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  • [Maj] À Marseille, Sophie Camard mise sur le « trait d’union » dans le 1er secteur

    [Maj] À Marseille, Sophie Camard mise sur le « trait d’union » dans le 1er secteur

    Avec 19 des 25 sièges du conseil d’arrondissements occupés par des élus du Printemps marseillais (PM), la séance d’installation ne laissait guère de place au suspense, dimanche. C’est donc bien Sophie Camard (GRS), candidate à sa réélection à la tête des 1-7, qui a été élue maire du secteur, avec 19 voix.

    « Dans mon discours d’investiture que j’ai retrouvé, prononcé le 12 juillet 2020, j’avais dit les mots suivants : “Je serai maire pour ceux qui ont voté, mais aussi pour ceux qui n’ont pas voté, parce que je voudrais les convaincre que la démocratie en vaut la peine”. Je n’en changerai pas une virgule », a-t-elle déclaré, émue. Au cœur de son propos : la volonté de constituer un trait d’union entre les 1er et 7e arrondissements : « Le premier secteur est à l’image des grandes inégalités de notre peuple. Cette situation justifie le débat politique. Mais pas de fractionner notre société. 6 678 voix dans le 1er, 7 451 dans le 7e. Un résultat très équilibré. Je prends ce message des électeurs comme un trait d’union pacifique et rassembleur. » Sur l’ensemble du secteur, Sophie Camard avait obtenu 47,45% des suffrages au second tour. Les neuf adjoints de la liste « Pour Marseille », exclusivement composée de représentants du Printemps marseillais , ont également été élus avec 19 voix, contre cinq votes nuls et un vote blanc.

    Six élus d’opposition

    Deux autres candidates briguaient la tête de la mairie de secteur, ce dimanche : Clémence Parodi (RN) et Charlotte Deweerdt (LFI). L’élue d’extrême droite a obtenu trois voix, total correspondant aux trois sièges remportés après avoir obtenu 25,38% au second tour. La candidate insoumise n’a recueilli que deux voix : les 18,02% obtenus par sa liste ne lui avaient en effet permis d’obtenir que deux sièges, le sien et celui de son colistier Aurélien Bourneuf (LFI). Pour rappel, Sébastien Barles (ex-EELV) a démissionné de son mandat de conseiller.

    Romain Simmarano (DVD), qui portait pour le secteur la liste « Marseille je t’aime » de Martine Vassal (DVD), est le seul élu de la droite traditionnelle au sein de ce conseil d’arrondissements. Il avait obtenu 9,15% des suffrages au second tour.

    Les adjoints

    Julien Soret, 1er adjoint ; Leïla Becard, 2e adjointe ; Christian Pellicani, 3e adjoint ; Monique Rolbert, 4e adjointe ; Karim Boussalem, 5e adjoint ; Virginie Roche, 6e adjointe ; Frédéric Guilledoux, 7e adjoint ; Romane Massip, 8e adjointe ; Aurélien Lecour, 9e adjoint.

  • Avignon : l’accueil des mineurs jugé « indigne » à hôpital de Montfavet

    Avignon : l’accueil des mineurs jugé « indigne » à hôpital de Montfavet

    Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) a publié, le 26 mars, un rapport sur sa deuxième visite du centre hospitalier de Monfavet (CHM), structure spécialisée en psychiatrie. Le document de 84 pages résulte de plus de deux semaines d’observations menées en décembre 2024 et septembre 2025.

    Si plusieurs points positifs sont relevés, tels que des « locaux propres », une « restauration satisfaisante » ou encore une dotation « riche » en espaces dédiés aux activités thérapeutiques, le rapport pointe notamment une prise en charge jugée « indigne » des mineurs.

    L’autorité administrative indépendante, chargée de contrôler les conditions de prise en charge, liste ainsi plusieurs points problématiques. L’unité, qui compte dix lits, est « soumise à une suroccupation importante » et « des chambres sont régulièrement doublées par la mise en place d’un lit d’appoint », d’après la CGLPL. Pire, « de nombreux mineurs sont hospitalisés avec des adultes, parfois systématiquement hébergés en chambre d’isolement ».

