{"id":3773,"date":"2025-08-23T13:38:00","date_gmt":"2025-08-23T11:38:00","guid":{"rendered":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/?p=3773"},"modified":"2025-09-16T16:04:02","modified_gmt":"2025-09-16T14:04:02","slug":"lecture-le-malheur-nattend-pas-le-nombre-des-annees","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/2025\/08\/23\/lecture-le-malheur-nattend-pas-le-nombre-des-annees\/","title":{"rendered":"[Lecture] Le malheur n\u2019attend pas le nombre des ann\u00e9es"},"content":{"rendered":"<div class=\"real_text\">\n<p><p>&laquo; Gabriella, les jeunes de la Cit&eacute; Radieuse, un homme qui part en fum&eacute;e et une jeune fille qui s&rsquo;&eacute;vapore&#8230; &raquo; Telle est l&rsquo;aventure dans laquelle <i>La<\/i><i> <\/i><i>Marseillaise<\/i> vous embarque chaque week-end pour d&eacute;couvrir un extrait d&rsquo;un des romans de la Fille du Poulpe &eacute;crit par Lucile Debaille. Ils signent le retour du Poulpe<br \/>&#8211; personnage phare de la litt&eacute;rature noire des ann&eacute;es 90 et 2000 &#8211; aux &eacute;ditions Moby Dick.<\/p>\n<p>Pour l&rsquo;id&eacute;ologie elle serait plut&ocirc;t redevable &agrave; Pedro et Gabriel, ses &laquo; mentors &raquo; mais toujours avec tact, sans arrogance. Bref, Gabriella ignore que Saadi fut un immense po&egrave;te persan, mais elle ne voit pas du tout comment la Pologne s&rsquo;int&eacute;grerait dans cette identit&eacute;. &laquo; Phon&eacute;tiquement, &ccedil;a ne le fait pas&#8230; &raquo; pense Gabriella, une intuitive. Une photo de la victime d&eacute;voile un beau jeune homme un peu sombre, aux cheveux blonds tr&egrave;s courts, au visage encore poupin et aux l&egrave;vres pulpeuses, gourmandes. Une gourmandise &agrave; jamais inutile d&eacute;sormais. La vie est pass&eacute;e pour Saadi. Il y eut donc quelques ann&eacute;es dans la L&eacute;gion, le sens de &laquo; l&rsquo;honneur et de la fid&eacute;lit&eacute; &raquo;, puis cette interruption involontaire de son engagement&#8230; Et enfin son inscription &agrave; l&rsquo;&Eacute;cole, qui devait changer son existence et tragiquement y mettre un terme. De nombreuses empreintes ont pu &ecirc;tre relev&eacute;es, malgr&eacute; la d&eacute;solation, dans le repaire de ce jeune homme m&eacute;ticuleux, qui ne recevait jamais personne, sauf Sara, sa s&oelig;ur de c&oelig;ur, son amoureuse platonique (sentiment non r&eacute;ciproque de la part de la jeune fille pour son &laquo; fr&egrave;re &raquo;), ce qui ne le g&ecirc;nait en rien. D&rsquo;une part, il &eacute;tait peu port&eacute; sur le sexe. D&rsquo;autre part Sara a toujours clam&eacute; &laquo; se r&eacute;server &raquo; pour l&rsquo;homme qu&rsquo;elle aimera d&rsquo;amour, un seul. Le p&egrave;re de ses enfants. Il est d&rsquo;ailleurs impensable qu&rsquo;il soit gadjo, &eacute;tranger &agrave; la communaut&eacute; des gens du voyage. Une vraie gitane<\/p>\n<p>Sara. Cette jeune flamboyante poss&egrave;de ce don de transfigurer la vie. Celle de Saadi, entre autres, en fut chang&eacute;e. Seulement voil&agrave; que tout se complique : le d&eacute;c&egrave;s reste inexpliqu&eacute; et Sara, logiquement localisable puisqu&rsquo;elle vit &agrave; proximit&eacute; avec ses deux fr&egrave;res, a disparu. Pas facile