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  • La centrale d’achat rapproche les champs et des cantines

    La centrale d’achat rapproche les champs et des cantines

    Au cœur du Salon des agricultures de Provence, c’est un petit stand. Mais à l’échelle du Département, il s’agit d’une grande avancée. Depuis 2025, la collectivité présidée par Martine Vassal (DVD) a décidé de se lancer dans la commande de fruits et légumes dans le cadre de la centrale d’achat qu’elle a créée, en 2023, permettant de « franchir une étape décisive pour concilier qualité et proximité ».

    L’objectif premier :
    « Garantir à nos collégiens une alimentation saine, équilibrée et accessible », affirme l’élue. Chaque jour, près de 58 500 élèves déjeunent à la cantine dans les Bouches-du-Rhône, pour la somme de 3 euros, ou d’1,20 euro pour les boursiers. Parmi eux, 20 000 mangent des fruits et légumes locaux et de saison issus du marché de la centrale d’achat. En un an, environ 23 tonnes de ces produits végétaux ont été servies dans les 61 établissements adhérents. « 25% des fruits et légumes consommés dans les collèges du département sont locaux », précise Laurence Angeletti, conseillère départementale déléguée au bien-être et à la santé alimentaire des collégiens.

    La centrale d’achat gère aussi un marché épicerie (69 collèges partenaires) et un marché beurre, œufs et fromage (68 collèges partenaires). Au total, 131 des 132 établissements du département sont adhérents à la centrale d’achat.

    La part de bio consommée par les élèves atteint 10%. Pour rappel, la loi Egalim fixe notamment un objectif d’au moins 20% de produits bio en valeur d’achat, au 1er janvier 2022, pour les cantines de France métropolitaine. « La difficulté, c’est le prix des denrées, poursuit l’élue. On privilégie toujours le raisonné au conventionnel en augmentant la part de bio, tout en respectant le budget des collèges et des ménages. »

    Sécuriser les débouchés des exploitants

    Au-delà de cette « montée en gamme dans les repas des élèves » que salue Mickael Mangos, chef cuistot à la cantine du collège Pierre-Matraja de Sausset-les-Pins, la centrale d’achat répond à l’ambition du Département de soutenir l’économie agricole des Bouches-du-Rhône, de structurer les filières locales et de renforcer les circuits courts. « Il faut assurer des débouchés aux exploitants et prendre en charge la logistique qu’il y a autour », affirme Laurence Angeletti. Cette logistique est organisée par le plus grand hub alimentaire du Sud de la France, le Grand marché de Provence et sa plateforme de 7 hectares implantée à Châteaurenard.

    À l’heure actuelle, 27 exploitants locaux ont rejoint le marché fruits et légumes de la centrale d’achat, dont Sébastien, producteur de poires et de pommes à Saint-Andiol. Lui estime que cette démarche est importante à « trois égards » : « Elle permet de rapprocher les jeunes du territoire de notre agriculture, ce qui nous permet de faire de la pédagogie, d’expliquer la saisonnalité des produits etc. La 2e raison, c’est de valoriser notre agriculture régionale, qui est de grande qualité, mais qui est consommée à 90% en dehors de notre territoire. Aujourd’hui, 100% des pommes consommées par les collégiens viennent de la région depuis le démarrage de ce partenariat. Enfin, les producteurs ont une vraie place autour de la table pour discuter de la rémunération, des coûts de production, ce ne sont pas les distributeurs qui se chargent de ça. Et puis, ça nous sécurise des débouchés, c’est beaucoup moins volatil parce qu’on s’engage sur la durée. »

  • Le CN Marseille à un pas d’un deuxième sacre européen

    Le CN Marseille à un pas d’un deuxième sacre européen

    Le Cercle des nageurs de Marseille n’a jamais été aussi proche d’un deuxième sacre européen. Déjà vainqueurs de l’Euro Cup, la deuxième compétition continentale, en 2019, les poloïstes phocéens ont l’occasion d’inscrire une nouvelle fois leur nom au palmarès, ce samedi (20h15), dans le bassin du VK Jadran Split, en Croatie.

