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  • Les maires de la Métropole réunis face aux coupes du projet loi de finances

    Les maires de la Métropole réunis face aux coupes du projet loi de finances

    Loin du psychodrame budgétaire traversé par l’intercommunalité depuis le mois d’avril, les maires de la Métropole Aix-Marseille retrouvaient un front uni ce jeudi à l’occasion de leur conférence, au palais du Pharo, soudainement rassemblés par la perspective de nouvelles coupes imposées par le gouvernement dans le projet de loi de finances. Un sujet qui a occupé la majeure partie des échanges à huis clos. « Cela me fait plaisir d’entendre certaines personnes parler de services publics », souriait le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, à la sortie de l’hémicycle, face à la perspective d’une « catastrophe pour le service public et ceux qui en ont besoin ». Avec environ 60 millions d’euros en moins pour la Métropole, estime la maire (UDI) d’Aix Sophie Joissains, qui déplore : « On prend sur les services publics locaux pour rembourser les intérêts de la dette ». L’hémicycle devrait voter une motion pour dénoncer ces coupes, le 15 octobre, tandis que les idées fusaient pour les dénoncer, jusqu’à la proposition d’un sit-in à Paris. Charge au président des maires des Bouches-du-Rhône, Georges Cristiani, de les recueillir.

    Mais pour le maire (DVG) d’Aubagne Jean-Pierre Squillari, cette conférence était aussi l’occasion de saluer « une victoire directe du terrain » après le moratoire sur l’abandon de la gratuité dans le pays d’Aubagne. Alors que la nouvelle grille de la RTM doit être dévoilée mardi, il portera une motion pour demander au gouvernement une hausse du versement mobilité payé par les entreprises.

  • Plusieurs milliers de votants attendus pour la primaire du PS

    Plusieurs milliers de votants attendus pour la primaire du PS

    Loin des 1,7 million de participants de la primaire citoyenne qui en 2017 avait désigné Benoît Hamon comme candidat à la présidentielle, quelque 140 000 votants sont attendus ces vendredi et samedi pour participer au premier tour de la primaire organisée par le Parti socialiste, rejoint par Place publique et la Gauche républicaine et sociale. Parmi eux, ils sont plusieurs milliers dans les Bouches-du-Rhône qui pourront voter en ligne ou dans les dix points de vote qui y sont ouverts, sans décompte précis des votants ni des résultats à l’échelle du département. Sans la participation du maire de Marseille Benoît Payan. « Je ne m’occupe pas des partis », confiait-il à La Marseillaise le 18 septembre. En lançant un appel : « vous n’avez pas le droit de vous diviser ».

    « Là où un grand nombre pensait que cette primaire serait un échec, on découvre que pas moins de 140 000 personnes se sont inscrites, et elle a permis de poser des questions de fond au cours de trois débats qui ont réuni 3 millions de nos concitoyens », applaudit l’adjoint marseillais Yannick Ohanessian (PS). S’il déplore les 15 euros de participation demandés, il se félicite de voir de nombreux militants retourner vers le parti à la rose, « entre 100 et 150 par semaine » pour la fédération des Bouches-du-Rhône.

    Équation à deux inconnues

    Parmi les cinq candidats en lice, seuls deux sont venus faire campagne dans le département. Après le débat télévisé consacré à l’intelligence artificielle au stade Vélodrome, le premier secrétaire Olivier Faure est venu dédicacer son livre sur le cours d’Estienne-d’Orves le 25 septembre. Le coprésident de Place publique Raphaël Glucksmann de son côté organisait une réunion publique au Blum – ça ne s’invente pas – ce lundi.

    L’occasion pour chacun de rallier ses soutiens. Dans cette fédération qui l’avait largement placé en tête lors des deux derniers congrès, Olivier Faure peut compter sur le soutien de la plupart des élus socialistes du territoire, dont Yannick Ohanessian qui a été désigné porte-parole national. « Il a porté dans cette campagne quelque chose d’essentiel, la question de l’union de la gauche », défend-il. Outre les militants de Place publique dont son ancienne secrétaire générale Pascaline Lécorché, Raphaël Glucksmann a aussi reçu le soutien du député PS Laurent Lhardit, de l’adjoint marseillais Yoan Levy. Si elle ne veut pas s’investir dans les débats du PS, la maire (GRS) des 1-7 Sophie Camard votera « par amitié » pour Emmanuel Maurel. « J’appelle de mes vœux une composition bien plus large de la gauche », souligne-t-elle. Si elle s’est éloignée du PS en 2018, Samia Ghali a de son côté annoncé soutenir Ségolène Royal. « Elle a l’expérience de l’État, mais elle a conservé une liberté de parole, une proximité et cette capacité à sortir des discours convenus », défend la présidente de la RTM.

