{"id":37505,"date":"2026-07-25T14:00:00","date_gmt":"2026-07-25T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/?p=37505"},"modified":"2026-07-25T14:20:19","modified_gmt":"2026-07-25T12:20:19","slug":"portrait-marina-lafon-borelli-comment-naviguer-entre-xviiie-et-xxie-siecles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/2026\/07\/25\/portrait-marina-lafon-borelli-comment-naviguer-entre-xviiie-et-xxie-siecles\/","title":{"rendered":"[Portrait] Marina Lafon-Borelli : comment naviguer entre XVIIIe et XXIe si\u00e8cles ?"},"content":{"rendered":"<div class=\"paragraph\">\n<p>Dans sa vie quotidienne, depuis les baies vitr\u00e9es d\u2019un appartement situ\u00e9 dans un immeuble de Fernand Pouillon qui prend vue sur le Vieux-Port et le flanc droit de l\u2019h\u00f4tel de ville, Marina Lafon se sait chanceuse et privil\u00e9gi\u00e9e. Une m\u00e8re infirmi\u00e8re qui l\u2019orienta vers la m\u00e9decine, un p\u00e8re italien avec un anc\u00eatre qui v\u00e9cut longtemps en \u00c9gypte, les deux branches de son arbre g\u00e9n\u00e9alogique ont fait d\u2019elle une h\u00e9riti\u00e8re\u00a0: la collection de fa\u00efences qu\u2019elle rassemble depuis quatre d\u00e9cennies est surd\u00e9termin\u00e9e par son entourage. Dans le discours de son introduction en 2020 \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie de Marseille, Daniele Giraudy a racont\u00e9 comment sa famille l\u2019avait f\u00e9licit\u00e9e pour l\u2019une de ses incartades. En 1977, apr\u00e8s la soutenance de sa th\u00e8se de M\u00e9decine qui explore les Conditions de travail des \u00e9goutiers de Marseille, sa grand-m\u00e8re lui offrait trois somptueuses assiettes, des jet\u00e9es de fleurs et des insectes de la Veuve Perrin.<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 de sa m\u00e8re, ses ascendants, des Grecs de Constantinople \u00e9tablis \u00e0 Marseille au d\u00e9but du XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, \u00e9taient des banquiers polyglottes ou bien des entrepreneurs. Son arri\u00e8re-grand-p\u00e8re, Polype Zafiropoulo fut le commissaire de la section peinture de l\u2019Exposition coloniale de 1906. Il habitait jusqu\u2019en 1943, pr\u00e8s du cours Puget, au 13 rue Edouard-Delanglade, un h\u00f4tel particulier lourdement am\u00e9nag\u00e9. On l\u2019aper\u00e7oit derri\u00e8re les grilles d\u2019une cour pav\u00e9e, Marina Lafon a d\u00e9crit son int\u00e9rieur dans le num\u00e9ro\u00a0255 de la revue Marseille. Des photos de 1908 en sont t\u00e9moins, on trouvait dans cet espace un curieux concentr\u00e9 de signes d\u2019opulence et de distinction\u00a0: des tapisseries de Flandres et d\u2019Aubusson, des meubles de haute \u00e9poque, des toiles de Monticelli et Gustave Ricard, des assiettes de Saint-Jean du D\u00e9sert, un cache-p\u00f4t de Th\u00e9odore Deck.<\/p>\n<p>Zafiropoulo avait pour ami l\u2019Abb\u00e9 Arnaud Daniel qui \u00e9crivit un livre de premi\u00e8re importance \u00e0 propos de Moustiers. De m\u00eame, les meilleurs chercheurs de notre \u00e9poque, Daniele Maternati-Baldouy et R\u00e9gis Bertrand se sont associ\u00e9s \u00e0 l\u2019exposition de cet \u00e9t\u00e9, Fa\u00efence et D\u00e9votion dont elle est la commissaire. En d\u00e9pit de son confort, des flots de la lumi\u00e8re du Vieux-Port et de la simplicit\u00e9 de sa cuisine, son appartement n\u2019est pas r\u00e9solument moderne, \u00ab\u00a0<i>les choses changent pour que rien ne change<\/i>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><b>En amont du Tricentenaire de l\u2019Acad\u00e9mie<\/b><\/p>\n<p>Sa profuse et remarquable collection ressemble \u00e0 ce qu\u2019on peut savoir, via des donations et le march\u00e9 de l\u2019art, \u00e0 propos des prestigieuses collections proven\u00e7ales de la famille des banquiers Jourdan-Barry ou bien d\u2019une sp\u00e9cialiste de la fa\u00efence comme Marguerite Desquelles. On y trouve plus de 200\u00a0pi\u00e8ces, des polychromies, des cama\u00efeux verts et des liser\u00e9s de mangan\u00e8se, quatre vases bleus et blancs qui appartenaient \u00e0 Jules Charles-Roux, des objets un brin insolites, des surtouts de table, des plats \u00e0 barbe ou des chaufferettes. Souci de discr\u00e9tion implique de ne pas d\u00e9tailler un article paru \u00e0 propos de ces objets dans Connaissance des Arts en janvier 2024, par exemple le surgissement d\u2019une chemin\u00e9e d\u2019usine sur une toile qui ponctue finement le bonheur qui se vivait \u00e0 l\u2019Estaque en 1918.