{"id":7844,"date":"2025-10-23T06:51:00","date_gmt":"2025-10-23T04:51:00","guid":{"rendered":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/?p=7844"},"modified":"2025-11-12T16:44:53","modified_gmt":"2025-11-12T14:44:53","slug":"ambrogiani-aux-avant-postes-de-la-couleur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/2025\/10\/23\/ambrogiani-aux-avant-postes-de-la-couleur\/","title":{"rendered":"Ambrogiani aux avant-postes de la couleur"},"content":{"rendered":"<div class=\"paragraph\">\n<p>Des ouvriers du livre \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans les anciennes rotatives de <i>La<\/i><i>\u00a0<\/i><i>Marseillaise<\/i>, des ramasseurs de lavande aux reflets chatoyants au pied du Ventoux&#8230; Humaines et chaleureusement color\u00e9es, nombreuses sont les toiles aux senteurs d\u2019une \u00e9poque h\u00e9las r\u00e9volue, qui ont marqu\u00e9 les esprits sous le pinceau ou le couteau de l\u2019autodidacte Pierre Ambrogiani.<\/p>\n<p>Rien ne pr\u00e9destinait pourtant ce facteur, issu d\u2019une famille modeste d\u2019Ajaccio, \u00e0 basculer dans les ann\u00e9es 1920-1930 dans le monde des arts \u00e0 Marseille, avant de devenir l\u2019une des figures de la peinture proven\u00e7ale du XX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle. Enfin, presque. \u00c7a serait oublier le bagout et le d\u00e9sir \u00e9mancipateur harnach\u00e9s \u00e0 cet homme qui d\u00e9marra comme porteur de d\u00e9p\u00eaches \u00e0 la Poste Colbert, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 13 ans.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"intext\"> R\u00e9volutionnaire\n              <\/div>\n<div class=\"paragraph\">\n<p>Avant de mordre dans la couleur, Pierre Ambrogiani se fait les dents en r\u00e9alisant, dans les ann\u00e9es 1920, des statuettes satiriques en argile color\u00e9e, indiquait l\u2019historien <a href=\"https:\/\/www.lamarseillaise.fr\/societe\/robert-mencherini-l-histoire-au-cur-JH17989981\">Robert Mencherini, disparu en avril dernier<\/a>, dans la revue num\u00e9ro\u00a011 de Promemo, association travaillant sur la m\u00e9moire du monde ouvrier en Provence. Des d\u00e9buts indissociables de l\u2019\u00e9quipe des <a href=\"https:\/\/www.lamarseillaise.fr\/culture\/antoine-serra-prolo-marseillais-devenu-maitre-du-mouvement-CL9379235\">Peintres prol\u00e9tariens, dont il faisait partie, cr\u00e9\u00e9e sous l\u2019impulsion d\u2019Antoine Serra<\/a>. \u00ab\u00a0<i>Des peintres qui se situent du c\u00f4t\u00e9 de la classe ouvri\u00e8re, peignent des paysages d\u2019usines, des portraits d\u2019ouvriers, de vagabonds&#8230;<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb, situait en 2021, pour <i>La<\/i><i>\u00a0<\/i><i>Marseillaise<\/i>, Robert Mencherini.<\/p>\n<p>La mont\u00e9e en puissance de ce groupe artistique et politique co\u00efncide avec l\u2019av\u00e8nement du Front Populaire, en 1936. Aux c\u00f4t\u00e9s de ses camarades de l\u2019association des \u00e9crivains et artistes r\u00e9volutionnaires, proche du Parti communiste fran\u00e7ais, Pierre Ambrogiani accompagne la fondation de la deuxi\u00e8me Maison de la culture en France, juste apr\u00e8s celle de Paris, au 68\u00a0rue Sainte (voir entretien ci-contre). Inaugur\u00e9e par le po\u00e8te Louis Aragon, elle verra passer \u00ab\u00a0<i>des conf\u00e9renciers prestigieux comme Andr\u00e9 Malraux, qui viendra y parler de la R\u00e9volution espagnole ou de la gr\u00e8ve des Asturies<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb. La guerre d\u2019Espagne fait d\u2019ailleurs l\u2019objet du num\u00e9ro de d\u00e9cembre\u00a01936 du mensuel <i>Peuple et culture<\/i>, li\u00e9 \u00e0 la Maison de la culture, avec des dessins de Pierre Ambrogiani. Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de cette revue, Paul Meier, fera \u00e0 l\u2019\u00e9poque part de sa d\u00e9fiance vis-\u00e0-vis de \u00ab\u00a0<i>l\u2019art dit populaire, cet art de vulgarit\u00e9 et de m\u00e9diocrit\u00e9, l\u2019art sirupeux des Tino Rossi que la bourgeoisie a impos\u00e9 au prol\u00e9tariat pour mieux l\u2019endormir, l\u2019humilier, l\u2019avilir. Nous repoussons aussi bien la pr\u00e9tendue culture des singes de salon que l\u2019idiotie navrante et la vulgarit\u00e9<\/i>\u00a0\u00bb. Le journaliste interpellait ensuite les lecteurs\u00a0: \u00ab\u00a0<i><span class=\"mln_uppercase_mln\">n<\/span><\/i><i>e peignez-vous pas ou n\u2019avez-vous la tentation de peindre, et alors ne voulez-vous pas venir travailler avec ces peintres d\u00e9j\u00e0 excellents qui sont sortis eux-m\u00eames des rangs du prol\u00e9tariat et qui s\u2019appellent Serra, Ambrogiani, Toncini ? Ils sont l\u00e0 et vous attendent.<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"intext\"> \u00ab\u00a0Ambro\u00a0\u00bb le fils des fauves\n              <\/div>\n<div class=\"paragraph\">\n<p>Non loin de ce temple des belles heures de la culture populaire, se trouve alors l\u2019atelier de celui que l\u2019on surnomme \u00ab\u00a0Ambro\u00a0\u00bb, sur le Cours d\u2019Estienne d\u2019Orves, avant de s\u2019installer en 1943 sur le quai de Rive neuve. Jusque dans les ann\u00e9es 1970, u<a href=\"https:\/\/www.lamarseillaise.fr\/culture\/a-partir-de-1944-la-marseillaise-cree-la-nouvelle-boheme-OELM058350\">ne zone d\u2019effusion culturelle o\u00f9 fourmillent peintres, sculpteurs, po\u00e8tes, photographes et journalistes, <\/a>que certains appelleront \u00ab\u00a0la bande du P\u00e9ano\u00a0\u00bb, du nom du bar-restaurant de la place. Le quartier g\u00e9n\u00e9ral de la boh\u00e8me marseillaise qui y refait le monde.