    Protéger les plus vulnérables

    Le rapport mentionne également des « isolements d’enfants » qui, « non contrôlés par le juge et particulièrement traumatisants, sont contraires à l’intérêt supérieur de l’enfant ». La tenue d’une réunion « en urgence » entre les acteurs concernés est recommandée pour régler cette problématique.

    « Ces contrôles sont nécessaires pour faire avancer l’institution. Les mineurs doivent être protégés car ce sont les plus vulnérables. Les moyens doivent être mis par l’Agence régionale de santé (ARS) pour régler ces situations », confie Claire Moreno, secrétaire générale CGT de l’établissement, interrogée par La Marseillaise.

    La direction, dont la réponse figure dans le rapport, évoque notamment un manque criant de pédopsychiatres dans un contexte de « pénurie nationale » et affirme que les enfants et adolescents ne sont « pas hospitalisés avec les adultes ». Tout en assurant que l’utilisation de lits de camp ou d’une chambre d’isolement pour les mineurs reste « tout à fait marginale », elle évoque divers projets visant à améliorer cette situation, comme la mise en place d’« une équipe mobile d’accompagnement pédopsychiatrique vouée à proposer une prise en charge adaptée aux mineurs hospitalisés dans les unités adultes ». Et qui s’inscrit elle-même « comme une étape préparatoire en vue de la création d’une future unité d’hospitalisation pour les jeunes adultes de 16-25 ans ».

    Les patients détenus

    Le rapport aborde également la question des détenus transférés à Montfavet sans escorte policière, une situation dénoncée depuis plusieurs années date par les syndicats. La direction regrette en effet « la réduction systématique du nombre d’escortes policières pour le transfert des patients détenus, contrairement à ce qui était initialement réalisé ». Elle assure que des échanges avec l’ARS Paca, la préfecture des Bouches-du-Rhône, la préfecture du Vaucluse et les directions des centres pénitentiaires ont permis de « clarifier les pratiques d’accompagnement des détenus » et que, « pour réaliser le transfert, le CHM peut faire appel à l’équipe de sécurité, qui peut être mobilisée en amont sur la route ». « C’est ce pour quoi on se bat. Il faut sécuriser ces transferts pour la sécurité du personnel », confie la responsable syndicale.

    Plus largement, le rapport rappelle que la prise en charge des détenus « ne doit pas induire par principe leur isolement pendant le séjour, ni porter atteinte à leur accès à des soins somatiques ». La direction du CHM assure, de son côté, que « l’ouverture d’une unité de soins intensifs psychiatriques (USIP), en 2027, permettra de limiter les restrictions imposées aux patients détenus ».

  • L’OM entame le sprint final sans le moindre joker

    L’OM entame le sprint final sans le moindre joker

    Que peut penser un entraîneur après que son équipe a perdu deux matches importants ?

    Habib Beye se montre résolument optimiste. Voyant le verre à moitié plein, alors que son OM vient de baisser pavillon face à Lille, au Vélodrome avant la trêve, puis à Monaco, lors de la reprise, dimanche. Dans les deux cas, le score est le même (2-1) et le sentiment d’inachevé reste en tête.

    « Pour moi, ce que je ressens, c’est de la frustration, estime l’entraîneur marseillais. Défensivement, nous avons trop donné, en étant passifs sur le premier but et en commettant une erreur payée cash sur le second », regrette-t-il. D’autant plus qu’avant les deux buts monégasques, qui ont été autant de coups de poignard dans le dos, son équipe a eu les munitions pour prendre le contrôle.

    « Nous avons eu les opportunités de passer devant. Et même de revenir », souligne Habib Beye.Mais ce constat, même s’il se veut rassurant pour la suite, ne masque pas la perte sèche de dimanche, où l’OM a abandonné a minima un point et a perdu sa place sur le podium.

