{"id":39348,"date":"2026-08-14T08:36:00","date_gmt":"2026-08-14T06:36:00","guid":{"rendered":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/?p=39348"},"modified":"2026-08-21T08:11:15","modified_gmt":"2026-08-21T06:11:15","slug":"le-camp-de-gis-de-calas-une-memoire-a-faire-vivre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/2026\/08\/14\/le-camp-de-gis-de-calas-une-memoire-a-faire-vivre\/","title":{"rendered":"Le camp de GI\u2019s de Calas, une m\u00e9moire \u00e0 faire vivre"},"content":{"rendered":"<div class=\"paragraph\">\n<p>Une v\u00e9ritable ville dans un village. En 1944, apr\u00e8s le d\u00e9barquement de Provence, l\u2019image prend tout son sens \u00e0 Calas. Alors que le hameau compte 400\u00a0habitants, des milliers de soldats am\u00e9ricains investissent le plateau de l\u2019Arbois, au \u00ab<i>\u00a0<\/i><i>Calas Staging Area<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb. Sur 750\u00a0hectares, ce camp, aujourd\u2019hui \u00e0 cheval sur Cabri\u00e8s, Vitrolles et Aix-en-Provence, devient une ville \u00e9ph\u00e9m\u00e8re\u00a0: baraquements, h\u00f4pital, bureaux de poste, terrains de sport ou encore th\u00e9\u00e2tres. Jusqu\u2019en 1947, plus de deux millions de soldats y transitent.<\/p>\n<p>\u00ab<i>\u00a0<\/i><i>Sa proximit\u00e9 avec Marseille, la typologie et l\u2019immensit\u00e9 du plateau en faisaient un lieu bien adapt\u00e9<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb, explique Sylvie Cenci, adjointe \u00e0 la culture et au patrimoine de Cabri\u00e8s. La fonction de cette base arri\u00e8re est double. \u00ab\u00a0<i>L\u2019accueil des GI\u2019s <\/i>[les soldats am\u00e9ricains, Ndlr.]<i> qui arrivaient du d\u00e9barquement et repartaient faire la jonction avec l\u2019arm\u00e9e de Normandie.<\/i> <i>Puis la remise en forme des soldats pour repartir sur le front du Pacifique<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb<i>, <\/i>d\u00e9taille l\u2019\u00e9lue.<\/p>\n<p>Une partie du site accueille \u00e9galement le camp de prisonniers CCPWE 404, principalement destin\u00e9 aux soldats allemands. Mais la vie sur place ne se r\u00e9sume pas qu\u2019aux mouvements de troupes. \u00ab<i>\u00a0<\/i><i>Il y avait plusieurs th\u00e9\u00e2tres dont un en plein air o\u00f9 Marl\u00e8ne Dietrich et Mickey Rooney sont venus chanter et danser pour les GIs<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb<i>,<\/i> raconte Sylvie Cenci.<\/p>\n<p>Une vie am\u00e9ricaine qui ne reste pas compl\u00e8tement coup\u00e9e de celle des habitants de Calas. Les t\u00e9moignages r\u00e9colt\u00e9s depuis \u00e9voquent des \u00e9changes essentiellement commerciaux. Mais lorsque les soldats repartent, cette ville improvis\u00e9e dispara\u00eet presque aussi vite qu\u2019elle \u00e9tait apparue. \u00ab<i>\u00a0<\/i><i>Il reste peu de vestiges, surtout quelques dalles de b\u00e9ton. Tout le reste avait \u00e9t\u00e9 construit en mat\u00e9riaux faciles \u00e0 enlever. Une fois partis, les Am\u00e9ricains ont enterr\u00e9 \u00e9norm\u00e9ment de choses<\/i>\u00a0\u00bb, rappelle l\u2019adjointe. Reste parmi les quelques \u00e9l\u00e9ments encore pr\u00e9sents, une cabine de projection, aujourd\u2019hui totalement dissimul\u00e9e par la v\u00e9g\u00e9tation.<\/p>\n<p>Pour qui ne conna\u00eet pas l\u2019histoire du lieu, difficile alors d\u2019imaginer qu\u2019il a accueilli des millions d\u2019hommes et constitu\u00e9 pendant plusieurs ann\u00e9es une v\u00e9ritable ville am\u00e9ricaine. Le peu de vestiges nourrit pourtant, encore aujourd\u2019hui, les recherches de passionn\u00e9s. Aixois, Christian Pastore d\u00e9couvre le camp de Calas alors qu\u2019il est enfant, dans les ann\u00e9es 1960, lors de promenades r\u00e9guli\u00e8res sur le plateau de l\u2019Arbois.