    Reste l’inconnue du vote des nouveaux inscrits. Et surtout celle d’un François Hollande qui reste en embuscade et espère court-circuiter cette primaire, soutenu activement par la sénatrice Marie-Arlette Carlotti. « On doit faire confiance au processus et aux candidats », balaie Yannick Ohanessian. Si aucun candidat n’a de majorité, le second tour se tiendra les 16 et 17 octobre.

  • Le crédit municipal de Marseille accélère face à la précarité

    Le crédit municipal de Marseille accélère face à la précarité

    Remplir sa cuve à fioul, réparer sa voiture, entretenir sa chaudière, remplacer un tableau électrique… Autant de frais du quotidien qui peuvent devenir asphyxiants dans le contexte actuel de crise du pouvoir d’achat. Dans ces situations, le recours au Crédit municipal de Marseille peut souvent faire office de bouffée d’oxygène. Pour faciliter l’accès au crédit aux personnes qui en sont exclues, l’institution se modernise.

    Jeudi 1er octobre, un nouveau système informatique a été mis en place afin de sensiblement réduire les temps d’attente des clients. Mais la stratégie de développement passe surtout par la création de ponts avec d’autres organismes sociaux et associatifs de la ville, dont les publics peuvent avoir besoin pour recourir à des crédits sociaux.

    Le Crédit municipal est une institution qui avance à rebours des banques traditionnelles en substituant l’objectif de rentabilité par celui de l’utilité sociale. Il permet à des personnes exclues du système bancaire traditionnel de contracter des prêts à taux très réduits, environ deux fois inférieurs à celui des banques commerciales, contre le dépôt d’un objet de valeur (bijou, mobilier, instrument de musique…). « Mais il n’y a aucune condition de revenus pour accéder à nos services, tous les habitants du département peuvent en profiter gratuitement », précise Benoît de Rosamel, directeur général de l’établissement.

    Depuis le début de l’année, le nombre de clients a augmenté de 1 500 pour atteindre 16 000, tandis que le montant total des encours a augmenté de 2,2 millions d’euros. « On voit apparaître de nouveaux types de publics qu’on ne voyait pas avant. Des gens salariés et très bien insérés dans la société », déplore le directeur général.

    De nouveaux partenariats

    Pour s’ouvrir à de nouveaux publics vulnérables, le Crédit municipal de Marseille noue des partenariats avec plusieurs acteurs. En février dernier, l’institution avait rassemblé 35 associations de femmes victimes de violences autour d’un petit-déjeuner, afin de développer un dispositif plus adapté à leurs situations. L’institution souhaite désormais s’ouvrir aux personnes éloignées de l’emploi. Une convention a été signée avec France Travail et un petit-déjeuner rassemblant de nombreux acteurs de la réinsertion professionnelle sera organisé le 10 novembre.

    Dernière nouveauté en date : l’institution propose désormais un service gratuit de gestion patrimoniale des objets. Vous souhaitez estimer un objet, le vendre, le stocker pour le léguer à vos enfants, ou en obtenir un prêt à court terme ? Des conseillers du Crédit municipal peuvent vous accompagner pour comprendre les différentes possibilités qui s’offrent à vous.

  • À Marseille, la grande colère des travailleuses de la petite enfance

    À Marseille, la grande colère des travailleuses de la petite enfance

    Frustration et déception sont palpables sur le visage de la soixantaine de travailleuses de la petite enfance rassemblées dans les locaux de l’unité locale FO 13, à Noailles, ce jeudi. Alors qu’une manifestation intersyndicale (CGT 13, FO 13, UNSA, FNEJE, CFDT, SNPPE, SNUTER-FSE 13), à l’appel du collectif « Pas de bébés à la consigne » devait se tenir à 14h, celle-ci a été annulée par la préfecture, indiquent les organisations, pour des raisons sécuritaires liées au mouvement lycéen.