    Grâce aux trois buts d’avance acquis lors de la manche aller, disputée il y a deux semaines à domicile, les hommes de Milos Scepanovic abordent cette finale retour en position favorable. Ils ne sont plus qu’à un pas du trophée continental, à condition de ne pas s’incliner par plus de trois buts d’écart.

    « C’est un match compliqué dans lequel nous devons absolument nous montrer vigilants », prévient Ugo Crousillat, le capitaine de la formation marseillaise. Habitué des grands rendez-vous mondiaux, entre ses performances en équipe de France et son aventure éclatante avec le club hongrois Szolnok lors de la Ligue des Champions en 2017, « l’enfant du Cercle » sait pertinemment que la différence ne se fera pas sur le physique ou sur la technique. Mais bien sur le mental.

    « C’est forcément un contexte particulier qui va nous attendre. Ils vont jouer chez eux, devant des centaines de leurs supporters qui seront à coup sûr survoltés comme jamais. Ils vont surtout jouer à fond chaque action pour essayer de nous renverser. C’est à nous de rester calmes, soudés, concentrés sur nous-mêmes et ne pas rentrer dans leur jeu », poursuit l’ailier de 35 ans.

    Prendre du plaisir

    Pour préparer le rendez-vous le plus important de leur saison, alors qu’ils sont également toujours en course pour décrocher un 43e titre de champion de France, les Marseillais ont effectué un stage à Recco, en Italie.

    « Tous les feux sont au vert », assure Ugo Crousillat. Le capitaine du CN Marseille estime que lui et ses partenaires doivent aborder cette finale retour sans se laisser gagner par la pression. « Au contraire, il faut que l’on prenne du plaisir. Nous avons traversé des moments compliqués cette saison. Personnellement, j’ai ressenti beaucoup de pression après notre élimination en Ligue des champions. À ce moment-là, nous devions absolument réagir face à Savone pour atténuer notre frustration. Aujourd’hui, la situation est différente : nous abordons une finale avec un avantage. À nous de finir le travail en prenant du plaisir dans l’eau », confie l’international français, qui rêve de remporter un premier titre européen avec son club de cœur. Même si cette équipe avait les moyens de rivaliser avec les meilleures formations du continent en Ligue des champions, un sacre en Euro Cup n’aurait rien d’un lot de consolation : elle viendrait récompenser une saison européenne de haut niveau.

    Finale de l’Euro Cup – Match retour

    À Split, en Croatie, à 20h15

    SPLIT : Bijac, Celar – Matkovic, Marinic Kragic, Radan, Butic, Pejkovic, Curkovic, Zovic, Berehulak, Nemet, Fatovic (cap), Duzevic, Skejic.

    Entraîneur : Jure Marelja

    MARSEILLE : Tesanovic, McKnight – Larumbe, Crousillat (cap), Spaic, Nagy, Vernoux, Drasovic, Bouet, Marion-Vernoux, Bodegas, De Nardi, Kalogeropoulos, Gbadamassi.

    Entraîneur : Milos Scepanovic

  • Les Fils de Besagne accueillent le Mayol’s Club

    Les Fils de Besagne accueillent le Mayol’s Club

    Un groupe de supporters historique du RCT a tiré sa révérence. Le Mayol’s Club, créé en 2001, a officiellement annoncé sa mise en sommeil pour la saison à venir. « Ils sont victimes des maux qui nous guettent tous : la difficulté de trouver des bénévoles, qui veulent bien s’investir et donner de leur temps », souligne Julien Perpere, président des Fils de Besagne, groupe qui a accepté de tendre la main à leurs confrères du Mayol’s Club. Ils ont ainsi annoncé d’une seule et même voix le rapprochement de leurs deux associations.

