dorian Munoz prennent La Seyne-sur-Mer

    Il n’y a pas eu de miracle. La quadrangulaire seynoise du second tour, aucun des candidats qualifiés ne consentant à se retirer, ou à conclure des accords de fusion, fussent-ils techniques, semblait quasiment acter la victoire du RN et de Dorian Munoz. Le conseiller municipal d’opposition depuis 2020, en tête au premier tour (35,3%), devançait largement le maire sortant Joseph Minniti (LR, 15,91%), Cheikh Mansour (HOR, 13,25%), et la tête de liste d’union de gauche Stéphane Sacco (11,93%). Et il est même parvenu à largement asseoir son avance, avec 46,31%, devant le maire sortant (24,39%), Stéphane Sacco (19,02%) et Cheikh Mansour (10,28%).

    Un dénouement presque inéluctable, après un mandat marqué par les débâcles politiques. la condamnation à 5 ans d’inéligibilité de la maire Nathalie Bicais en mai dernier, qui a fait exploser une majorité disparate et déjà sous tension, à travers une guerre de succession qui a vu les allégeances et alliances se faire et se défaire au gré des aléas. Joseph Minniti, sorti vainqueur de celle-ci, avouait même que cette « coalition, saluée de tous en 2020 », avait viré à « la catastrophe ». Pourtant de son côté lors de son élection, Cheikh Mansour avait décidé de faire cavalier seul, considérant que le maire par intérim et ses 83 ans ne représentaient pas l’avenir, d’autant que ce dernier avait annoncé qu’il n’irait pas plus loin que ce remplacement de quelques mois. Ce bilan n’a pu être compensé au second tour, malgré une baisse de l’abstention, seul espoir de l’entre-deux-tours, qui s’est avérée insuffisante.

    Minniti : « Mansour a trahi la ville »

    C’est donc le RN et Munoz qui en profitent, offrant pour la première fois la deuxième ville du Var à l’extrême droite. Les deux candidats de droite se renvoyaient encore la balle, le maire sortant regrettant que les deux candidats arrivés derrière lui ne se soient pas retirés, reprochant même à Mansour d’avoir « trahi la ville ». Ce dernier disait ne pas regretter sa candidature et continuait d’affirmer que la seule option pour l’emporter était l’union. Stéphane Sacco, qui avait justifié son maintien par l’impossibilité que « les voix de gauche ne soient pas audibles pendant 7 ans », pointait ainsi « la faillite de la liste Bicais qui a exacerbé le vote RN » et réfutait la responsabilité de la gauche dans la débâcle. « Les Seynois ont préféré le RN, à nous de porter l’espoir. Nous avons un socle sérieux, avec un électeur sur cinq ayant voté pour nous, alors qu’on ne partait de rien », voulait-il croire à l’aube de son premier mandat dans l’opposition.

  • La digue a encore tenu bon ! Josée Massi réélue maire de Toulon

    La digue a encore tenu bon ! Josée Massi réélue maire de Toulon

    Même si le pire n’est jamais certain, jamais la balle n’a sifflé aussi fort à nos oreilles. Suffisamment pour faire trembler même les plus optimistes. Mais c’était sans compter sur le sursaut démocratique des Toulonnais qui, comme pour les dernières législatives, lorsqu’ils avaient sauvé l’honneur du département tout entier, se sont à nouveau levés pour refuser le retour de l’extrême droite aux manettes de la ville. Certains se souvenant peut-être du désastre de 1995, à la fois économique et politique dans lequel la ville s’était effondrée après la lamentable défaite électorale.

    Une fois encore la mobilisation les électeurs de gauche, même un peu fâchés par les résultats du premier tour et les appels du pied ignorés, a fait le job avec des valeurs chevillées au corps qui les empêchent toujours de se laver les mains d’un scrutin dans lequel la menace de la haine et de la division plane au-dessus des têtes. Pour le dire autrement, à Toulon, le front républicain a de nouveau très bien fonctionné.

    Mais cette victoire on la doit aussi et surtout à la personnalité, au courage et à la force tranquille qu’a incarné la maire sortante sans étiquette Josée Massi qui a dû enjamber bien des embûches et ignorer l’adversité de ses amis d’hier pour se présenter et conduire une campagne sans faute, avec une liste en grande partie renouvelée. Se refusant à salir les autres et en misant sur le rassemblement de toutes les forces vives du Port du Levant pour relever le défi que beaucoup d’observateurs disaient perdu d’avance. Elle fait ainsi la démonstration qu’aucun combat n’est jamais perdu d’avance sauf à refuser de le mener.