    Assise à un pupitre aux côtés de représentants syndicaux et de travailleuses, Muriel Schneider, éducatrice de jeunes enfants dans une crèche associative marseillaise, se désespère : « C’est l’avenir de nos enfants et de la nation qu’on met en péril ». Cet épisode est vécu comme un signe de mépris gouvernemental par cette membre du collectif « Pas de bébés à la consigne », qui espérait ainsi faire entendre les revendications d’un secteur des crèches confronté à une crise chronique.

    Manque de moyens et de personnels, crèches qui ferment, manque de places disponibles, pénurie de vocations, turnover important, taux d’encadrement trop élevé, burn-out en chaîne… Les dysfonctionnements listés par les professionnelles sont légion dans la filière. Leurs conséquences transparaissent sur le visage des auxiliaires puéricultrices, assistantes maternelles et éducatrices de jeunes enfants présentes dans la salle.

    « Quand on se retrouve toute seule avec huit enfants et que l’un se blesse, on ne peut même pas aller le soigner : c’est de la maltraitance indépendante de notre volonté », confie la gorge serrée Aicha Abdallah-Ould, auxiliaire de puéricultrice et déléguée syndicale FO 13.

    Les déboires

    de la privatisation

    « La recherche de profit dans la prise en charge des personnes vulnérables, ça ne fonctionne pas », assure Aurélie De Brie, éducatrice de jeunes enfants ayant pris une pause après un burn-out dans une structure privée. « On se retrouve avec huit enfants et seulement sept repas, c’est vraiment comme ce qui est raconté dans le livre », ajoute Aïcha, faisant référence au livre-enquête Les Ogres de Victor Castanet (Flammarion ; 2024), où il décrit les dérives structurelles du gestionnaire privé People & Baby.

    Pour faire évoluer la situation, les idées fusent parmi les participantes : recenser tous les dysfonctionnements et fermetures de crèche dans des cahiers de doléances, faire une manifestation nationale, communiquer sur TikTok… « On pourrait récupérer toutes les couches usagées de nos crèches et les déposer devant la préfecture », ironise Aurélie.

  • La FDSEA cherche des solutions face aux défis agricoles

    La FDSEA cherche des solutions face aux défis agricoles

    « Nous sommes dans un contexte agricole exigeant, a rappelé Christel Gagliardo, la présidente de la FDSEA des Hautes-Alpes ce jeudi lors de la rentrée syndicale. Enjeux climatiques, réglementations toujours plus complexes, situation financière dégradée… Tout se cumule ! Plus que jamais, nous avons besoin d’échanger ». Le préfet Philippe Bailbé, la députée Marie-José Allemand (PS) et des représentants du conseil départemental ont participé à la réunion, aux côtés de la dizaine de membres du syndicat libéral et de membres du syndicat Jeunes Agriculteurs.

    Deux membres du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) étaient aussi présents pour discuter du premier point à l’ordre du jour : la prévention du risque incendie. « Avec le changement climatique, notre métier change, a introduit Grégory Favier, chef de centre. Lors des feux de moissons, qui démarrent très rapidement, les premiers intervenants, c’est vous, les agriculteurs ! » Les pompiers ont proposé de « former » les exploitants aux bonnes pratiques : « Car des petits gestes, comme ajuster la trajectoire en fonction du vent ou de la pente, peuvent limiter les dégâts ». Le Sdis aimerait former un partenariat avec les agriculteurs en cas d’incendie, comme il le fait déjà avec les fédérations de chasseurs. « L’idée est d’avoir trois interlocuteurs en cas de feux, pour ainsi être organisés et assurer la sécurité de tous », a expliqué Pierre-Emmanuel Feit. Il propose aussi aux agriculteurs de recenser leur matériel susceptible d’aider lors des incendies, comme les tonnes à lisier qui peuvent acheminer de l’eau. « On sait que vous avez d’autres choses à faire, admet le préfet. Mais en cas de crise majeure, comme on en a eu cet été, on a besoin de toutes les bonnes volontés. »

    Le sujet des réserves multi-usage d’eau (aussi appelées mégabassines), dont le développement est fortement souhaité par le syndicat, est ensuite venu sur la table. « Le problème, c’est que c’est très long à mettre en place, explique la présidente. Les dispositifs existant ne représentent pas la réalité du terrain. » Tous les participants sont d’accord sur un point : pour pouvoir en financer, et au passage en assurer l’acceptabilité sociale, il faut partager ces projets avec d’autres acteurs économiques. Comme les collectivités, ou les stations de ski, « qui ont davantage de moyens ». « Si l’on veut garantir une alimentation en eau tout au long de l’année, on n’a pas le choix, estime le Philippe Bailbé. Ces retenues d’eau sont indispensables. » Toujours sur l’eau, la question de la priorisation des usages en cas de sécheresse a été abordée : « Il faudrait que celui qui arrose sa pelouse arrête un peu avant que nous soyons contraints de cesser d’irriguer notre maïs ! », a lancé Christel Gagliardo.