d&rsquo;identifier un ancien l&eacute;gionnaire au pr&eacute;nom persan, aux origines polonaises, n&eacute; sous X. Et que l&rsquo;Administration, dans sa b&ecirc;tise, son indiff&eacute;rence, sa terrible cruaut&eacute; a d&rsquo;ailleurs enregistr&eacute; ainsi. Piotr X, pour identit&eacute; initiale. On comprend qu&rsquo;il ait eu envie de s&rsquo;en d&eacute;barrasser ! Assez malais&eacute; &eacute;galement de suivre un feu follet comme Sara, toujours en mouvement, jamais &agrave; court d&rsquo;id&eacute;es, d&rsquo;un r&eacute;alisme variable. Un couple presque fusionnel pourtant, pr&eacute;cise l&rsquo;entourage, en d&eacute;pit de leurs diff&eacute;rences fondamentales. On sait d&eacute;j&agrave; par les commentateurs, non sollicit&eacute;s d&rsquo;ailleurs, qu&rsquo;il lui apprit &agrave; se poser, &agrave; se canaliser. Elle lui enseigna le sourire, la joie<\/p>\n<p>innocente de l&rsquo;instant. Oui, cela vaut bien un couple, tout compte fait. Le t&eacute;l&eacute;phone de Gabriella vibre, en mode &laquo; silence &raquo;. Toujours, dans les lieux publics. Peu &eacute;duqu&eacute;e Gabriella mais d&eacute;licate. C&rsquo;est Gabriel. <\/p>\n<p>&mdash; Salut, ma louloute ! Dans quel pays voyages-tu<\/p>\n<p>sur le r&eacute;seau en ce moment, &Eacute;quateur ? Gabriel sait que &laquo; sa fille &raquo; y envisage un ambitieux projet &eacute;cologique, le r&ecirc;ve de sa vie.<\/p>\n<p>&mdash; Et non ! Je suis dans le sud de la France, figure-toi. Enfin virtuellement, sinon je d&eacute;jeune &agrave; la SainteScolasse. Mais j&rsquo;irais bien faire un tour &agrave; Marseille, un jour ! Pas toi ? <\/p>\n<p>&mdash; Je connais par c&oelig;ur, ma belle ! <\/p>\n<p>&mdash; En fait, je lisais un article sur un incendie qui vient de se produire dans les quartiers Nord. <\/p>\n<p>&mdash; Oui, un incendie criminel volontaire. Un mort. <\/p>\n<p>&mdash; Ah, bon ? Je trouve que tu boucles un peu vite<\/p>\n<p>l&rsquo;affaire ? Je te connais plus prudent. <\/p>\n<p>&mdash; Je ne la boucle pas. Bien au contraire, je l&rsquo;ouvre. &mdash; Bon, on en reparle mon Gaby&#8230; On est en train<\/p>\n<p>de m&rsquo;apporter mon Falafel aux herbes et je vais recommander un verre. <\/p>\n<p>&mdash; Quand je pense qu&rsquo;ils proposaient de si bons<\/p>\n<p>pieds de porc, soupire Gabriel. <\/p>\n<p>&mdash; La prochaine fois, on viendra d&eacute;guster la sp&eacute;cialit&eacute; mensuelle ensemble. OK ? Une tuerie ! Tu ne vas pas en revenir. Gabriel conna&icirc;t. Il ne dit rien. Elle est si heureuse de lui proposer quelque chose. Mais juste avant de raccrocher : <\/p>\n<p>&mdash; Gaby, cette histoire &agrave; Marseille, tu crois que c&rsquo;est vraiment int&eacute;ressant, m&ecirc;me (ou alors justement &laquo; parce que &raquo;) tout le monde s&rsquo;en fout au fond ?<\/p>\n<p>&mdash; Tu sais, j&rsquo;ai atteint un &acirc;ge o&ugrave; tout m&rsquo;int&eacute;resse et tout m&rsquo;&eacute;tonne. Alors oui, pour moi, c&rsquo;est int&eacute;ressant. Cette population de jeunes l&rsquo;est d&eacute;j&agrave;. L&rsquo;exp&eacute;rience p&eacute;dagogique aussi. Les journalistes ne s&rsquo;y sont pas tromp&eacute;s.