    Le front républicain a encore très bien fonctionné

    Arrivée en seconde position à l’issue du premier tour avec plus de 12 points de moins que la candidate du Rassemblement national Laure Lavalette, Josée Massi est parvenue tout au long de la semaine à patiemment réduire l’écart et à incarner au-delà de ses partisans un véritable espoir. Beaucoup passant du désir de faire barrage à un vote de conviction, voyant dans le personnage son honnêteté et sa fibre sociale, exprimée dans sa politique municipale pendant les trois ans écoulés, avec l’écoute de son opposition de gauche – même si le refus d’une fusion technique a fait sortir cette dernière de scène. Bref, un maire capable de continuer à faire avancer la ville sans oublier les plus fragiles. C’est la raison pour laquelle beaucoup chez les progressistes sont allés voter pour elle sans avoir à se boucher le nez, comme c’est par le passé maintes fois arrivé pour simplement barrer la route du parti à la flamme.

    Toulon n’est pas tombée. Tous ceux qui ont participé à la bagarre peuvent être fiers d’être arrivés encore une fois à empêcher l’extrême droite de s’emparer de la ville.

    Vers les 21h50, la maire réélue de Toulon Josée Massi a pris la parole dans la salle du conseil municipal pour remercier les électeurs de toutes les sensibilités qu’elle est arrivée à convaincre et qui lui ont apporté leurs voix pour ce deuxième tour.

    Et de poursuivre : « Je veux m’adresser à tous les citoyens, y compris ceux qui n’ont pas fait le choix de voter pour moi. À partir de maintenant, je suis la maire de tous les Toulonnaises et les Toulonnais. Je gouvernerai pour tous avec la même disponibilité et la même exigence. Ma seule boussole, vous le savez, c’est l’intérêt général et les préoccupations des habitants. »

    Josée Massi a rappelé ensuite que « notre ville est forte, qu’elle a du caractère ». Tout comme elle, comme les derniers mois viennent de le prouver. Et de conclure : « Comptez sur moi pour qu’elle ait un avenir prospère et pour que chacun continue de s’y sentir bien. Votre confiance nous honore et nous donne une responsabilité claire. »

    Jointe par téléphone, la candidate de la gauche unie Magali Brunel a déclaré : « Nous sommes ce soir soulagés que le RN ait échoué aux portes de ce second tour ! La gauche et notre liste Toulon en commun y ont fortement contribué avec un comportement exemplaire. Nous félicitons Madame Massi. À Toulon s’ouvre une nouvelle ère et nous y jouerons tout notre rôle. » Après cette victoire, le combat continue.

  • Avec Jean-Pierre Squillari, Aubagne fait son retour à gauche

    Avec Jean-Pierre Squillari, Aubagne fait son retour à gauche

    Applaudis par ses soutiens, colistiers et militants, et félicité à coups de « siamo tutti antifascisti », Jean-Pierre Squillari a prononcé son premier discours de victoire dans son local de campagne, au cercle de l’harmonie. Retour à gauche pour la ville traditionnellement communiste, passée à droite en 2014, avec l’élection de Gérard Gazay, réélu en 2020. Ce dimanche, le vote a désigné la liste Aubagne en commun pour la mairie : Jean-Pierre Squillari (Union de la gauche hors LFI), est arrivé premier de ce second tour, avec 36,28% des suffrages exprimés. Un bond pour le candidat, arrivé troisième au premier tour, avec 23,35% des voix, derrière la candidate RN Joëlle Mélin, arrivée à 24,9% et le maire sortant (LR) Gérard Gazay, à 24,8%. Jean Pierre Squillari avait fusionné sa liste avec celle de Giovanni Schipani (DVC), qui avait obtenu 16% des voix au premier tour.

    La liste fusionnée a pris la tête du second tour, avec près de trois points de plus que la candidate RN, arrivée à 33,71% des suffrages exprimés, et loin devant Gérard Gazay, dont la liste a récolté 30,01% des voix. Un pari « anti-RN et anti-Gazay » réussi pour le candidat de gauche, qui connaît une augmentation de 13 points entre les deux tours. Le résultat d’une fusion avec le centre, d’un possible report de voix des votants LFI, dont la candidate avait obtenu 4% des suffrages la semaine passée, mais aussi d’une désolidarisation de quatre colistiers du candidat Mohammed Salem (DVD), dont la fusion avec la liste de Gérard Gazay avait mené certains de ses soutiens à appeler au vote pour Jean-Pierre Squillari. Pour ce second tour, la participation a aussi pu faire pencher la balance : la forte abstention du premier tour, à 45,05%, a été réduite de quatre points, passant à 41,32% ce dimanche.