    « C’est un groupe historique avec lequel on a toujours été en phase. Qu’il s’agisse de l’histoire du RCT, du dialogue avec les instances du club ou de la ferveur populaire, nous avons toujours combattu côte à côte pour que la voix du peuple de Mayol soit entendue et respectée », ajoute le dirigeant toulonnais, très déçu de la saison des Varois.

    Déception et incompréhension

    Du point de vue sportif, la 9e place des Rouge et Noir en Top 14 est loin d’être suffisante. « C’est une saison décevante où l’on a vu trop de fois Mayol tomber », insiste Julien Perpere, pour qui la Coupe d’Europe a été la seule éclaircie dans cette aventure sinueuse. Mais la saison a également été éprouvante hors des terrains, avec la question d’un nouveau stade présenté par Bernard Lemaître. « On n’apprécie pas sa sortie, ni sur le fond, ni sur la forme », lance le président des Fils de Besagne.

  • L’impact essentiel des avants aixois

    L’impact essentiel des avants aixois

    Avec un pack comme celui-ci, Provence Rugby est armé pour affronter la meilleure équipe de Pro D2. Lors de la demi-finale, vendredi dernier, sur la pelouse de Colomiers, les avants aixois ont réalisé un véritable chantier. Leurs homologues de la banlieue toulousaine ont explosé en route, accumulant les pénalités à leur encontre. Dès l’entame de la seconde période, Alexandre Etchebehere, le pilier gauche local, a reçu un carton jaune suite à une faute en mêlée.

    Même dans les rucks, les premières lignes provençales ont été agressives, parasitant les sorties de balles de Colomiers. Il est vrai, parfois à la limite de la légalité, mais ils n’ont finalement pas été tant sanctionnés que ça. « Je leur tire mon chapeau ce soir, mais il ne faudra pas trop leur dire parce que ce n’est pas fini », lâchait Arthur Coville à l’issue de la demi-finale.

    Faire dérailler le plan vannetais

    Une pression et une agressivité qu’il faudra conserver encore 80 minutes. Ajouter du désordre à la mécanique bien huilée de Vannes est l’objectif des hommes en noir. Instaurer un combat de tous les instants sera essentiel pour tenter de bousculer le vainqueur de la phase régulière. Pour cela, Philippe Saint-André ne se privera pas de faire des changements tôt dans la partie. Comme lors du match précédent, le banc sera en 6-2, soit 6 avants et 2 arrières. Un renouvellement indispensable des forces pour espérer vaincre une formation bretonne archi favorite de la finale. « On est un sport de passes, on est un sport d’évitements, mais on est aussi un sport de combat. Je suis très content parce que mes joueurs ont grandi », rappelait le manager aixois. Comptez sur Provence Rugby pour instaurer un combat permanent et ne laisser aucun ballon facile à son adversaire.

  • Les rugbymen aixois sont à 80 minutes du Top 14

    Les rugbymen aixois sont à 80 minutes du Top 14

    L’adage dit : « Une finale ça ne se joue pas, ça se gagne. » Mais pour l’emporter, il faut déjà jouer. Et le faire le mieux possible. Ce samedi à 18h, Provence Rugby découvre un monde nouveau. Un rendez-vous en terre inconnue pour des Aixois atteignant pour la première fois de tels sommets. Une altitude pareille ne les affecte pas plus que ça, puisque leur adversaire endosse avec aisance le costume de favori. Cet adversaire, Vannes, a survolé la saison régulière avec 116 points au compteur, soit 21 de plus que son dauphin, Colomiers. Un mastodonte fait pour remonter en Top 14, deux ans seulement après sa première accession.