<\/p>\n<p> &mdash; Tu suis aussi leur &laquo; blog &raquo; ? <\/p>\n<p>&mdash; &Ccedil;a m&rsquo;arrive. Je garde un &oelig;il dessus. Le Parisien avait fait un article sur cet &eacute;tablissement, &agrave; sa cr&eacute;ation, je crois bien. Tu vois, on a parfois les m&ecirc;mes lectures !<\/p>\n<p>Mais pas les m&ecirc;mes films, je sais&#8230; ajoute-t-il, espi&egrave;gle. .<\/p>\n<\/p>\n<p><i><span class=\"mln_uppercase_mln\">Chapitre 3<\/span><\/i><\/p>\n<\/p>\n<p>&mdash; Madame, c&rsquo;est quand qu&rsquo;on nous construit la piscine ? <\/p>\n<p>Sit&ocirc;t pass&eacute; le portail, o&ugrave; veille d&rsquo;ailleurs, dans sa loge, un agent de s&eacute;curit&eacute; 24 heures sur 24 (la Direction &eacute;tant bienveillante mais pas t&eacute;m&eacute;raire), on tombe sur un bel espace circulaire o&ugrave; tr&ocirc;ne un vieil olivier entour&eacute; de lavandins. Il y aurait la place pour la construction d&rsquo;un bassin, en effet. <\/p>\n<p>&mdash; Oh, Amine, tu te crois o&ugrave; ? Au Club Med ? r&eacute;pond &laquo; Madame &raquo;.<\/p>\n<p>On ne dit plus &laquo; Mademoiselle &raquo; et leur maman est souvent si jeune&#8230; <\/p>\n<p>&mdash; Vous avez la chance d&rsquo;&ecirc;tre dans un magnifique lieu de formation pour vous occuper de vous, vous consacrer &agrave; votre avenir. Un v&eacute;ritable petit campus &agrave; l&rsquo;am&eacute;ricaine, bien plus beau que la plupart des endroits o&ugrave; nous avons fait nos &eacute;tudes, je peux vous l&rsquo;assurer ! 10 000 m2 de b&acirc;ti, des pierres, des poutres magnifiques, une verri&egrave;re, par laquelle la lumi&egrave;re entre &agrave; profusion (le bruit de la pluie aussi, en cas d&rsquo;orage !). Quatre hectares de parc, une infrastructure &agrave; faire p&acirc;lir d&rsquo;envie, et &ndash; disons-le &ndash; pour certains de jalousie&#8230;<\/p>\n<p> &mdash; Et ben ! &Ccedil;a co&ucirc;te cher l&rsquo;&eacute;ducation persiflent-ils ! <\/p>\n<p>&mdash; Et l&rsquo;ignorance, donc ! leur r&eacute;pond-on. <\/p>\n<p>Les &eacute;quipements sportifs sont remarquables : un vrai terrain de foot, un gymnase, des appareils plut&ocirc;t sophistiqu&eacute;s et m&ecirc;me le seul mur d&rsquo;escalade des quartiers Nord. On a r&eacute;cemment ajout&eacute; une salle d&rsquo;armes, car un formateur (de maths), escrimeur, a propos&eacute; une initiation gracieuse &agrave; son art. Une Fondation d&rsquo;entreprise a offert le mat&eacute;riel n&eacute;cessaire. Alors, l&rsquo;&Eacute;cole accueille chaque semaine, non seulement ses propres activit&eacute;s mais celles de petits centres sociaux alentour, avec un public plus jeune. Ainsi se veut-on ouvert sur l&rsquo;environnement le plus largement possible, toutes g&eacute;n&eacute;rations confondues. On y a r&eacute;cemment organis&eacute; un concours de p&eacute;tanque, avec &laquo; le club des V&eacute;t&eacute;rans Boulistes &raquo; voisin. Un succ&egrave;s, mais surtout de grandes parties de fou-rires pour les protagonistes, les jeunes plut&ocirc;t maladroits face aux joueurs exp&eacute;riment&eacute;s. Amine n&rsquo;&eacute;coute plus grand-chose mais sourit de toutes &laquo; ses dents du bonheur &raquo; qui, souhaitons-le, lui porteront chance. D&rsquo;ailleurs, il ignore ce que sont les m&egrave;tres carr&eacute;s, les hectares&#8230; Le centre social, il conna&icirc;t depuis sa petite enfance. La piscine ? Ils en parlent entre eux, mais, &agrave; l&rsquo;instant, c&rsquo;&eacute;tait pour taquiner Madame.