    « Nous redevenons chasseur »

    Avec 49 points, les Phocéens reculent à la 4e place, un point derrière Lille. Mais Monaco revient à hauteur. « Perdre deux fois de suite, je ne peux pas m’en satisfaire. Surtout dans ce match à Monaco, qui fait que nous redevenons chasseur », note Habib Beye. S’il a vu du positif, malgré le résultat, il sait en son for intérieur que cela ne suffit pas à rétablir la confiance de supporters qui, au stade Louis II, ont encore une fois manifesté leur colère en restant muets durant la première demi-heure.

    L’entraîneur a également conscience que les victoires que ses ouailles ont pu obtenir « ne sont pas suffisantes dans leur contenu » pour ramener une certaine sérénité dans les virages. Habib Beye se projette sur le rendez-vous de vendredi avec la réception de Metz. « Nous pouvons encore aller chercher la troisième place, malgré notre dynamique négative », estime-t-il.

    Mais pour cela, la marge de manœuvre est de plus en plus ténue. L’OM abordant ses six derniers matches sans droit à l’erreur.

    28e journée

    PSG – Toulouse 3 – 1

    Strasbourg – Nice 3 – 1

    Brest – Rennes 3 – 4

    Lille – Lens 3 – 0

    Angers – Lyon 0 – 0

    Lorient – Paris FC 1 – 1

    Le Havre – Auxerre 1 – 1

    Metz – Nantes 0 – 0

    Monaco – OM 2 – 1

    Classement

    Pts J G N P bp bc dif

    1. PSG 63 27 20 3 4 61 23 38

    2. Lens 59 28 19 2 7 54 27 27

    3. Lille 50 28 15 5 8 45 34 11

    4. OM 49 28 15 4 9 55 37 18

    5. Monaco 49 28 15 4 9 49 39 10

    6. Lyon 48 28 14 6 8 41 29 12

    7. Rennes 47 28 13 8 7 47 40 7

    8. Strasbourg 43 28 12 7 9 46 34 12

    9. Toulouse 37 28 10 7 11 39 35 4

    10. Lorient 37 27 9 10 8 37 41 -4

    11. Brest 36 28 10 6 12 37 43 -6

    12. Angers 32 27 9 5 13 24 37 -13

    13. Paris FC 31 27 7 10 10 32 43 -11

    14. Le Havre 27 27 6 9 12 22 35 -13

    15. Nice 27 28 7 6 15 33 55 -22

    16. Auxerre 22 27 5 7 15 22 36 -14

    17. Nantes 17 26 4 5 17 24 45 -21

    18. Metz 14 27 3 5 19 25 60 -35

    L’OM perd Egan-Riley

    Au-delà de la défaite, le déplacement à Monaco a coûté cher aux Marseillais. CJ Egan-Riley a dû quitter prématurément le terrain, victime d’une blessure musculaire sur le second but monégasque. Son indisponibilité n’est pas encore connue. Himad Abdelli a lui aussi rejoint l’infirmerie, se plaignant d’un coup à la cheville.

  • Aix-Marseille : la Métropole des maires face à ses défis

    Aix-Marseille : la Métropole des maires face à ses défis

    Dix ans après la création à marche forcée d’une Métropole longtemps honnie des élus locaux, les maires du territoire veulent lui faire prendre un nouveau cap. Ce mardi matin, dans l’hémicycle du Pharo, c’est selon toute vraisemblance le maire (LR) de Salon-de-Provence, Nicolas Isnard, qui devrait succéder à Martine Vassal à la présidence de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Une candidature devenue largement consensuelle sur les bancs du conseil métropolitain, aussi bien à droite qu’à gauche, après une longue campagne menée en coulisses. Avec une promesse : mettre davantage la Métropole aux services des communes.