    Un barrage au RN réussi

    « Souvenez-vous de cette soirée, l’une des pages les plus sombres d’Aubagne va se fermer », a introduit Jean-Pierre Squillari, s’adressant à la salle comble venu le célébrer. Pour ce dernier, la première victoire, c’est « la réussite d’avoir mis dehors Gérard Gazay et Joëlle Mélin, grâce à la fusion et grâce au travail de tous les militants, depuis trois ans ». Sentiment partagé par Nicolas, un Aubagnais venu soutenir le candidat : « C’est un possible renouveau pour Aubagne qui s’ouvre à nous, et puis il y a un vrai soulagement par rapport à la menace RN, qui faisait peur ». Jean-Pierre Squillari ajoute qu’avec « ce basculement de la gauche à la droite, nous repoussons la menace du raz-de-marée du Rassemblement National ».

    Le futur maire promet un changement rapide pour la ville, avec comme première mesure « un moratoire instantané sur le béton ». Dans son discours, comme dans son programme, il annonce engager, dès son investiture, « la protection des terres agricoles, une nouvelle piscine, une revitalisation du centre-ville ». Pour les agents du service public, dont plusieurs étaient émus par la victoire de la gauche, Jean-Pierre Squillari adresse un message spécial : « Nous vous avons dit de tenir bon, nous sommes là maintenant, nous sommes là pour vous ». Il entend redonner des moyens à un service public « délaissé depuis 12 ans ». En bref, son ambition est claire, « nous allons pouvoir travailler, ensemble, à redonner de la vie à Aubagne », promet-il en annonçant d’ores et déjà un événement : « Désormais, nous allons festoyer, avec une grande braderie en mai pour commencer. Le meilleur reste à venir ! ».

    Outre Aubagne, la victoire de Jean-Pierre Squillari se lit aussi à plus grande échelle. En dépassant Gérard Gazay, c’est aussi face au maire sortant et vice-président de la métropole Aix-Marseille qu’il emporte le second tour. Le désormais ex-maire de la ville a par ailleurs communiqué son regret, face à ce qu’il nomme « le retour de la gauche extrême à la tête de la ville ». Une gauche qui aura réussi à empêcher la véritablement extrême droite de l’emporter. Joëlle Mélin, arrivée en tête du premier tour puis devancée de trois points, avait pourtant été élue députée de la neuvième circonscription des Bouches-du-Rhône, en 2024. En bref, une victoire qui n’a pas manqué de réjouir la foule, dimanche soir, et partagé la « victoire commune » de Jean-Pierre Squillari.

  • À Gardanne, le maire sortant Hervé Granier reconduit

    À Gardanne, le maire sortant Hervé Granier reconduit

    À Gardanne, l’abstention, déjà élevée avec 43,76 % lors du premier tour, a encore progressé d’une soixantaine de voix pour atteindre 43,84% lors de ce deuxième round. Une grande déception pour l’équipe de la liste conduite par Jean-Marc La Piana (DVG), qui n’avait pourtant pas ménagé ses efforts pour convaincre cette réserve d’électeurs d’opérer un rebasculement de la commune à gauche, après avoir réussi une union qui avait fait défaut en 2020.

    Lors du premier tour, Hervé Granier avait été crédité de 43,56% devant Jean-Marc La Piana, à 36,48%. On note une forte érosion des votes en faveur du candidat du RN par rapport au premier tour, où il avait réalisé un score de 19,96%. « C’est cet écart de points qui a très probablement bénéficié à la liste du maire sortant », estimait un électeur dans la salle du foyer du peuple, où se déroulait le dépouillement.

    Le maire fraîchement réélu a misé sur une campagne retraçant son bilan, pourtant émaillé de dossiers toujours en instance devant les tribunaux. « Nous avons voulu, durant cette campagne, présenter le bilan précis et détaillé de ce mandat lors duquel 80% des engagements ont été mis en œuvre. Les électeurs ont reconnu ce bilan », s’est-il à nouveau félicité en regagnant l’hôtel de ville, où il offrait une collation à ses soutiens après avoir annoncé les résultats du scrutin. Les Gardannais ont en effet décidé de lui faire confiance pour un second mandat, « pour faire de Gardanne et Biver une ville plus belle. Le temps est venu de tenir ces nouveaux engagements », a-t-il ajouté, « en étant plus près de vous ».