<\/p>\n<p>Il est rare de ne pas s&rsquo;appeler par son pr&eacute;nom (m&ecirc;me entre apprenants et enseignants), mais &laquo; Madame &raquo; n&rsquo;est pas inscrite parmi les stagiaires. Son jeune &acirc;ge pourrait l&rsquo;y inclure, si sa trajectoire n&rsquo;&eacute;tait autre. &laquo; Madame &raquo;, c&rsquo;est Cl&eacute;mence, la fille du pharmacien local. Son p&egrave;re, franco-marocain a fait ses &eacute;tudes &agrave; Marseille, sa m&egrave;re, bretonne, a pass&eacute; alors un dipl&ocirc;me de pr&eacute;paratrice en pharmacie. Ils &eacute;taient jeunes, amoureux. Elle a ainsi pu aider professionnellement son mari. Une petite fille est n&eacute;e : Samia-Cl&eacute;mence. Plus tard, celle-ci a choisi le second pr&eacute;nom, fran&ccedil;ais. Bien s&ucirc;r, m&ecirc;me si elle &eacute;tait attir&eacute;e par cette &Eacute;cole atypique, presque en face de la pharmacie paternelle, il n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; question qu&rsquo;elle l&rsquo;int&egrave;gre. Les parents exigeaient le bac. Elle l&rsquo;a obtenu du premier coup. Ensuite, elle s&rsquo;est inscrite &agrave; la Facult&eacute; de Psycho &agrave; Aix-en-Provence. Nous sommes en mars et elle y a mis les pieds trois fois. Elle n&rsquo;aime pas Aix, est d&eacute;&ccedil;ue par la discipline choisie et manque d&rsquo;enthousiasme et d&rsquo;autonomie pour suivre ce parcours. Alors, apr&egrave;s quelques mois d&rsquo;inactivit&eacute; &agrave; peu pr&egrave;s totale, son p&egrave;re a &eacute;lev&eacute; la voix. <\/p>\n<p>&mdash; Tu vas trouver un truc, n&rsquo;importe quoi &agrave; faire, ou je t&rsquo;exp&eacute;die au Maroc. Au moins du aideras Mamie, qui s&rsquo;occupe de tes jeunes cousins et commence &agrave; &ecirc;tre fatigu&eacute;e.<\/p>\n<p>C&rsquo;est la menace r&eacute;currente. Pourtant Casa est une bien belle ville, mais Cl&eacute;mence se sent fran&ccedil;aise. &Agrave; l&rsquo;exception de Kader, le pharmacien, ses deux s&oelig;urs et son fr&egrave;re sont rest&eacute;s sur place, y ont fond&eacute; leur famille et les deux parents travaillent. Alors, la grand-m&egrave;re est mise &agrave; contribution. Elle r&acirc;le, mais cajole les petits et les nourrit avec un sourire qui en dit long sur sa satisfaction et sa fiert&eacute; personnelles. Bon, pour Cl&eacute;mence : niet ! Pas question. Sa vie est en France, elle l&rsquo;a toujours revendiqu&eacute;. Alors, comme elle est titulaire du BAFA, jeune et sportive, elle a pos&eacute; sa candidature &agrave; l&rsquo;&Eacute;cole pour accompagner les s&eacute;quences &laquo; Sports et d&eacute;couvertes &raquo; : de la ville, du Mucem, de la voile&#8230; Tout le monde la connaissait d&eacute;j&agrave;. Elle adore les enfants et dispense une grande douceur (Est-ce la sonorit&eacute; du pr&eacute;nom ?). Elle a &eacute;t&eacute; accept&eacute;e d&rsquo;embl&eacute;e comme intervenante et assure aujourd&rsquo;hui trois cr&eacute;neaux hebdomadaires. L&rsquo;un avec des stagiaires de l&rsquo;&Eacute;cole, les deux autres avec des enfants plus jeunes, qui b&eacute;n&eacute;ficient ainsi de ces &eacute;quipements et de l&rsquo;encadrement. Bien des aspects &ndash; financiers en particulier &ndash; sont violemment critiqu&eacute;s par des opposants politiques. Mais les jeunes semblent si &eacute;panouis&#8230; Et <i>La Marseillaise<\/i> soutient ; un s&eacute;rieux coup de pouce. Cette exception locale ne cesse d&rsquo;ailleurs pas de surprendre : ni r&eacute;els conflits, ni clans, une cohabitation relativement souple des communaut&eacute;s, en d&eacute;pit d&rsquo;un certain durcissement r&eacute;cent : les jeunes femmes en particulier sont de plus en plus agressives et peuvent en venir aux mains pour des histoires amoureuses le plus souvent. D&rsquo;une fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;affrontement religieux non plus, m&ecirc;me si les musulmans du Maghreb se m&eacute;fient de ceux de Mayotte, les maghr&eacute;bins et les gitans n&rsquo;ont pas de connivence spontan&eacute;e, chacun fr&eacute;quente ses bars, ses lieux, donne rendez-vous sur &laquo; sa &raquo; place&#8230; Et tous manifestent une certaine d&eacute;fiance vis-&agrave;-vis de ceux d&rsquo;en ville, comme ils nomment les jeunes r&eacute;sidant au centre, soup&ccedil;onn&eacute;s d&rsquo;arrogance. La communaut&eacute; des pays de l&rsquo;Est inspirerait plut&ocirc;t un respect prudent, nourri de crainte. Depuis maintenant plus d&rsquo;une d&eacute;cennie, aucune bagarre s&eacute;rieuse n&rsquo;a &eacute;clat&eacute; : pas d&rsquo;opposition id&eacute;ologique, de nature religieuse ou politique. Quand les mots manquent, la pens&eacute;e aussi&#8230; Pas de guerre des gangs, pas de gang d&rsquo;ailleurs. Tous les jeunes sont volontaires pour suivre ce parcours. Certains, il est vrai, s&rsquo;inscrivent par opportunit&eacute;, en attente de leur proc&egrave;s, et disparaissent sit&ocirc;t leur libert&eacute; retrouv&eacute;e. Les entr&eacute;es sont permanentes et les sorties individuelles, au gr&eacute; des circonstances, la meilleure &eacute;tant la signature d&rsquo;un CDI. Il faut pr&eacute;ciser qu&rsquo;ils ne lisent aucun journal, sauf quand on y voit leur photo, ne regardent que le sport &agrave; la t&eacute;l&eacute;vision, surtout le foot, et sont donc indiff&eacute;rents, &eacute;loign&eacute;s de toute sorte d&rsquo;influence directe, hormis celle des r&eacute;seaux. R&eacute;cemment, un &eacute;v&eacute;nement atypique a, contre toute attente, capt&eacute; leur attention. Un nouvel inscrit parlait aram&eacute;en. Personne ne savait de quoi il s&rsquo;agissait (y compris plusieurs formateurs&#8230;).Un pr&eacute;texte &agrave; une plong&eacute;e dans l&rsquo;Histoire liturgique, qui a sembl&eacute; int&eacute;resser tout le monde. M&ecirc;me Sara, peu port&eacute;e sur les &eacute;tudes. Elle danse le flamenco &agrave; merveille, est &eacute;blouissante de gr&acirc;ce et d&rsquo;expressivit&eacute;, mais n&rsquo;appr&eacute;cie vraiment que le Fran&ccedil;ais et surtout l&rsquo;atelier th&eacute;&acirc;tre. Elle se pr&eacute;sente parfois aux castings de petites productions, de s&eacute;ries r&eacute;gionales et d&eacute;croche quelques jours de figuration. Elle aime cette ambiance de tournage, cette pagaille tr&egrave;s contr&ocirc;l&eacute;e et bien s&ucirc;r les maigres revenus que cela lui assure. Mais elle r&ecirc;ve d&rsquo;avoir une phrase &agrave; dire ; pas grand-chose : une phrase ! Elle est d&rsquo;ailleurs aussi expansive et bavarde que son ami Saadi se montre discret. Ils doivent avoir rendez-vous car il est post&eacute; &agrave; la sortie de l&rsquo;atelier th&eacute;&acirc;tre, &agrave; droite de la porte, immobile et droit comme un I, v&ecirc;tu de beige et chauss&eacute; de Rangers fort chaudes pour la saison.