    Une place pour tous

    « La Métropole, avec le temps, est passée au-dessus des maires, imposant sa vision technocratique. On va la remettre en dessous des maires », promettait l’édile salonais dans nos colonnes, ce week-end. De quoi répondre à tous ces maires qui reprochaient à l’institution d’être gérée comme une collectivité. « Il y a souvent un écran dans nos compétences de proximité », déplorait le président (SE) des maires des Bouches-du-Rhône, Georges Cristiani, à l’occasion de la conférence des Maires de Provence, le 30 mars à Saint-Victoret.

    Pour beaucoup d’élus métropolitains, il s’agit aussi de tourner la page des conflits marseillo-marseillais qui ont émaillé les séances plénières lors de la dernière mandature. De quoi expliquer cette recherche d’un consensus le plus large possible et un alignement sur une dépolitisation d’une institution dont l’hémicycle penche pourtant davantage à droite. Ainsi, la majorité marseillaise fera de nouveau partie de l’exécutif métropolitain, avec une promesse d’un équilibre territorial dans la distribution des vice-présidences.

    Feuille de route chargée

    Il en va de même pour tous les organismes liés à la Métropole. « Ces outils seront aux mains des maires qui en ont besoin », insiste Nicolas Isnard. Parmi eux, la présidence de la Régie des transports métropolitains (RTM) sera assurée par un Marseillais, a-t-il confirmé : « La RTM sert essentiellement à déplacer des Marseillais, c’est normal que ce soit un Marseillais qui pilote cette maison. » De quoi donner une réponse positive au « New Deal métropolitain » réclamé par Benoît Payan (DVG) dans la campagne. Pas de quoi satisfaire les insoumis, qui dénoncent « une grande coalition de la droite, des macronistes et des socialistes ». Et remettent sur la table leur proposition de loi pour supprimer la Métropole, qui resterait pourtant à inscrire dans leur niche parlementaire.

    Le maire de Salon-de-Provence, de son côté, milite pour un recentrage des politiques de l’intercommunalité, invite les maires à reprendre les compétences du quotidien. « Toutes les communes qui le souhaiteront pourront récupérer ces compétences de proximité », expliquait-il à la presse. Et lorsqu’elles préfèrent, comme Marseille, ne pas les reprendre en gestion directe, il promet une gestion au plus près du territoire. « On peut imaginer que les anciens territoires se recréent, que nous mettions là-bas des antennes et que ces antennes fassent fonctionner, mieux qu’aujourd’hui, ces compétences de proximité », défend-il. Comme un retour à ce qui prévalait avant 2023, après pourtant une complexe réorganisation de l’administration. « Une Métropole à la carte, ce n’est pas un gros mot ! », défendait le président (DVD) du groupe des maires de Provence, Jean-Pascal Gournès.

    Restent les enjeux lourds du territoire, qui peuvent difficilement être découpés à la carte. Après avoir tardé à adopter son programme local de l’habitat, la construction de logements reste en-deçà des besoins, particulièrement pour le logement social, et la rénovation des copropriétés dégradées doit être lancée. Malgré l’adoption d’une feuille de route pour la réindustrialisation du golfe de Fos et de premiers chantiers sur la table, il reste encore 107 millions d’euros à trouver pour construire les équipements publics nécessaires. S’ajoutent encore les murs financiers attendus sur les transports ou les déchets, l’avenir très politique des délégations de service public de l’eau, de l’incinérateur de Fos ou du tunnel Prado-Carénage… « Pour être président de la Métropole, il faut être un peu maso », plaisantait Georges Cristiani.

  • Les femmes du Rojava à l’honneur du Nouvel an Kurde

    Les femmes du Rojava à l’honneur du Nouvel an Kurde

    Pour cette troisième séquence du festival Newroz, co-organisé par Solidarité et liberté Provence et le Collectif solidarité Kurdistan 13, c’est le Rojava, kurdistan syrien, qui était mis à l’honneur. Trois des coautrices de Nous vous écrivons depuis la révolution, paru en 2021 aux éditions Syllepse, sont venus raconter leur expérience au cœur de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie.