    27 sièges pour la majorité

    Un bilan dont ses adversaires avaient pourtant souligné les faiblesses. « Nous avons dénoncé des erreurs de gestion avec des chiffres à l’appui et nous continuerons de le faire chaque fois que les choses ne vont pas dans le bon sens, a rappelé Jean-Marc La Piana. Nous avons fait non pas une campagne politique, mais une campagne citoyenne, en proposant une nouvelle stratégie de travail pour construire un programme qui corresponde aux attentes de la population. Nous avons des gens qui ont de belles compétences qui siégeront pour éviter que la ville dérive. »

    En récoltant plus de 50% des suffrages, Hervé Granier obtient ainsi une majorité à 27 sièges, soit trois de plus que lors de son premier mandat. Cumulées, les deux listes de gauche, lors des municipales de 2020, avaient gagné 10 sièges au conseil municipal. La gauche en conserve cette fois 6. Quant au RN Bruno Priouret, il avait obtenu 1 siège en 2020 et gagne un deuxième élu en mairie.

  • À Aix, Sophie Joissains réélue maire sans suspense

    À Aix, Sophie Joissains réélue maire sans suspense

    À peine la moitié des bulletins dépouillés, la réélection de Sophie Joissains (UDI) se dessinait déjà dans cette quadrangulaire du second tour. « Une quadrangulaire à 47% [nombre de voix récoltées par Sophie Joissains au premier tour, Ndlr], sur Aix-en-Provence, ça ne s’est jamais vu ! » estimait l’un de ses colistiers. À 20h10, alors que 36 des 101 bureaux étaient dépouillés, la maire sortante restait en tête avec 46,38% des suffrages exprimés, soit 20 930 voix. Un résultat, qui s’est maintenu jusqu’à ce que sa victoire soit officielle : Sophie Joissains, a été réélue ce dimanche soir au second tour avec 47,35% des voix. Scène de liesse, dans la salle des États de Provence, à l’issue des résultats, avant que la maire ne se dirige, entourée de ses colistiers, vers sa permanence de campagne du cours Mirabeau. « À charge pour nous d’être à la hauteur, et nous le serons ! » a lancé, face à la foule agglutinée dans la salle des États de Provence, la maire sortante, tout en ayant une « pensée » pour Maryse, sa mère et prédécesseur. Autour de la maire, pour célébrer cette victoire, de nombreux maires divers droite et du centre du Pays d’Aix, mais aussi Renaud Muselier, président (Renaissance) de la Région, venu partager ce moment.

    Élue pour la première fois

    « J’avais quand même une confiance au fond de moi, rapporte Sophie Joissains. Ça n’a pas été une campagne de promenade, mais ça a été une belle campagne, avec une équipe solide. » Second dans la course, Marc Pena, à la tête d’une union de la gauche, clôt cette campagne avec 31,01% au second tour. Soit 17 points d’écart avec Sophie Joissains. Le candidat, qui a appris les résultats depuis sa permanence de campagne, rue Granet s’est attelé lors de l’entre-deux-tours à faire campagne pour récupérer les voix des abstentionnistes, qui, au premier tour, étaient évalués à 51%. « Il y a un sentiment de devoir accompli, estime Marc Pena. On prend acte, nous avons proposé notre projet aux Aixois, nous allons désormais l’approfondir (…) on le sait, faire 31% des voix dans le contexte actuel, personne ne nous dira que nous avons fait un mauvais résultat. » Le candidat à gauche estime que le taux d’abstention pour ce second tour est aussi responsable du score et des résultats… Le candidat évoque aussi une certaine « résignation » des électeurs. À l’instar du second tour de 2020, qui opposait Anne-Laurence Petel (Renaissance) à Maryse Joissains, la gauche s’est maintenue en seconde position et comme challenger principal de la maire sortante tout au long de l’entre-deux-tours. Pour rappel, dans ce scrutin 2026, Sophie Joissains se présentait pour la première fois en son nom, ayant succédé à Maryse Joissains en 2021. « Je crois que le [mythe de la dynastie Joissains, repris par ses adversaires au cours de la campagne, Ndlr] est un peu facile : il y a des élections et nous ne sommes pas les mêmes personnes non plus, même s’il y a des liens affectifs qui nous lient évidemment. C’est toujours une fierté d’être élue sous son propre nom », remarquait Sophie Joissains, à l’issue de la victoire. Chez les deux autres candidats qui se sont maintenus sur cette quadrangulaire, Jean-Louis Geiger, candidat RN, est arrivé au second tour avec 13,66% des suffrages exprimés, contre 7,96% des voix pour Philippe Klein, candidat investi par Horizons, dernier dans la course.

    Sophie Joissains aura 41 sièges au conseil municipal, 13 sièges au conseil communautaire. Marc Pena aura de son côté neuf sièges au conseil municipal, trois sièges au conseil communautaire, Jean-Louis Geiger en occupera trois au conseil municipal, un seul au conseil communautaire. Philippe Klein n’aura lui que deux sièges au conseil municipal, et n’occupera aucun siège au conseil communautaire.