<i> <\/i>\u00ab<i>\u00a0<\/i><i>Avec ma s\u0153ur on jouait souvent au ballon pr\u00e8s des dalles en b\u00e9ton et il m\u2019est arriv\u00e9 de trouver des plaques, les &#8220;dog tags&#8221;, avec l\u2019identit\u00e9 des soldats am\u00e9ricains pass\u00e9s par l\u00e0<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb, se souvient-il.<\/p>\n<p>Des d\u00e9cennies plus tard, avec l\u2019arriv\u00e9e d\u2019Internet, Christian Pastore entreprend de retrouver les familles de ces soldats. Gr\u00e2ce aux noms et matricules inscrits sur les plaques, puis un long travail de g\u00e9n\u00e9alogie men\u00e9 en \u00e9cumant les archives de l\u2019arm\u00e9e am\u00e9ricaine, il parvient \u00e0 leur restituer une dizaine de \u00ab\u00a0dog tags\u00a0\u00bb. \u00ab<i>\u00a0<\/i><i>\u00c7a met la chair de poule de savoir que vous redonnez une part de l\u2019identit\u00e9 d\u2019un soldat \u00e0 sa famille<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb, s\u2019\u00e9meut-il.<i> <\/i>En 2023, il signe <i>Le<\/i><i>\u00a0<\/i><i>camp am\u00e9ricain<\/i>, ouvrage consacr\u00e9 \u00e0 ses recherches sur le site de Calas. Une mani\u00e8re pour le retrait\u00e9 de \u00ab<i>\u00a0<\/i><i>faire conna\u00eetre l\u2019histoire ce camp encore trop peu connu<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb<i>. <\/i><i><\/i><\/p>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"intext\"> Pr\u00e9server les derni\u00e8res traces\n              <\/div>\n<div class=\"paragraph\">\n<p>Le paradoxe est d\u00e9sormais l\u00e0\u00a0: alors que le camp a accueilli des millions d\u2019hommes, ses traces sont devenues extr\u00eamement discr\u00e8tes. Et cette discr\u00e9tion explique aussi pourquoi son histoire reste encore largement m\u00e9connue. \u00ab<i>\u00a0<\/i><i>Il n\u2019y a pas encore eu de fouilles arch\u00e9ologiques parce que, pendant tr\u00e8s longtemps, ce camp \u00e9tait extr\u00eamement m\u00e9connu, pour ne pas dire inconnu<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb, souligne Sylvie Cenci.<\/p>\n<p>Cette m\u00e9connaissance a toutefois laiss\u00e9 le champ libre au pillage. \u00ab<i>\u00a0<\/i><i>Des gens ont d\u00e9terr\u00e9 des m\u00e9dailles<\/i>,<i> des paquets de clopes, des grenades. Certains arrivaient m\u00eame avec des mini tractopelles pour sonder le sol<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb<i>, <\/i>pointe l\u2019\u00e9lue.<i> <\/i>Face au risque de voir dispara\u00eetre les derniers t\u00e9moins mat\u00e9riels, la question de la valorisation du site devient centrale.<\/p>\n<p>Avec le consulat am\u00e9ricain, les archives d\u2019Aix-en-Provence et le principal propri\u00e9taire des terrains, la commune de Cabri\u00e8s continue de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 l\u2019avenir du site. L\u2019id\u00e9e d\u2019un lieu de comm\u00e9moration existe, mais sa r\u00e9alisation est complexe\u00a0: \u00ab\u00a0<i>Quoi que ce soit qu\u2019on puisse imaginer, \u00e7a co\u00fbterait des millions d\u2019euros et repr\u00e9senterait un travail colossal notamment parce que le foncier a consid\u00e9rablement \u00e9t\u00e9 morcel\u00e9 depuis la guerre<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb<i>, <\/i>constate Sylvie Cenci. Mais \u00ab<i>\u00a0<\/i><i>construire quelque chose autour de ce camp est une id\u00e9e qu\u2019on ne veut pas du tout mettre de c\u00f4t\u00e9<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb, conclut-elle.<i><\/i><\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Une v&eacute;ritable ville dans un village. En 1944, apr&egrave;s le d&eacute;barquement de Provence, l&rsquo;image prend tout son sens &agrave; Calas. 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