    Cette situation sied parfaitement aux Provençaux. « La bonne chose, c’est qu’on n’était pas favoris contre Brive, on n’était pas favoris contre Colomiers et on ne sera pas encore favoris face à Vannes. Continuer à dire qu’on est outsiders, ça nous va très, très bien. On est des outsiders ambitieux », déclare Philippe Saint-André. Une approche qui apporte de la sérénité à des joueurs qui ne sont pas tombés dans l’euphorie suite à leur victoire à Colomiers. Apparus en conférence de presse d’après-match, vendredi dernier, le héros de la demi-finale Charly Gambini et Arthur Coville se sont montrés calmes, posés, déjà focus sur l’objectif du club : la montée. « On ne va pas sortir en boîte de nuit ce soir [vendredi dernier, Ndlr]. On a un énorme match qui nous attend samedi. Le match que tout le monde veut jouer, le match pour lequel on s’entraîne. On va jouer Vannes qui est ultra-favori, qui a été dominant toute la saison. C’est pour ça que ce soir, on n’est pas non plus ultra-festif, parce qu’on sait que le chemin n’est pas fini », détaille le frère du navigateur breton Thomas Coville.

    Avant cette finale, les joueurs de Provence Rugby ont pu découvrir leur terrain de jeu. Ce vendredi après-midi, l’entraînement du capitaine s’est déroulé au stade Ernest-Wallon, antre habituel du Stade Toulousain. L’occasion de prendre de premières marques, le pouls de cette enceinte emblématique du rugby tricolore.

    Sept succès de suite

    En dehors de tout ce qui a été évoqué précédemment, l’autre avantage de Vannes porte sur sa connaissance de la finale de Pro D2. Pas plus tard qu’il y a deux ans, le RCV s’était imposé 16 à 9 face à Grenoble. Un match ultra-défensif, permettant aux hommes du Morbihan de faire monter leur club dans l’élite pour la première fois. Après le Top 14 en Bretagne, le Top 14 en Provence ? « La phase finale, c’est un championnat différent. La logique voudrait que ce soit Vannes, mais, sur un match, tout est possible », argumentait Léo Drouet, ce vendredi.

    Philippe Saint-André l’a largement mis en valeur, semaine après semaine, la série de victoires des Provençaux a apporté un tas de confiance à ses joueurs. Ces derniers en sont à sept succès consécutifs et ont affronté tous types d’adversaires depuis deux mois. À commencer par Vannes. Une rencontre absolument renversante où Provence fut mené 0-24 à la pause avant de s’imposer 34-31. Une soirée qui avait des airs de phases finales. « On est dans une bonne dynamique, on a engrangé de la confiance donc on tente et réussit plus de choses », disait Romain Latterrade.

    Provence Rugby a rendez-vous avec son histoire. Le club d’Aix-en-Provence est maintenant à 80 minutes d’aller chercher le bouclier le plus prestigieux de son histoire. Et de faire son entrée parmi les 14 meilleures équipes de France.

    Finale de Pro D2

    Stade Ernest-Wallon, Toulouse (18h)

    Arbitre : Benoît Rousselet

    VANNES : Bouthier – Benmegal, Taccola, Boudehent, Surano – Lafage, Ruru – Kalamafoni, Gorrissen, Augry – Desjeux, Marks – Medrano, Beziat, Vunipola

    PROVENCE : Vareiro – Cellio-Zwiler, Bituniyata, Finau, Drouet – Muntz, Coville – Jalagonia, Gambini, Tuisue – Rodda, Zafra – Francis, Latterrade, Wegrzyn

  • Les communistes appelés aux urnes pour choisir leur base de discussion

    Les communistes appelés aux urnes pour choisir leur base de discussion

    Les communistes ont rendez-vous avec les urnes dans chacune de leur section jusqu’à ce dimanche.

    Objectif choisir le texte qui deviendra la base commune de discussion de l’ensemble des adhérents durant les congrès de section les 13 et 14 juin, puis départementaux les 19, 20 et 21 juin et enfin le congrès national prévu à Lille les 3, 4 et 5 juillet.