    Textes de réflexions, poèmes, contes, extraits de journaux intimes… L’ouvrage qu’elles présentent se compose d’écrits de « femmes internationalistes, mères, journalistes, militantes qui ont passé de quelques jours à plusieurs années [dans les rangs] de la révolution du Rojava ».

    Leur objectif : inviter lecteurs et lectrices à découvrir « le projet et la réalité des femmes de la Syrie du nord et de l’est qui, depuis 2012 [à l’époque, peu de temps après la guerre civile en Syrie, la majorité du Kurdistan syrien passe sous le contrôle des milices kurdes, Ndlr], travaillent minutieusement à la création de leurs structures autonomes ». Car le combat Kurde est aussi connu pour sa dimension profondément féministe, incarnée, notamment, par les Unités de défense de la femme (YPJ), organisation militaire exclusivement composée de femmes.

    « Vivre dans un système plus juste »

    « Ma première réelle prise de conscience sur les femmes au Kurdistan était en 2004, à l’occasion d’un reportage dans un camp d’entraînement, raconte Mireille Court, professeure d’anglais, journaliste pour Le Monde Diplomatique et co-autrice. J’ai remarqué une égalité totale entre les filles et les garçons. Il pouvait y avoir les filles qui fendaient le bois et les garçons qui faisaient le pain. Il n’y avait aucune différence, c’était vraiment l’égalité et ça m’avait énormément frappée. »

    Fille d’ouvriers syndicalistes et également co-autrice, Sarah Macha voit, elle, dans le mouvement kurde une grande source d’inspiration. « Quand j’ai compris quel était le projet politique et social du Kurdistan, porté par ces femmes, (…) ça a résonné énormément avec les recherches de ma génération à l’époque, retrace-t-elle. Cette volonté de vivre dans un système beaucoup plus juste, plus démocratique, dans lequel tous les peuples, les femmes, les jeunes (…) pourraient s’unir. Je pense que le Rojava a représenté ça aussi. »

    Marie, militante pour un Kurdistan libre et dernière co-autrice présente lors cette rencontre, a proposé une recontextualisation du conflit, toujours vif aujourd’hui.

  • Les syndicalistes de la flottille ont l’internationalisme au cœur

    Les syndicalistes de la flottille ont l’internationalisme au cœur

    Il y a du monde qui s’active le long du quai de la friche portuaire abandonnée du Rio, à l’ouest du quartier de l’Estaque. Une vingtaine de navires de plaisance arborant le drapeau palestinien l’ont quitté après escale samedi, cap vers la Sicile. Ils font partie de la flottille Thousand Madleen, dont le but est de briser le blocus organisé par l’armée israélienne à Gaza. « Mille Madleen », la traduction, est un hommage au navire éponyme qui participait à la flottille de la liberté, en 2025, intercepté en eaux internationales dont l’équipage avait été arrêté et détenu avant d’être expulsé d’Israël.

    « Engagés contre l’impérialisme »

    Les équipages sont composés de syndicalistes, militants d’associations et membres de partis politiques. À l’image d’Anouk Brunet, assistante d’éducation au collège Edgard-Quinet de Marseille et syndicaliste CGT Éduc’action : « C’est important de participer à cette initiative en tant que syndicat. » Elle souhaite « apporter un soutien à la communauté éducative sur place ».

    Idée similaire pour Denis Vemclefs, représentant l’Union départementale CGT de Seine-Saint-Denis : « Nous sommes engagés contre l’impérialisme et on soutient Gaza, dans le cadre de la solidarité internationale de la CGT. » L’UD CGT 93 a d’ailleurs financé le navire Nour, prenant part à la flottille, « en même temps que des panneaux solaires à Cuba », précise Denis Vemclefs. Pour ce dernier, « l’internationalisme n’a pas de frontières », et se dit aussi solidaire « du peuple libanais, congolais ou soudanais ».