    Sur les enjeux de transmission des fermes, de plus en plus urgentes car de nombreux exploitants vont partir à la retraite dans les prochaines années, la présidente a présenté un dispositif régional qu’elle espère voir émerger dans le département, Terre Adonis. La structure accompagne financièrement un porteur de projet, et lui vend ensuite la ferme au bout de quinze ans maximum. « Contrairement à l’association Terre de liens, qui ne permet pas aux agriculteurs de devenir propriétaires et ne se destine qu’à la filière bio, a-t-elle précisé. Nous, on veut que l’agriculteur soit libre ! »

    Agathe Di Lenardo

  • Agir sur les jeunes avant qu’ils ne soient pris par le réseau

    Agir sur les jeunes avant qu’ils ne soient pris par le réseau

    Avec la répression, la prévention pour marcher « sur nos deux jambes » et « éviter que nos jeunes tombent du côté obscur » a introduit la préfète de police, Corinne Simon lors des deuxièmes assises de la prévention de la délinquance ce jeudi 8 octobre. Une première en France. Après avoir posé les bases lors de premières assises en février, place à l’action et au partage de savoir-faire. Dans la salle, des représentants de l’Éducation nationale, de la PJJ, des référents de CLSPD (Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance), des élus, des magistrats, des associatifs et bien sûr policiers et gendarmes.

    « Nous avons plein de liens à faire entre nous pour être efficient » estime le président de la Midelca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives), Nicolas Prisse. À la tribune, la présidente du Département, Martine Vassal (DVD) revient aussi sur cette volonté d’avancer, pointe « des manques au niveau de la coordination ».

    Concrètement, « nous déférons 700 mineurs chaque année, si on peut en agir sur 20% d’entre eux, on aura déjà gagné le pari de la prévention secondaire », estime Céline Raignaut, procureure adjointe, à la tête de la division des mineurs du tribunal de Marseille. Substitute du procureur à Aix-en-Provence, Coralie Jaquet témoigne de l’arrivée de ces gamins « précaires et vulnérables » qui viennent « jobber dans les Bouches-du-Rhône » : 109 impliqués dans le trafic de stupéfiants sur sa juridiction dont 20 déférés.

    Des projets multiples

    Face à ce constat, des expériences, positives, ont été menées. Dans le cadre du projet Limits (Limiter l’implication des mineurs dans les trafics de stupéfiants) à Sarcelles, Loos et Lille rappelle Nicolas Prisse. Aix-en-Provence s’y est aussi lancée témoigne Christine Trossero, cheffe proximité du CLSPD, à la recherche des « petits signes comme le décrochage scolaire, des réactions violentes » permettant le suivi d’une trentaine de situations. Centre de loisirs jeune de la police qui reçoit les collégiens, interventions des gendarmes en milieu scolaire, capsules vidéo pour s’adresser aux ados sur les réseaux sociaux, média favori des trafiquants… Chacun apporte sa pierre à l’édifice. Jusqu’à ce qu’Amine Kessaci (EELV), adjoint au maire de Marseille en charge de la jeunesse, bouscule un peu le débat. S’il insiste lui aussi sur la nécessaire coordination, « la prévention n’est pas à la hauteur de la violence de ces réseaux, nous avons tout à réécrire » balance l’élu qui préconise un fort engagement de l’État ou de s’inspirer de l’exemple italien.

    En attendant, le travail de dentelle se poursuit. Une lettre d’engagement entre préfecture de police, Midelca et Département, a été signée pour la création et le financement d’une cellule d’écoute et d’accompagnement des familles, en collaboration avec les institutions et une association, sur le modèle de celle installée au niveau départemental sur la radicalisation. Pour rattraper « ces jeunes sur le point de basculer, les sortir de la spirale », avec « leur libre adhésion » précise le directeur adjoint de la préfète, Pierre Gilardeau. Elle se réunira dès novembre avant de nouvelles assises en 2027.