    Quatre textes sont soumis au choix des communistes. Il y a d’abord le projet de base commune adopté à 77% par le conseil national, intitulé « Un communisme de conquêtes » que le secrétaire national Fabien Roussel soutient de même que les porte-parole Léon Deffontaines ou Ian Brossat.

    Les statuts du PCF prévoient que si ce projet ne convient pas à au moins 300 adhérents répartis dans plusieurs fédérations, il est possible de présenter des textes alternatifs.

    C’est le cas de « communistes à l’offensive », un texte soutenu notamment par la députée Elsa Faucillon ou dans notre région les élus Pierre Dharréville, Jean-Marc Coppola ou Audrey Garino.

    Débat pluraliste mais pas de tendances

    Mais aussi du texte « Stratégie communiste » signé par plusieurs jeunes responsables départementaux dont Fanny Chartier, secrétaire à l’organisation de la fédération de Paris.

    Et enfin le texte « Résister et construire, une nouvelle page du communisme », signé notamment par plusieurs membres de la commission économique du PCF dont Frédéric Boccara.

    En débat entre les différentes orientations proposées : la question de la présidentielle et des législatives à venir mais aussi la notion de socialisme.

    Les textes sont disponibles en totalité et en résumé sur le site congres2026.pcf.fr

    Selon les règles de fonctionnement du PCF qui prévoient un débat pluraliste mais rejette le fonctionnement en tendances propre aux organisations social-démocrates, c’est le texte qui recueillera le plus de voix qui deviendra ensuite celui de l’ensemble des communistes.

    Seuls les adhérents à jour de leurs cotisations sont susceptibles de prendre part au vote.

    Les communistes auront ensuite la charge de l’amender pour l’améliorer et en faire un texte qui les rassemble le plus possible.

  • Chiens intoxiqués au lac : la cyanobactérie hautement suspectée

    Chiens intoxiqués au lac : la cyanobactérie hautement suspectée

    Une cyanobactérie, voilà le très probable responsable de l’intoxication de cinq chiens, dont trois en sont décédés, en mars et avril, après s’être baignés dans le lac de Pelleautier. C’est ce qu’indique l’ASA du Canal de Gap, qui gère le plan d’eau et qui y a interdit l’accès à la baignade. Pour Philippe Combrouze, hydrologue spécialiste de ces micro-organismes, leur présence anormalement élevée vient d’un apport excessif de phosphore et d’azote. « Cela provient soit de nos eaux usées, insuffisamment traitées, soit d’une certaine forme d’agricultrice, que je n’appelle plus agriculture mais agro-industrie, qui conduit à déverser dans les milieux beaucoup de nutriments, sous forme de lisier ou d’engrais. »

    Chaque année, avec le retour des beaux jours et des baignades, des dizaines de cas d’intoxications ont lieu dans l’hexagone.

    Or, les concentrations de cyanobactéries ne sont pas près de s’arrêter selon Philippe Combrouze : « Le réchauffement climatique favorise leur développement. On a de plus en plus de périodes de sécheresse. En agriculture par exemple, on va avoir un épandage de lisier sec, qui ne circule pas sur le bassin-versant. Ces périodes de sécheresse se terminent souvent par des orages et inondations. D’un coup, vous avez un lessivage du bassin-versant qui amène ces nutriments vers un milieu aquatique récepteur. Cet apport brutal va y créer ces concentrations de cyanobactéries. » Sans solution connue pour les éliminer, la prévention reste le seul remède selon l’hydrologue.