<\/p>\n<p>Chacun sera libre de trouver luxueuse et d\u00e9su\u00e8te, ou bien savoureusement orient\u00e9e cette collection. Par-del\u00e0 ces clivages faiblement productifs, les propositions de Marina Lafon sont autrement int\u00e9ressantes. L\u2019un de ses plus vifs souhaits est de mieux faire percevoir du c\u00f4t\u00e9 des fa\u00efences, un centre artistique majeur, l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me d\u2019un \u00e2ge d\u2019or qui forgea avant la R\u00e9volution un segment cons\u00e9quent de la r\u00e9putation multiculturelle du Vieux-Port\u00a0: d\u2019un c\u00f4t\u00e9, des artisans cr\u00e9atifs et des dirigeants de manufactures inventifs comme les Clerissy, Pierrette Candeloup et Joseph Fauchier, de l\u2019autre des bourgeois et des aristocrates convaincus dans toute l\u2019Europe de l\u2019excellence des productions de Marseille et de Moustiers.<\/p>\n<p>Depuis qu\u2019elle a quitt\u00e9 la M\u00e9decine du Travail, Marina Lafon m\u00e8ne une seconde vie pleine d\u2019\u00e9nergie, d\u2019\u00e9rudition, d\u2019enthousiasme et de fantaisie. Au mus\u00e9e Bor\u00e9ly elle dirige un Fonds de dotation qui coordonne les pr\u00e9cieux achats d\u2019une centaine de m\u00e9c\u00e8nes priv\u00e9s. En tant que pr\u00e9sidente pendant deux ans de l\u2019Acad\u00e9mie de Marseille, ses capacit\u00e9s de dialogue et de diplomatie auront permis de d\u00e9ployer pour le Tricentenaire de cette institution les pr\u00e9mices d\u2019une partition dont l\u2019un des points forts est pr\u00e9cis\u00e9ment la probl\u00e9matique de son exposition du mus\u00e9e Notre-Dame de la Garde.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"paragraph\">\n<p><b><span class=\"mln_small-caps_mln\"><\/span><\/b><\/p>\n<p><i>\u00ab<\/i><i>\u00a0<\/i><i>Fa\u00efence et D\u00e9votion<\/i><i>\u00a0<\/i><i>\u00bb, mus\u00e9e de la Basilique Notre-Dame de la Garde, jusqu\u2019au 22<\/i><i>\u00a0<\/i><i>novembre, tous les jours de 9h \u00e0 17h.<\/i><\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Dans sa vie quotidienne, depuis les baies vitr&eacute;es d&rsquo;un appartement situ&eacute; dans un immeuble de Fernand Pouillon qui prend vue sur le Vieux-Port et le flanc droit de l&rsquo;h&ocirc;tel de ville, Marina Lafon se sait chanceuse et &#8230;","protected":false},"author":1,"featured_media":37506,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[32],"tags":[1881,1059,5503,10,4196,2459,16,153,3233,97,335,988,2001],"news-destination":[],"news-source":[475],"is_homepage":[],"ta_other":[],"class_list":["post-37505","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-culture","tag-artisanat","tag-arts","tag-borely","tag-bouches-du-rhone","tag-collectionneur","tag-histoire-de-lart","tag-marseille","tag-musee","tag-notre-dame-de-la-garde","tag-patrimoine","tag-portrait","tag-week-end","tag-weekend","news-source-website"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/37505","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=37505"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/37505\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":37507,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/37505\/revisions\/37507"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/media\/37506"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=37505"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=37505"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=37505"},{"taxonomy":"news-destination","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/news-destination?post=37505"},{"taxonomy":"news-source","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/news-source?post=37505"},{"taxonomy":"is_homepage","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/is_homepage?post=37505"},{"taxonomy":"ta_other","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/ta_other?post=37505"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}