{"id":4321,"date":"2025-09-21T11:06:00","date_gmt":"2025-09-21T09:06:00","guid":{"rendered":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/?p=4321"},"modified":"2025-09-25T01:19:08","modified_gmt":"2025-09-24T23:19:08","slug":"une-exposition-de-liliane-giraudon-a-propos-des-detours-et-des-sentiers-de-la-creation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/2025\/09\/21\/une-exposition-de-liliane-giraudon-a-propos-des-detours-et-des-sentiers-de-la-creation\/","title":{"rendered":"Une exposition de Liliane Giraudon \u00e0 propos des d\u00e9tours et des sentiers de la cr\u00e9ation"},"content":{"rendered":"<div class=\"real_text\">\n<p><p>Osons l&rsquo;&eacute;crire d&rsquo;embl&eacute;e. L&rsquo;exposition qui s&rsquo;ouvre en fin de journ&eacute;e au Cipm est foisonnante, d&eacute;concertante, g&eacute;n&eacute;reuse et radicale. Difficile &agrave; saisir quand on conna&icirc;t mal les codes et des enjeux de la po&eacute;sie des 40 derni&egrave;res ann&eacute;es, quand on a rarement crois&eacute; les livres de cette autrice n&eacute;e dans le Vaucluse, habitante de Marseille, pas loin de la Place Castellane, depuis 1981.<\/p>\n<p>Cette inqui&eacute;tude se dissipe quand on se laisse surprendre par deux grands formats de ce parcours, le dispositif en fond de salle de trois calicots &agrave; propos des luttes et des identit&eacute;s f&eacute;ministes, ainsi qu&rsquo;un enchev&ecirc;trement de lettres rouges et noires trac&eacute;es en m&eacute;moire de l&rsquo;am&eacute;ricaine Mina Loy. On parie qu&rsquo;avec sa po&eacute;tique franchement visuelle, l&rsquo;&oelig;uvre de Liliane Giraudon attirera de plus jeunes g&eacute;n&eacute;rations qui l&rsquo;appr&eacute;henderont &agrave; leur fa&ccedil;on. Dessiner, griffonner avec de l&rsquo;humour, tenter d&rsquo;&eacute;claircir un instant de vie avec des signes sur une page, Jean Dubuffet et Fr&eacute;d&eacute;ric Pajak estiment que c&rsquo;est &agrave; la port&eacute;e de tous.<\/p>\n<p>Sous vitrines et sur les murs, voici les ateliers et les chambres d&rsquo;&eacute;cho d&rsquo;une &eacute;crivaine. Ces vagues changeantes de signes qui d&eacute;ferlent volontiers, ce sont des sursauts et des &eacute;toilements, une sorte de murmure continu : on osera penser que c&rsquo;est &agrave; la fois minuscule et monumental. On aper&ccedil;oit un hommage &agrave; Robert Walser tram&eacute; avec un ami dessinateur, Jean-Jacques Ceccarelli, des calligrammes et des carnets de journaux intimes. Quand on scrute les balafres d&rsquo;un crayon de couleur, des traits d&rsquo;ironie, des moments de r&eacute;volte, l&rsquo;humour noir ou bien la crudit&eacute; de tel ou tel manuscrit, on comprend &agrave; quel point les recherches d&rsquo;une &eacute;crivaine peuvent devenir &eacute;nigmatiques, souterraines et clandestines. Certaines fois subversives ou bien scandaleuses.<\/p>\n<\/p>\n<p>Po&eacute;sies visuelles<br \/>et f&eacute;minismes<\/p>\n<p>On revoit aussi avec des sommaires incroyablement vari&eacute;s, une revue des ann&eacute;es 1980, Banana Split, d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment pauvre, encoll&eacute;e rapidement, sommairement imprim&eacute;e avec une photocopieuse. On se rappelle que Liliane Giraudon qui fut avec son compagnon de vie Jean-Jacques Viton (1923-2021) la responsable de ce p&eacute;riodique du &laquo; <i>po&eacute;tariat international<\/i> &raquo;, racontait &laquo; <i>avoir mis dans cette revue l&rsquo;&eacute;nergie d&rsquo;une tenanci&egrave;re de bordel<\/i><i> <\/i>&raquo;. Plus loin, sur un autre panneau on voit des photographies de Laurent Goumarre et de Marc-Antoine Serra, ou bien on suit en boucle un montage filmique de Robert Cantarella.