{"id":36846,"date":"2026-07-20T07:56:00","date_gmt":"2026-07-20T05:56:00","guid":{"rendered":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/?p=36846"},"modified":"2026-07-20T10:03:21","modified_gmt":"2026-07-20T08:03:21","slug":"cest-lete-avignon-off-de-farouches-volontes-a-ne-pas-suivre-les-regles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/2026\/07\/20\/cest-lete-avignon-off-de-farouches-volontes-a-ne-pas-suivre-les-regles\/","title":{"rendered":"[C\u2019est l\u2019\u00e9t\u00e9] Avignon Off : de farouches volont\u00e9s \u00e0 ne pas suivre les r\u00e8gles"},"content":{"rendered":"<div class=\"intext\"> Pays Bonheur\n              <\/div>\n<div class=\"paragraph\">\n<p>Thierry Pina ferme le troisi\u00e8me volet d\u2019une trilogie d\u2019Emmanuel Darley. Apr\u00e8s <i>Qui va l\u00e0<\/i>, et <i>Le mardi \u00e0 Monoprix<\/i>, il donne la parole \u00e0 un homme d\u2019ailleurs qui esp\u00e8re \u00e9chapper \u00e0 sa vie mis\u00e9rable et atteindre un \u00e9den o\u00f9 la vie serait plus douce. Il conna\u00eetra la cruaut\u00e9, l\u2019inconfort absolu, la peur viss\u00e9e au ventre. Avec <i>Pays Bonheur<\/i> Thierry de Pina affirme sa d\u00e9termination artistique\u00a0: s\u2019engager dans une lutte sans merci pour une humanit\u00e9 meilleure en dehors de toute id\u00e9ologie, de toute ambition politique. Utopie\u00a0? Sans doute pas\u00a0: tous ses spectacles voyagent d\u2019un \u00e9tablissement scolaire \u00e0 l\u2019autre, d\u2019associations humanitaires \u00e0 d\u2019autres lieux improbables. Dans ce <i>Pays bonheur<\/i> il montre d\u2019autres facettes de son talent. Il se lance dans la composition de personnages odieux et cupides\u00a0: les passeurs, un chef de chantier peu scrupuleux&#8230; Il r\u00e9ussit \u00e0 donner chair et \u00e2me \u00e0 des individus qu\u2019on croirait sortis d\u2019un film d\u2019\u00e9pouvante. Il traque la r\u00e9alit\u00e9, mais ne la noircit pas. Elle n\u2019en a pas besoin\u00a0! La longue p\u00e9r\u00e9grination qui l\u2019entasse dans les cales aveugles d\u2019un bateau nous laisse pantois, essouffl\u00e9s, solidaires des souffrances et des humiliations d\u2019un \u00eatre qu\u2019on a d\u00e9pouill\u00e9 de tout\u00a0: de son argent, de sa condition humaine, de ses r\u00eaves. \u00c9ject\u00e9 dans cet eldorado fantasm\u00e9, les conditions criminelles de sa survie sont greff\u00e9es pour toujours dans sa peau. Com\u00e9dien aux sourires na\u00effs ou carnassiers, Thierry donne tout son sens au mot \u00ab\u00a0Mis\u00e8re\u00a0\u00bb, tend un miroir \u00e0 nos indiff\u00e9rences, sans pathos, avec un respect immense pour cet \u00c9lias venu d\u2019o\u00f9 ne sait o\u00f9, pour aller sur on ne sait quelle terre promise. Il lui suffit pour cela de quatre chaises, d\u2019une mise en sc\u00e8ne sobre et inventive, sign\u00e9e Emmanuelle Lorre. Son calvaire empathique peut commencer.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"intext\"> Olympe Audouard\n              <\/div>\n<div class=\"paragraph\">\n<p>Personne ne la conna\u00eet. Gr\u00e2ce au Th\u00e9\u00e2tre du Petit Monde, quelle d\u00e9lectation de d\u00e9couvrir cette femme aventureuse qui, en plein XIX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, fut non seulement la premi\u00e8re femme journaliste, mais la premi\u00e8re femme \u00e0 fonder son propre journal au nom \u00e9vanescent\u00a0: <i>Le Papillon<\/i>. Elle fr\u00e9quente les plus grands noms de son \u00e9poque\u00a0: Th\u00e9ophile Gautier, Dumas et m\u00eame Victor Hugo. Nous suivons avec passion les heurs et malheurs d\u2019une femme d\u00e9termin\u00e9e, plus passionn\u00e9e que courageuse, nous semble-t-il. Y a-t-il vraiment du courage \u00e0 se battre pour d\u00e9fendre ce en quoi l\u2019on croit\u00a0? Martin Loizillon a mis en sc\u00e8ne la pi\u00e8ce de Fran\u00e7ois de Mazi\u00e8res qu\u2019il pr\u00e9sente en courts tableaux. Les obstacles s\u2019acharnent contre les projets d\u2019Olympe et les coups durs de la vie ne l\u2019\u00e9pargnent gu\u00e8re. On enjambe les ann\u00e9es avec souplesse. Gwena\u00ebl Ravaux dans le r\u00f4le-titre, incarne une femme \u00ab\u00a0gar\u00e7on manqu\u00e9\u00a0\u00bb mais diablement f\u00e9minine avec toute sa rouerie et son acharnement volontaire \u00e0 obtenir ce qu\u2019elle veut, m\u00eame vis-\u00e0-vis du trop s\u00e9rieux baron Haussmann. Son partenaire, Nicolas Rigas, interpr\u00e8te tous les r\u00f4les masculins avec un plaisir communicatif. Sourire au coin de l\u2019\u0153il ou regard noir aux relents machistes, ses compositions sont un vrai r\u00e9gal. Olympe meurt en 1890 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 58\u00a0ans. Elle m\u00e9ritait largement cet hommage admiratif.<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Thierry Pina ferme le troisi&egrave;me volet d&rsquo;une trilogie d&rsquo;Emmanuel Darley. 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