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<i>Ambrogiani est de son temps. La puissance d\u2019expression de ses dessins nous d\u00e9passe. Son imagination est tr\u00e8s grande, trop grande pour nous<\/i>\u00a0\u00bb, confessera m\u00eame Antoine Serra. \u00ab\u00a0<i>Il a \u00e9t\u00e9 influenc\u00e9 par Ren\u00e9 Seyssaud, qui utilisait des couleurs tr\u00e8s fortes et contrast\u00e9es. Ambrogiani allait souvent le retrouver pour peindre dans son atelier du c\u00f4t\u00e9 du mont Ventoux. <\/i><i><span class=\"mln_uppercase_mln\">\u00e0<\/span><\/i><i> sa mort, son corps a d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 au cimeti\u00e8re de Sault<\/i>\u00a0\u00bb, rappelle Maya Garcia, guide et responsable de la librairie du mus\u00e9e Regards de Provence, qui compte des \u0153uvres telles qu\u2019une <i>All\u00e9gorie de la Provence<\/i> de 4\u00a0m de long, ou <i>Le Cap Canaille \u00e0 Cassis<\/i>. \u00ab\u00a0<i>Ambrogiani faisait une sorte de corps \u00e0 corps avec la toile. M\u00eame quand il peint une bouillabaisse, on a l\u2019impression que le poisson va sortir de la surface de la toile. Tel un ma\u00e7on, il prenait sa truelle ou son couteau et envoyait la mati\u00e8re. Il n\u2019\u00e9tait pas avare en peinture<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb, sourit-elle en pensant \u00e0 cet artiste qui r\u00e9p\u00e9tait souvent \u00ab<i>\u00a0<\/i><i>je r\u00eave de peindre avec les couleurs du soleil<\/i>\u00a0\u00bb, note Andr\u00e9 Alauzen dans <i>La vie et l\u2019\u0153uvre de Pierre Ambrogiani <\/i>(1985).<\/p>\n<p>Homme aux multiples amiti\u00e9s, dont celles de Giono, Pagnol ou du po\u00e8te Axel Toursky, un gouailleur et bon vivant dont la \u00ab\u00a0<i>silhouette massive<\/i>\u00a0\u00bb et \u00ab<i>\u00a0<\/i><i>joviale<\/i>\u00a0\u00bb a marqu\u00e9 le cours d\u2019Estienne d\u2019Orves, rapporte <i>La<\/i><i>\u00a0<\/i><i>Marseillaise<\/i> au lendemain de sa mort, survenue le 23\u00a0octobre 1985, apr\u00e8s de longues ann\u00e9es \u00e0 lutter contre la maladie. L\u2019ancien R\u00e9sistant et critique d\u2019art Jean Bouret \u00e9crira m\u00eame \u00e0 son sujet\u00a0: \u00ab\u00a0<i><span class=\"mln_uppercase_mln\">u<\/span><\/i><i>n Phoc\u00e9en parfum d\u2019anis flotte autour de ses toiles faites de grands \u00e9clats rocheux aux couleurs des Maures ou de l\u2019Esterel. Combattant de la lumi\u00e8re pure comme les fau<\/i><i>ves dont il est le fils turbulent, Ambrogiani garde un sens de la vie truculent et sonore. Comme il ne s\u2019est pas fait aux \u00e9coles, notre peintre fleure bon la libert\u00e9, celle de Courbet, le grand bonhomme.<\/i>\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Des ouvriers du livre &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre dans les anciennes rotatives de La&nbsp;Marseillaise, des ramasseurs de lavande aux reflets chatoyants au pied du Ventoux&#8230; Humaines et chaleureusement color&eacute;es, nombreuses sont les toiles &#8230;","protected":false},"author":1,"featured_media":7845,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[32],"tags":[313,10,465,328,2459,3230,126,1660,16,920,1079,1263,97,502,191,895,2146,51,3231],"news-destination":[],"news-source":[475],"is_homepage":[],"ta_other":[],"class_list":["post-7844","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-culture","tag-art","tag-bouches-du-rhone","tag-communistes","tag-engagement","tag-histoire-de-lart","tag-jean-giono","tag-la-marseillaise","tag-marcel-pagnol","tag-marseille","tag-memoire","tag-militantisme","tag-militants","tag-patrimoine","tag-peinture","tag-politique","tag-provence","tag-sculpture","tag-societe","tag-toursky","news-source-website"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7844","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7844"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7844\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7846,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7844\/revisions\/7846"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7845"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7844"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7844"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7844"},{"taxonomy":"news-destination","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/news-destination?post=7844"},{"taxonomy":"news-source","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/news-source?post=7844"},{"taxonomy":"is_homepage","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/is_homepage?post=7844"},{"taxonomy":"ta_other","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/ta_other?post=7844"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}