<\/p>\n<p>Aper&ccedil;ues sur la photographie de cet article, quatre personnes sont les responsables de cette exposition. Liliane Giraudon a grandement aid&eacute; la commissaire de l&rsquo;&eacute;v&eacute;nement, C&eacute;cile Marie-Castanet tout en lui laissant le soin d&rsquo;investiguer pendant plusieurs mois afin d&rsquo;aiguiser les mat&eacute;riaux et les transitions du parcours. On remercie pour leur forte implication Giulia Camin et Micha&euml;l Batalla qui compl&egrave;tent cette pr&eacute;sentation avec quelques-unes des pr&eacute;cieuses ressources en livres et documents de la biblioth&egrave;que du Cipm.<\/p>\n<p>Pens&eacute;e sans besoin d&rsquo;unit&eacute;, cette exposition circule parmi les complicit&eacute;s de plusieurs &eacute;poques d&rsquo;une vie. On ne se focalise pas sur les embard&eacute;es de Liliane Giraudon, ses vracs et ses chances, sa &laquo; rage &raquo; ou sa &laquo; rabia &raquo;, dirait Pasolini. La visite ne sera jamais exhaustive, on reviendra r&eacute;v&eacute;ler la prochaine fois un nouveau fil d&rsquo;Ariane, ainsi qu&rsquo;un nouveau labyrinthe. Un arpenteur comme Michel de Certeau aurait appr&eacute;ci&eacute;, on emprunte des lignes d&rsquo;erre dont le d&eacute;nouement reste al&eacute;atoire.<\/p>\n<p>Pour sa part, dans le droit fil des choix de Paul Otchakovsky-Laurens d&eacute;c&eacute;d&eacute; en 2018, le directeur des &eacute;ditions Pol qui sera pr&eacute;sent pour l&rsquo;inauguration de cette exposition, Fr&eacute;d&eacute;ric Boyer, interrog&eacute; au t&eacute;l&eacute;phone, place tr&egrave;s haut dans son catalogue l&rsquo;&oelig;uvre de Liliane Giraudon : en imm&eacute;diate proximit&eacute; avec des auteurs comme Christian Prigent et Dominique Fourcade. Fid&egrave;le &agrave; ses luttes de la fin des ann&eacute;es 1970, cette &eacute;crivaine continue de muer, &laquo; <i>rencontre des urgences, les catastrophes les plus contemporaines<\/i><i> <\/i>&raquo;. Ses livres sont &agrave; la fois provocateurs et sinc&egrave;res. Elle traverse des textes anciens, la mythologie de l&rsquo;amazone Penth&eacute;lis&eacute;e qui d&eacute;chire Achille, la tristesse et les violences de plusieurs deuils, la modernit&eacute; comme la souhaitaient Reverdy et Gertrude Stein. &laquo; <i>La chose rare, <\/i>ajoute Fr&eacute;d&eacute;ric Boyer,<i> c&rsquo;est que de plus jeunes g&eacute;n&eacute;rations, pas seulement les queers, la lisent passionn&eacute;ment<\/i> &raquo;.<\/p>\n<p><b><span class=\"mln_small-caps_mln\"><\/span><\/b><\/p>\n<p><i>Vernissage exposition Madame himself &amp; l&rsquo;humour po&eacute;tasse, Cipm, samedi de 18 &agrave; 21h. Programme de la soir&eacute;e, entr&eacute;e libre, Mallarm&eacute; Memory Boat, performance sonore d&rsquo;Alessandro Bosetti et Liliane Giraudon et La po&eacute;sie inflammable a-t-elle un go&ucirc;t<\/i><i> <\/i><i>? performance culinaire de Ryoko Sekiguch<\/i><\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Osons l&rsquo;&eacute;crire d&rsquo;embl&eacute;e. L&rsquo;exposition qui s&rsquo;ouvre en fin de journ&eacute;e au Cipm est foisonnante, d&eacute;concertante, g&eacute;n&eacute;reuse et radicale. 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