    Lors de la conférence de presse de Thousand Madleen, la coordinatrice du mouvement Esther Le Cordier a affirmé que cette flottille était un « outil politique », comme celle de 2008. « Nous ne lâcherons rien jusqu’à l’autodétermination de la Palestine », promet-elle. Tout en appelant à des actions à terre contre « le génocide et les guerres impérialistes et coloniales ». L’étudiante à l’Ehess a remercié les habitants de l’Estaque pour « leur accueil et leur solidarité » indispensables. Marseille a répondu présent.

  • La CGT milite pour rouvrir le site d’Orange à Saint-Mauront

    La CGT milite pour rouvrir le site d’Orange à Saint-Mauront

    Les idées de l’extrême droite ne sont jamais du côté des travailleurs », indique une banderole de la Fédération des activités postales et de télécommunications (Fapt) CGT, placardée sur un portillon du site de l’entreprise Orange, dans le quartier de Saint-Mauront, à Marseille. « Nos derniers échanges avec la direction datent de vendredi. Ils restent sur leur position avec la fermeture définitive du site et envisagent trois nouveaux lieux, à la Joliette et à la Tour La Marseillaise », indique Olivier Neri, secrétaire général de la CGT Télécoms des Bouches-du-Rhône, à l’initiative d’un rassemblement, samedi 4 avril, pour la réouverture du site.

    Sur les 1 200 salariés qui y officiaient avant l’annonce de sa fermeture, début 2026, seule une trentaine de techniciens continuent de travailler sur place. Depuis cette date, « ils font venir les salariés du tertiaire, qui sont en télétravail, sur des sites de repli une fois par semaine, pour soi-disant maintenir la cohésion de groupe. Mais en réalité, tout le monde se plaint car ces sites ne sont pas adaptés », déplore le syndicaliste.

    La fermeture a été actée par l’entreprise de télécommunications, poussée par la médiatisation et l’instrumentalisation de faits de violence survenus à proximité du site fin 2025 : notamment de tirs à l’arme de poing sur la façade, fruit d’une lutte entre dealers. Un épisode qui ne visait pas du tout Orange ni ses salariés, comme la justice l’a tranché il y a une quinzaine de jours. Sans compter le fait qu’un sondage a révélé que « 60% des salariés veulent rester sur le site de Saint-Mauront », fait remarquer Guillaume Lamourette, secrétaire départemental CGT de la Fapt.

    Quartier encore délaissé

    « Si à chaque fois qu’il y a de l’insécurité, une entreprise ferme, il n’y en aura plus beaucoup d’ouvertes », estime Olivier Neri, qui ne peut que constater que cet événement « est tombé en plein pendant la campagne des élections municipales, où beaucoup de politiques sont venus se filmer ici ». Selon lui, la droite et surtout l’extrême droite se sont engouffrées dans ce jeu malsain pour « stigmatiser les quartiers populaires ». Aussi bien au mépris des salariés que des habitants, sans cesse relégués en marge de l’emploi et du lien social. Or, « Orange a une grande responsabilité dans le quartier ». Pas de quoi émouvoir la direction de l’entreprise, qui se refuse à tout commentaire sur ce point et répète que sa « priorité est la sécurité des salariés ». Pas de quoi, non plus, lever le doute selon lequel Orange aurait surfé sur la médiatisation des faits survenus sur le site de Saint-Mauront pour y réduire l’activité humaine à peau de chagrin. Afin d’y implanter des data-centers ? « On ne peut pas vous le confirmer », explique la direction à propos de ce site qu’elle juge « pérenne ».