  • Une crèche menacée de fermeture, les parents inquiets

    Une crèche menacée de fermeture, les parents inquiets

    La guerre est déclarée entre la communauté de communes et la crèche Hakuna Matata, ouverte en janvier à Saint-Maime : la direction et les parents craignent une fermeture, faute de subventions. Ce sont 37 familles qui risquent de se retrouver sans mode de garde et neuf salariés sans emploi. Cette crèche est « la plus remplie de l’intercommunalité », selon ses gérants. « Elle n’est pas en concurrence avec les autres, mais complémentaire : on ouvre plus tard le soir, si besoin le samedi », avance son président, Guillaume Santacreu. Selon lui, « un groupe de personnes a tout fait pour faire exploser le projet ». « Les personnes concernées font un blocage et nous mettent des bâtons dans les roues », affirme-t-il. Si la situation ne s’arrange pas, lui et sa sœur Victoria, directrice de la crèche, redoutent de devoir fermer à la fin du mois.

    « Comme j’avais peur que la crèche ferme, je me suis renseignée à celle de Saint-Michel-l’Observatoire, et la directrice m’a dit que la communauté de communes leur avait demandé de garder des places au cas où notre crèche fermait », affirme Léa, mère d’un des enfants gardés à la crèche Hakuna Matata. La majorité des enfants qui y sont gardés ont été refusés dans les autres crèches du territoire. Les listes d’attente sont longues pour réussir à décrocher une place. « Son père a dû arrêter de travailler pendant un an parce que la nounou a arrêté de le garder », témoigne Sarah Didierlaurent, mère du petit Sorën gardé à Hakuna Matata. « J’espère ne pas avoir à enlever mes enfants de cette crèche. J’en suis très contente : les horaires sont formidables pour ceux qui travaillent tard à Manosque. C’est pour ça que j’ai mis mes enfants ici », avance Léa.

    Un élan de solidarité

    Un véritable élan de solidarité a été initié par les parents d’enfants gardés à Hakuna Matata. L’une des mamans, qui a réussi à obtenir un rendez-vous avec le président de la communauté de communes, propose « une opération escargot dans son bureau », ou encore « une pétition en ligne à pousser sur tous les canaux possibles et imaginables ».

    Jeudi, les gérants de la crèche ont réussi à obtenir un rendez-vous le 30 juin avec la CAF, le Département et la communauté de communes. Les gérants de la crèche demandent 180 000 euros, puis 150 000 euros par an à l’intercommunalité.

    Contacté, le président de la communauté de communes explique que l’intercommunalité « compte déjà quatre crèches publiques ». « On savait qu’une telle activité était vouée à l’échec. Je refuse toute participation », explique-t-il. Selon lui, il y a assez de places pour accueillir les enfants dans les autres crèches. Le sujet est inscrit à l’ordre du jour du prochain conseil communautaire, qui aura lieu mardi à 14h30.

  • Un pique-nique revendicatif aux Vieux Salins

    Un pique-nique revendicatif aux Vieux Salins

    L’histoire est assez délirante. Un projet de construction dans les cartons depuis 2021 qui a obtenu contre toute attente un permis de construire, mais toujours au cœur d’une bataille juridique. Le promoteur aurait semble-t-il profité d’un tas de coïncidences rendant possible l’inconcevable.

    D’abord, la non-réponse de la Ville dans les temps ce qui a entraîné un accord tacite du permis de construire. Première incohérence.

    La deuxième concerne les manques évidents dans le Plan de préventions des risques inondation (PPRI). Comment, en effet, celui-ci peut-il indiquer un risque fort d’inondation sur une rive et pas sur l’autre, pourtant pas plus élevée.

    « C’est une zone blanche, pas bleue, parce que non évaluée, l’autre côté est rouge », souligne Caroline Moulin pour Hyères Écologie citoyenne, qui considère que « c’est vraiment du foutage de gueule ».

    En attendant, la construction de 140 logements et d’un parking en silo de 260 places à l’embouchure du Gapeau, aux Vieux Salins, soumis à des crues, est toujours d’actualité. Et ce malgré les procédures lancées pour faire annuler ce permis par la municipalité et la préfecture. Mais rien n’est joué, puisque des recours sont toujours en cours.