  • Un projet inédit pour soutenir les femmes victimes de violences

    Un projet inédit pour soutenir les femmes victimes de violences

    Face aux hébergements d’urgence saturés, quelle solution durable proposer pour accueillir et accompagner les femmes victimes de violences et leurs enfants ? « Les Maisonelles », répondent collectivement la CEPAC et l’association de lutte contre les violences Solidarité Femmes 13, qui portent aujourd’hui ce projet inédit en France.

    « Ce dispositif couple la situation d’urgence et le besoin d’une solution d’hébergement pérenne », introduit Christine Fabresse, présidente du directoire de la CEPAC, en présence de divers acteurs, dont des élus et un représentant de l’état.

    Un parcours court et fluide

    Alors qu’en France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon ou de son ex-compagnon, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, la présidente veut « réunir puissance publique, privée, associative et médiatique pour répondre à ce drame sociétal ».

    L’association Solidarité Femmes 13, qui fête ses 50 ans cette année, épaule le projet. L’organisme accompagne psychologiquement et administrativement les victimes de violences conjugales ou sexuelles, et propose formations et solutions d’hébergement. « Sortir des violences, c’est tout un parcours », observe sa directrice Sophie Pioro, qui déplore « l’incapacité à répondre à chaque sollicitation, malgré les dispositifs d’aides existants ».

    Sophie Pioro appelle à coordonner les réponses pour permettre un accompagnement intégral similaire à celui que l’association propose, amplifié par le soutien financier de la Cepac et sa connaissance en qualité de bailleur social. « Il faut que le parcours de ces femmes soit le plus rapide et le plus fluide possible », soutient-elle. Quatre futures Maisonelles, à mi-chemin entre logements individuels et espaces collectifs, devraient voir le jour dans la région, entre 2028 et 2030, pour accueillir 211 femmes et enfants.

    Soutien des élus

    Deux Maisonelles s’implanteront à Marseille, une à Aix-en-Provence et une dernière à Digne-les-Bains. Une variété de territoire répondant à la diversité des profils des victimes, avec l’approbation des élus des villes concernées. « Je suis très heureuse d’aider la cause », se félicite la maire (UDI) d’Aix, Sophie Joissains. L’édile marseillais (DVG) Benoît Payan, évoque « la difficulté à parler du sujet en tant qu’homme ». « Je suis très inquiet que le privé doive s’emparer de la cause, c’est que quelque part, il y a un vide » a regretté l’élu phocéen. Le maire (SE) de Digne-les-Bains, Julien Di Benedetto, a appelé à « rendre leur dignité aux victimes » avec « ce projet porteur d’espoir ».

  • À Avignon, l’université bloquée sur fond de crainte de nouveaux heurts

    À Avignon, l’université bloquée sur fond de crainte de nouveaux heurts

    Une nouvelle manifestation d’étudiants et de lycéens s’est déroulée dans le calme à Avignon, ce jeudi 8 octobre. Si les forces de l’ordre sont restées en retrait, les images des violences de la semaine précédente, notamment devant les lycées Philippe-de-Girard et Théodore-Aubanel, étaient dans toutes les têtes.

    La mobilisation a débuté simultanément devant le lycée Mistral et l’université. Après une heure de chants, entourés une nouvelle fois par les syndicats et les parents d’élèves, les lycéens ont rejoint les étudiants le long des remparts, à proximité de la porte Saint-Lazare, sous le regard de quelques policiers restés, pour la plupart, à distance.

    « Ce matin, lorsqu’on a installé nos banderoles, on a discuté avec des policiers qui nous ont demandé d’enlever les messages anti-police et de laisser rentrer les étudiants qui le souhaitent. Ce qu’on a fait pour faciliter la médiation », témoigne Julien, étudiant en L3 Info-com, mobilisé devant l’établissement. À l’arrivée des lycéens, qui entonnaient parfois en chœur des slogans comme « Tout le monde déteste la police », consigne a été donnée aux plus jeunes d’éviter ces mots « pour rester en bons termes », nous confie-t-on. L’Université a finalement été fermée vers 10h. « Victoire ! » s’exclame un étudiant dans un haut-parleur. Tandis que d’autres calment les ardeurs de certains qui tentent d’allumer des feux.