<\/p>\n<p>&mdash; Le cours finit dans dix minutes lui pr&eacute;cise Cl&eacute;mence, qui tente d&rsquo;&eacute;changer avec lui, pour se rapprocher de Sara ; celle-ci la fascine mais semble superbement l&rsquo;ignorer.<\/p>\n<p>&mdash; Tu sais bien que je suis toujours &agrave; l&rsquo;heure. C&rsquo;est-&agrave;-dire en avance. On ne peut qu&rsquo;&ecirc;tre en avance ou en retard. Moi, je suis en avance.<\/p>\n<p>Il porte, roul&eacute; sur l&rsquo;&eacute;paule gauche et enserr&eacute; dans une patte de sa chemise, le b&eacute;ret de la L&eacute;gion, accessoire dont il ne se s&eacute;pare jamais. Cela intrigue mais le jeune homme d&eacute;courage spontan&eacute;ment toute question. On ne sait trop pourquoi, il inspire une id&eacute;e de droiture et de sagesse, sans doute en raison de sa maturit&eacute; sup&eacute;rieure &agrave; celle du public qui l&rsquo;entoure. Il ne se montre jamais p&eacute;dant, mais s&rsquo;est autoris&eacute;, un jour, une citation du po&egrave;te homonyme : &laquo; L&rsquo;exc&egrave;s de s&eacute;v&eacute;rit&eacute; produit la haine. L&rsquo;exc&egrave;s d&rsquo;indulgence affaiblit l&rsquo;autorit&eacute;. <\/p>\n<p><i><span class=\"mln_uppercase_mln\">&#8230; &agrave;<\/span><\/i><i> suivre<\/i><\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"&laquo;&nbsp;Gabriella, les jeunes de la Cit&eacute; Radieuse, un homme qui part en fum&eacute;e et une jeune fille qui s&rsquo;&eacute;vapore&#8230;&nbsp;&raquo; Telle est l&rsquo;aventure dans laquelle La&nbsp;Marseillaise vous embarque chaque &#8230;","protected":false},"author":1,"featured_media":1672,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[32],"tags":[572,1293,1294],"news-destination":[],"news-source":[475],"is_homepage":[],"ta_other":[],"class_list":["post-3773","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-culture","tag-france","tag-lecture","tag-roman","news-source-website"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3773","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3773"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3773\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3774,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3773\/revisions\/3774"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1672"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3773"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3773"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3773"},{"taxonomy":"news-destination","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/news-destination?post=3773"},{"taxonomy":"news-source","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/news-source?post=3773"},{"taxonomy":"is_homepage","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/is_homepage?post=3773"},{"taxonomy":"ta_other","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/ta_other?post=3773"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}