    Pour la maire de Hyères Véronique Bernardini (SE), autant opposée que son prédécesseur à ce projet, « les Salins ne sont pas un terrain à bétonner. Ils sont un patrimoine à protéger ».

    Ayant autorisé la manifestation citoyenne, elle considère que les habitants ont toute leur place dans ce débat et que leur mobilisation traduit l’attachement profond des Hyérois à l’avenir de leur territoire.

    Rendez-vous est donc donné dès 11h au 2 000 boulevard du Front de mer, aux Salins.

  • Les opposants à la ligne THT s’organisent

    Les opposants à la ligne THT s’organisent

    Une Zone à défendre (ZAD) va-t-elle voir le jour dans le sud du Gard ? C’est en tout cas la promesse de dizaines d’opposants au projet de ligne THT si une solution alternative n’est pas trouvée. Depuis l’annonce de cette ligne, la grande majorité des acteurs du territoire gardois a en effet fait part de son opposition à un projet qui doit pourtant permettre la décarbonation de l’industrie de Fos en créant une ligne électrique dite à très haute tension (THT) aérienne pour transporter l’électricité produite dans la vallée du Rhône. Cette ligne doit ainsi relier Jonquières-St-Vincent, près de Nîmes, à Fos-sur-Mer et traverser la Camargue.

    Sauf que ni les agriculteurs soucieux de préserver leur terre, ni les écologistes souhaitant protéger la faune très présente en Camargue, ni les acteurs touristiques voulant défendre la beauté des paysages n’acceptent l’installation de dizaines de pylônes de plus de 50 mètres. « La profession agricole réaffirme ici son opposition farouche à ce projet de ligne THT aérienne de 400 000 Volts qui viendrait défigurer ce territoire unique. Cela condamnerait l’agritourisme, réduirait à nouveau la surface agricole française et imposerait de nouvelles contraintes aux agriculteurs », ont ainsi écrit une douzaine de syndicats agricoles gardois début juin dans un communiqué. En fin d’année dernière, la Dreal Occitanie avait pourtant estimé que le tracé ferait peser une menace directe sur cinq espèces d’oiseaux, mettant ainsi du plomb dans l’aile au projet.

    Un courrier aux agriculteurs met le feu aux poudres

    Mais l’État a tout de même lancé le 13 mai l’instruction de la Déclaration d’utilité publique et les propos d’Emmanuel Macron fin mai sur ce projet jugé « nécessaire » inquiètent les opposants, qui y voient une volonté de passer en force. « Il y a une très forte pression des industriels », précise Luc Perrin, qui gère l’Association de sauvegarde de la Terre d’Argence (Asta). « On s’est donc rencontré avec les Camarguais et il y a la volonté de passer à la vitesse supérieure. Ce qui a aussi mis le feu aux poudres, c’est l’envoi par RTE d’un courrier aux agriculteurs pour les avertir qu’il y aurait des visites sur leur terrain avec des prélèvements et des analyses de sol. Il y a un arrêté préfectoral de 2023 qui impose à tout le monde de laisser entrer les agents de RTE chez soi sous peine de sanctions. » Face à cette situation, les agriculteurs travaillent à des parades comme le traitement de leur terrain dont l’accès serait ensuite interdit. Ils travaillent même avec des écologistes pour trouver des tortues cistudes. Car si la présence de cette espèce est détectée, les prélèvements dans un rayon de 500 mètres sont interdits. Ce samedi 6 juin, une action est également prévue à Arles pour informer la population. Mais les opposants savent que cette mobilisation a peu de chance d’être suffisante. Beaucoup évoquent la possibilité de créer une ZAD. Des contacts ont déjà été noués avec des associations qui ont organisé la mobilisation à Notre-Dame-des-Landes pour s’appuyer sur leur expérience et s’inspirer de leur méthode. « S’ils veulent passer en force, ils auront Notre-Dame de Camargue. Il y a des gens qui sont prêts », confirme Luc Perrin.