    Cette consigne témoigne de la crainte exprimée par certains participants. « Hier, alors qu’on était déjà mobilisés ici, quelques agents sont venus et étaient clairement intimidants, tout en ayant de l’autre côté des agents de sécurité qui menaçaient de nous gazer. On a l’impression qu’ils profitent de ce statut pour nous faire peur », regrette Camille, en L2 SVT en Cité des Papes et membre de l’Union étudiante d’Avignon. « Il n’y a vraiment pas besoin d’être violent avec nous. On le voit que tout se passe bien », abonde à ses côtés Julie, en L3 de droit et qui fait également partie de l’Union étudiante. « On a vu comment cela s’est passé la semaine dernière, avec des images horribles. On veut montrer que c’est possible de dialoguer, mais on n’a personne pour cela », poursuit Mathieu, lycéen à Aubanel. Une délégation avait été reçue, lundi, par la direction académique de Vaucluse. « Maintenant, on attend des actes. Une réunion ne remplacera jamais un professeur ou ne baissera pas le nombre d’élèves dans une classe. J’espère que l’on sera entendus », réitère Nino, élève de terminale au lycée Mistral.

    « Répression d’état »

    Le député de la circonscription, Raphaël Arnault (LFI), n’était pas présent ce jeudi, retenu à l’Assemblée nationale, mais il avait participé au rassemblement mardi. Il expliquait alors qu’« il y a beaucoup d’adultes aussi pour éviter les violences policières, comme on a pu les voir devant le lycée Philippe-de-Girard. Il y a de la peur pour les enfants. » Et de regretter les attaques envers LFI, assurant qu’il « y a moins de violences partout où on s’est rendus » et pointant une « politique politicienne autour de ce mouvement ».

    Pour Étienne Raoul, secrétaire général de FO Vaucluse, qui « entend dans les slogans » la fracture entre ces jeunes et la police, le discours n’est pas le même. Notamment car, au sein de son organisation, existe un syndicat de policiers, Un1té. Il assure « travailler avec eux pour que tout se passe au mieux » et « dénonce les violences quand il y en a ». « Ce qu’on dénonce, c’est la répression d’État par les ordres qui sont donnés. C’est ça, le véritable problème de fond. On l’a vu ce mardi et ce matin, il n’y a pas eu d’incident sans sommation, ni provocation », poursuit-il.

  • À Aix, la jeunesse exprime une colère nourrie par des années de crises

    À Aix, la jeunesse exprime une colère nourrie par des années de crises

    « Je ne vois même plus le fond de cette foule ! », lance au mégaphone l’un des meneurs du cortège. Au départ de la Rotonde ce jeudi matin, ils sont « tout autant » que mardi à s’élancer, selon les organisations syndicales. Ils étaient 900 participants, selon la police.

    Plusieurs cortèges ont fusionné au pied de la fontaine. Un peu plus tôt dans la matinée, les élèves du lycée privé du Sacré-Cœur sont parvenus à bloquer leur établissement. Un blocus avait également été organisé devant le lycée Saint-Eloi et l’Inspé (Institut national supérieur du professorat et de l’éducation), situés à quelques mètres l’un de l’autre.

    Autour du cortège, le « service d’ordre », les syndicats (CGT, FSU…) et les parents d’élèves ont encadré le défilé, qui a sillonné la ville entre le campus Schuman et le rectorat, avant de revenir vers son point de départ. Dans la foule, toujours les mêmes revendications : plus de moyens, plus de profs… Plus largement, une meilleure prise en compte de la jeunesse.

    Parmi les pancartes, tenues hautes : « Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère ». Une formule qui parle à Laura, étudiante à Sciences Po, qui estime qu’elle résume la source de colère : « Clairement, le Covid a amplifié cette volonté de mobilisation. À ce moment-là, j’étais en seconde, aujourd’hui, je suis en master. On n’avait pas trop réagi en pensant que c’était temporaire… » L’étudiante évoque aussi les différents événements qui, selon elle, ont cristallisé les angoisses et la colère qui s’expriment aujourd’hui dans la rue : « La réforme des retraites, qui a beaucoup mobilisé les facs, le blocage de la fac de Toulouse pendant des mois, le fait de ne pas avoir été entendus sur la Palestine ou sur les retraites… Des mesures passées en force avec le 49.3… »