  • Joël Guin ne rempilera pas à la tête de l’agglo du Grand Avignon

    Joël Guin ne rempilera pas à la tête de l’agglo du Grand Avignon

    Comme révélé ce vendredi après-midi par La Marseillaise, Joël Guin ne postule pas à un second mandat à la tête du Grand Avignon, dont l’élection se tiendra ce mercredi (9h30). Le maire (DVD) de Vedène l’a confirmé, en fin de journée, dans un entretien à La Provence. « Pendant la campagne des municipales, j’avais annoncé que je ne serai pas candidat à la présidence de l’agglo. Je me tiens à la parole donnée », justifie-t-il, tout en reconnaissant qu’il a fortement songé à concourir : « Il en a été question, car j’étais très sollicité par l’ensemble de mes collègues. » Sa candidature avortée était largement poussée par de nombreux maires, craignant une main mise d’Avignon et de son nouveau maire, Olivier Galzi (DVD), candidat à la présidence. Désormais, Joël Guin se pose même en soutien du représentant de la ville-centre, avec comme garde-fou que l’exécutif actuel reposant sur une vice-présidence pour chaque maire soit reconduit. « M. Galzi arrive avec une nouvelle dynamique. Depuis Marie-Josée Roig [95-2014], la ville-centre n’a pas dirigé l’agglo, aujourd’hui c’est une opportunité pour que ça revienne à la cité des papes », assume-t-il chez nos confrères. Sauf retournement de situation, ce renoncement offre un boulevard à Olivier Galzi.

  • [Entretien] Secours Populaire du Gard : « Ces jeunes peuvent vivre un moment unique »

    [Entretien] Secours Populaire du Gard : « Ces jeunes peuvent vivre un moment unique »

    La Marseillaise : C’est quoi le projet « Famille de Vacances » ?

    Luisa Benbouzid : Le projet Famille de Vacances, c’est un projet de mise en relation de familles ou de particuliers partout en France avec des enfants issus de milieux modestes qui n’ont pas la chance de pouvoir partir en vacances. Ces familles sont issues de tous horizons et parfois ont même déjà des enfants. Par exemple, en 2025, on a eu une famille qui avait déjà 3 enfants qui a accepté de recevoir un enfant du Secours populaire et qui revient encore cette année. En 2025, dans le Gard, nous avons réussi à loger 7 enfants dans 7 familles différentes. Pour 2026, on espère pouvoir en faire autant, voire peut-être même plus. Actuellement, on recherche des familles jusqu’au 8 avril pour finaliser les candidatures et pouvoir entrer en contact avec elles. Cette année, les deux créneaux de dates d’accueil des enfants par les familles sont du 15 au 29 juillet et du 29 juillet au 12 août.

    Qu’est-ce que ça représente ces vacances pour ces enfants ?

    L.B. : L’initiative Famille de Vacances, c’est une réelle échappatoire pour de nombreux jeunes dans le besoin. Une partie de ces enfants n’a jamais vraiment voyagé ou eu l’occasion de partir de chez eux. Pour certains, ils n’ont connu que les barres d’immeubles des grandes villes d’Île-de-France et ne connaissent pas la campagne ou d’autres espaces en France, c’est un dépaysement pour eux. Nous, on le ressent chaque année, à la fin du voyage, on récupère des enfants avec le sourire qui ont pu, grâce à ces familles, avoir un véritable moment de pause dans leur quotidien.

    Ça veut dire quoi devenir une famille d’accueil pour le Secours Populaire ?

    L.B. : Devenir famille d’accueil pour le Secours Populaire, ça veut avant tout dire être ouvert sur les autres. C’est pouvoir partager un moment d’échange unique avec des enfants issus de milieux populaires. Nous, dans le Gard, on reçoit surtout des enfants en provenance d’Île-de-France. Ces jeunes, grâce aux familles accompagnées par le Secours Populaire, peuvent vivre un moment unique et souvent intergénérationnel.

    Propos recueillis par Thomas Bonnel

  • Quand le recours à la justice devient payant

    Quand le recours à la justice devient payant

    Vous souhaitez contester un licenciement, dénoncer du harcèlement, demander un rappel de salaire  ? Ou vous voulez engager une procédure pour un problème lié à un divorce, une pension alimentaire, un droit de garde, une succession ou un litige de la consommation ? Il faudra désormais mettre la main à la poche.

