{"id":42732,"date":"2026-09-17T08:04:00","date_gmt":"2026-09-17T06:04:00","guid":{"rendered":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/?p=42732"},"modified":"2026-09-20T12:09:23","modified_gmt":"2026-09-20T10:09:23","slug":"une-jungle-dans-nos-jardins","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/2026\/09\/17\/une-jungle-dans-nos-jardins\/","title":{"rendered":"Une jungle dans nos jardins"},"content":{"rendered":"<div class=\"paragraph\">\n<p>Une t\u00eate d\u2019\u00e9pingle, un cerveau minuscule et pourtant des capacit\u00e9s qui pourraient faire bugger certaines intelligences artificielles. C\u2019est avec les abeilles que Marie-Genevi\u00e8ve Guiraud travaille au quotidien. Chercheuse postdoctorale \u00e0 AMU et au CNRS, sp\u00e9cialiste de la neurocognition des insectes, elle \u00e9tudie leurs visions et leurs capacit\u00e9s d\u2019apprentissage.<\/p>\n<p>Mais pour raconter les insectes, la scientifique ne s\u2019est pas tourn\u00e9e vers un autre laboratoire. Elle a appel\u00e9 son p\u00e8re, photographe naturaliste. Deux regards diff\u00e9rents, r\u00e9unis dans une m\u00eame exposition\u00a0: \u00ab\u00a0Pollinisateurs\u00a0: regards crois\u00e9s entre science et photographie\u00a0\u00bb. But affich\u00e9\u00a0: comprendre le r\u00f4le des insectes dans les \u00e9cosyst\u00e8mes et leurs capacit\u00e9s cognitives.<\/p>\n<p><i><b>De la th\u00e8se \u00e0 la macrophotographie<\/b><\/i><\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019origine de cette collaboration, il y a une histoire familiale. Lorsque Marie-Genevi\u00e8ve Guiraud commence sa th\u00e8se, \u00e0 Londres, elle doit r\u00e9guli\u00e8rement pr\u00e9parer des pr\u00e9sentations scientifiques. Il lui faut des images. Son p\u00e8re, passionn\u00e9 de nature, commence alors \u00e0 faire de la macrophotographie pour r\u00e9pondre \u00e0 ses besoins.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<i>Mon p\u00e8re, c\u2019est un po\u00e8te<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb, raconte-t-elle. Un homme qui passe beaucoup de temps dehors \u00e0 observer les paysages, les animaux et les insectes. Aujourd\u2019hui, selon sa fille, il est \u00ab\u00a0au top de son art\u00a0\u00bb avec la collection pr\u00e9sent\u00e9e dans le cadre du festival.<\/p>\n<p>Derri\u00e8re cette complicit\u00e9 familiale se cache aussi une volont\u00e9 scientifique\u00a0: rendre visible ce que l\u2019on ne regarde pas. Car les insectes souffrent d\u2019un paradoxe. Ils sont partout, mais restent largement m\u00e9connus. La chercheuse rappelle que les insectes repr\u00e9sentent une part consid\u00e9rable de la biomasse et alerte sur leur d\u00e9clin. Elle \u00e9voque notamment une diminution de 75\u00a0% sur les quinze derni\u00e8res ann\u00e9es. Un constat qui, selon elle, reste difficile \u00e0 mesurer pour le grand public.<\/p>\n<p><i><b>Quand les abeilles d\u00e9fient l\u2019intelligence artificielle<\/b><\/i><\/p>\n<p>Pour Marie-Genevi\u00e8ve Guiraud, changer le regard passe d\u2019abord par la familiarit\u00e9. \u00ab\u00a0<i>On a plus tendance \u00e0 vouloir prot\u00e9ger ce qu\u2019on conna\u00eet mieux<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb, explique-t-elle. Les chiens et les chats nous sont familiers. Les insectes, beaucoup moins.<\/p>\n<p>Pourtant, derri\u00e8re leurs centaines de milliers de neurones se cachent des capacit\u00e9s surprenantes. En moins d\u2019une trentaine d\u2019essais, les abeilles peuvent reconna\u00eetre des visages humains et les g\u00e9n\u00e9raliser \u00e0 d\u2019autres. Une performance que la chercheuse compare \u00e0 celle des IA, qui n\u00e9cessitent selon elle des centaines d\u2019images pour apprendre.<\/p>\n<p>\u00c0 Marseille, cette d\u00e9couverte du monde minuscule prend aussi une dimension locale. L\u2019exposition entend mettre en lumi\u00e8re les esp\u00e8ces pr\u00e9sentes dans la r\u00e9gion, notamment l\u2019abeille noire, et rappeler la richesse des \u00e9cosyst\u00e8mes des Calanques. Pour la chercheuse, il s\u2019agit de montrer que la biodiversit\u00e9 n\u2019est pas une r\u00e9alit\u00e9 lointaine\u00a0: elle se trouve aussi \u00ab\u00a0<i>autour de chez nous<\/i>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Au fond, le duo p\u00e8re-fille ne cherche pas seulement \u00e0 montrer de beaux insectes. Il cherche \u00e0 provoquer un r\u00e9flexe\u00a0: celui de s\u2019arr\u00eater, d\u2019observer et de s\u2019\u00e9merveiller \u00ab\u00a0<i>comme quand on est enfant<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb.<\/p>\n<p>Sarah A\u00eft Ouazzi<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"paragraph\">\n<p><b>\u00catre(S) li\u00e9<\/b><\/p>\n<p>Tisser des liens. Entre l\u2019humain et l\u2019animal. Entre la science et la soci\u00e9t\u00e9. Entre les \u00e9tudiants et le public. Tel est l\u2019objectif de l\u2019exposition collective \u00ab \u00catre(s) li\u00e9 \u00bb organis\u00e9e par Lalie Chassaigne et No\u00e9mie Raskin, stagiaires au sein de la Mission Interdisciplinaire d\u2019Aix-Marseille Universit\u00e9. En collaboration avec le programme d\u2019Engagement \u00c9tudiant, ce projet a r\u00e9uni neuf \u0153uvres de la communaut\u00e9 universitaire qui seront expos\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 demain, au forum du Mucem. Au printemps 2026, une question s\u2019invite dans toutes les bo\u00eetes mail des \u00e9tudiants et du personnel d\u2019amU : \u00ab Comment d\u00e9finiriez-vous votre lien \u00e0 l\u2019animal ? \u00bb. Cet appel \u00e0 projet artistique propose \u00e0 chacun d\u2019y r\u00e9pondre selon le support de son choix. Lalie et No\u00e9mie, \u00e9tudiantes en Master de M\u00e9diation Scientifique, re\u00e7oivent alors une vingtaine de photos, illustrations, collages et textes qui tentent \u00e0 leur mani\u00e8re de qualifier cette relation. Les th\u00e8mes sont vari\u00e9s et offrent une grande diversit\u00e9 de regards pos\u00e9s sur le vivant qui nous entoure.<\/p>\n<p>Tania Carde Bernheim Le Coeur<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Une t&ecirc;te d&rsquo;&eacute;pingle, un cerveau minuscule et pourtant des capacit&eacute;s qui pourraient faire bugger certaines intelligences artificielles. 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