    Un peu plus loin, Ethan* élève de terminale, a tenu à être dans la rue pour « son avenir, qui l’inquiète (…). Personne ne va bien. Le Covid a porté un coup dans la jeunesse, mais on aurait pu s’en remettre. S’il n’y avait pas eu encore moins d’argent et moins de travail pour nous, à l’avenir… On manifeste parce qu’on a atteint nos limites. Mais si le Covid a joué sur notre santé mentale, ce n’est pas une excuse pour décrédibiliser notre colère (…). Le manque de moyens dans nos lycées avait commencé avant et s’est empiré ».

    À ses côtés, Sacha* partage ce constat : « C’est sûr qu’on a eu moins de chance que nos parents. Je pense qu’on a totalement été laissés sur le carreau, je suis angoissée pour mon avenir, j’ai du mal à l’imaginer, mais je garde espoir, c’est pour ça que je suis là ».

    Au-delà du Covid, survenu il y a six ans, la crise climatique et les conflits internationaux alimentent également les inquiétudes des jeunes rencontrés dans le cortège. « Les lycéens sont touchés par un manque criant de moyens dans les lycées. On a connu Parcoursup, les réformes, bien sûr le Covid, on connaît aussi une crise climatique qui n’est pas du tout gérée par les politiciens, on a un gouvernement qui préfère mettre du budget dans l’armement plutôt que dans l’éducation et la crise climatique. Des arbitrages qui ne sont pas ceux qu’on voudrait », observe Léa, étudiante en philosophie. Une « génération Covid », certes, mais dont la colère puise aussi ses racines dans les crises plus récentes.

    * Le prénom a été changé

  • Le Département de Vaucluse reste au secours des pompiers dans l’incendie social

    Le Département de Vaucluse reste au secours des pompiers dans l’incendie social

    Des banderoles « pompiers en grève », toujours visibles sur les camions des pompiers vauclusiens, rappellent que l’incendie social chez les soldats du feu n’est pas circonscrit. Depuis le 8 septembre et jusqu’au 20 octobre, un préavis national court chez les pompiers professionnels. « Des revendications légitimes en raison d’une sollicitation opérationnelle croissante », pose Thierry Lagneau, président du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) 84, au moment, ce jeudi, de présenter la nouvelle convention liant le Département de Vaucluse et le Sdis.

    Si sa signature ne figure pas encore à l’ordre du jour de la séance plénière de ce vendredi (lire ci-contre), le cadre est formalisé. « En cinq ans, le nombre d’interventions a progressé de 25% [50 000 interventions par an], derrière ces chiffres, il y a une nécessité de moyens humains et matériels non négligeable », estime Thierry Lagneau.

    Ainsi, de 38,9 millions d’euros en 2026, la part du Département prévoit de passer à 41,2 millions l’an prochain et 42,3 millions en 2028. « C’est un montant important mais totalement indispensable », juge Dominique Santoni. La présidente LR du conseil départemental souligne que la collectivité abonde pour 64% dans le budget de fonctionnement du Sdis, le reste provenant de l’État. Dans le détail annuel, 464 000 euros sont consacrés à la prime de feu, 300 000 euros à la location d’un hélicoptère bombardier d’eau ou 900 000 euros dédiés au renouvellement de la flotte. 400 000 euros sur deux ans serviront à financier l’embauche de pompiers professionnels. Actuellement au nombre de 500, ils sont épaulés par 1 900 pompiers volontaires. « Il y a nécessité de recruter pour évoluer vers les gardes de 12h et non plus de 24h », assure Christophe Paichoux, directeur du Sdis 84, allusion à cette forte revendication des grévistes.

    Pour le patron des pompiers, la convention « témoigne de moyens conséquents, une dépense obligataire mais surtout une ressource pour le département et assurer l’équité dans la distribution des secours ». Il rappelle que si cet été le Vaucluse a plutôt été épargné par les incendies, ce n’est pas que le fruit du hasard : « On a l’impression qu’il ne s’est rien passé mais on a enregistré plus de 500 départs de feu, si 99% ont été stoppés avant d’avoir parcouru 5 ha, c’est grâce à l’hélicoptère, à notre maillage sur le terrain ou au dispositif prévisionnel dans les massifs », insiste le colonel Paichoux