    La loi de finances pour 2026 instaure en effet le paiement d’un forfait de 50 euros pour toute saisine du conseil de prud’hommes ou du tribunal judiciaire. Entrée en vigueur le 1er mars, cette mesure présentée comme une contribution à l’aide juridictionnelle a été contestée devant le Conseil constitutionnel, qui l’a toutefois validée en s’appuyant notamment sur l’exemption dont font l’objet les bénéficiaires de l’aide juridictionnelle. Lesquels ne représentent toutefois qu’une part réduite de la population…

    « Cela contribue à une défiance des citoyens »

    Ce n’est pas la première fois qu’une telle contribution est mise en place. « Le droit d’entrée pour l’accès à la justice est un serpent de mer », soupire Maxime Delchambre, co-président du SAF (Syndicat des avocats de France) de Montpellier. Un timbre de 35 euros avait en effet déjà été instauré de 2011 à 2013, supprimé en 2014 à l’initiative de la garde des Sceaux de l’époque Christiane Taubira. Une baisse de 13 % du nombre de saisines dans les contentieux de faibles montants avait alors été constatée.

    « Cette mesure rompt l’égalité des justiciables devant la justice : si on a beaucoup d’argent ce sera indolore, mais si on en a peu, 50 euros c’est une somme », dénonce Maxime Delchambre. « Freiner l’accès à la justice n’est pas le bon moyen de désengorger les tribunaux. On décourage les citoyens de se tourner vers elle. C’est dangereux, encore plus aujourd’hui dans un climat où les gens se sentent délaissés », poursuit l’avocat montpelliérain. « Il faut au contraire allouer des moyens supplémentaires à une justice qui en a grand besoin depuis des années ».

    Un point de vue partagé par Bertrand Lacabanne, vice-président CGT du Conseil des prud’hommes de Sète : « le service public de la justice est de plus en plus détérioré. Et au lieu de donner des moyens aux conseils des prud’hommes, le gouvernement essaie de limiter au maximum le nombre d’affaires en décourageant les gens d’engager une procédure », dénonce-t-il. « Cette contribution est inadmissible, car elle pèse sur les épaules de travailleurs déjà fragilisés par leur situation au travail, avec des situations financières parfois catastrophiques. Certains viennent chercher des salaires qui ne leur sont pas versés et on leur demande de payer pour accéder à leur droit ! », s’indigne-t-il. Un coup de canif supplémentaire dans la justice du travail, dont l’accès est rendu de plus en plus difficile. Depuis 2016, il faut en effet déposer une requête motivée, accompagnée de son bordereau et des pièces remises au greffe. « Avant, un salarié pouvait saisir lui-même le conseil de prud’hommes par voie orale ou sur papier libre. Ce nouveau mode de saisine peut dissuader, car cela devient très difficile de le faire sans avocat  », rapporte Bertrand Lacabanne. À cela s’ajoute la baisse du délai de prescription pour contester son licenciement (5 ans en 2008, 2 ans en 2013 puis 1 an depuis 2017) et surtout l’entrée en vigueur du « barème Macron » (2017), qui a conduit à une baisse drastique de l’indemnisation obtenue par les salariés, les grands perdants étant ceux ayant une faible ancienneté. Le résultat est là : en 10 ans (2013-2023), le nombre de saisines des conseils de prud’hommes a été quasiment divisé par deux…

    L’association de consommateurs UFC Que Choisir se joint à ce front de contestation, dénonçant elle aussi « une mesure qui va décourager encore davantage les personnes en proie à des”petits” litiges et inciter un certain nombre de professionnels à ne pas répondre à des demandes légitimes de leurs clients parce qu’ils se disent : ils n’iront pas jusqu’au tribunal parce qu’il faut payer  », estime Claude Gaubert, de l’UFC Que Choisir Montpellier. « Ça contribue à une défiance des citoyens vis-à-vis de la justice, qui leur paraît de plus en plus inaccessible. »