{"id":35797,"date":"2026-07-09T08:04:00","date_gmt":"2026-07-09T06:04:00","guid":{"rendered":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/?p=35797"},"modified":"2026-07-09T10:17:24","modified_gmt":"2026-07-09T08:17:24","slug":"rencontres-avec-kafka-et-proust-au-fil-des-theatres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/2026\/07\/09\/rencontres-avec-kafka-et-proust-au-fil-des-theatres\/","title":{"rendered":"Rencontres avec Kafka et Proust au fil des th\u00e9\u00e2tres"},"content":{"rendered":"<div class=\"intext\"> Darius\n              <\/div>\n<div class=\"paragraph\">\n<p>C\u2019est parce qu\u2019il est docteur en pharmacie, parce qu\u2019il s\u2019int\u00e9resse \u00e0 l\u2019\u0153uvre de Marcel Proust, et surtout parce qu\u2019il est le p\u00e8re de Ferdinand, un enfant \u00ab\u00a0diff\u00e9rent\u00a0\u00bb que sa pi\u00e8ce <i>Darius<\/i> vibre d\u2019une authenticit\u00e9 suffocante et d\u2019une po\u00e9sie distanc\u00e9e. Il met lui-m\u00eame en sc\u00e8ne cette nouvelle version galopante, o\u00f9 l\u2019on danse, o\u00f9 l\u2019on s\u2019esclaffe sur un sourire, o\u00f9 on retient ses larmes par pudeur, o\u00f9 l\u2019on rage au moindre \u00e9chec, o\u00f9 l\u2019on passe aux aveux quand on ne peut plus les taire. Darius, 19 ans, est clou\u00e9 dans un fauteuil roulant, lui qui aime voyager, caracoler dans le monde entier, le voil\u00e0 pi\u00e9g\u00e9 par des sens \u00e9vanouis o\u00f9 seuls r\u00e9sistent ses dons olfactifs. C\u2019est donc par les parfums, les flagrances que sa m\u00e8re veut qu\u2019il continue \u00e0 courir le monde. Pour cela elle demande \u00e0 un parfumeur, ou plut\u00f4t \u00e0 un cr\u00e9ateur d\u2019odeurs, d\u2019inventer des parfums que le jeune reconna\u00eetra, aid\u00e9 par un odorat et une m\u00e9moire sensitive surd\u00e9velopp\u00e9s. Pari tenu, pari (presque) r\u00e9ussi. En regardant Catherine Hauseux (la m\u00e8re) et F\u00e9lix Pruvost (le parfumeur), on comprend imm\u00e9diatement combien le sujet les a s\u00e9duits, combien ils se sont investis dans cette Odyss\u00e9e h\u00e9riss\u00e9e de tant d\u2019espoirs, de d\u00e9sillusions, de victoires. Leurs sourires vainqueurs, leurs cils mouill\u00e9s, leur gestuelle souple et dansante dans les jolies lumi\u00e8res de Richard Arselin, dynamisent un \u00e9change \u00e9pistolaire qu\u2019on suit avec passion. Un thriller joyeux aux multiples effluves. \u00c7a sent rudement bon au Cabestan\u00a0!<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"intext\"> L\u2019Homme de parole\n              <\/div>\n<div class=\"paragraph\">\n<p>C\u2019est l\u2019histoire d\u2019une rencontre entre une com\u00e9dienne (V\u00e9ronique Boulanger) et Gr\u00e9goire Delacourt. Ils ne se connaissaient pas. Elle l\u2019a accost\u00e9, lui a demand\u00e9 s\u2019il n\u2019aurait pas \u00e9crit une pi\u00e8ce th\u00e9\u00e2tre. La r\u00e9ponse la voil\u00e0 dans cette cr\u00e9ation 2026 <i>L\u2019homme de parole<\/i>. Sur sc\u00e8ne, un com\u00e9dien, v\u00eatu fa\u00e7on 1920, doit interpr\u00e9ter Franz Kafka et sa <i>Lettre au p\u00e8re<\/i>, ce sera sa derni\u00e8re repr\u00e9sentation. Le c\u0153ur gros, il d\u00e9laisse l\u2019auteur austro-hongrois pour se raconter, lui. Son t\u00e9moignage br\u00fble de v\u00e9rit\u00e9s ass\u00e9n\u00e9es l\u2019air de rien, sur notre monde, mais surtout sur celui de l\u2019existence des com\u00e9diens. Il choisit la v\u00e9rit\u00e9 crue et d\u00e9crit la vie grise des acteurs rong\u00e9s par le vice du th\u00e9\u00e2tre, ce vampire des \u00e2mes et du corps. Sans concession mais avec une tendresse inou\u00efe, il fur\u00e8te dans les m\u00e9andres d\u2019un m\u00e9tier ingrat, solitaire, mais n\u00e9cessaire. Et c\u2019est l\u00e0 que le prodige a lieu. V\u00e9ronique Boulanger, toute menue, \u00e0 la voix si particuli\u00e8re, efface sur le plateau V\u00e9ronique et devient ce Com\u00e9dien. Elle \u00e9voque les personnages rencontr\u00e9s par notre anti-h\u00e9ros\u00a0: une inflexion de voix, une expression du visage, et le tour est jou\u00e9\u00a0! V\u00e9ronique, aussi \u00e0 l\u2019aise dans le boulevard (<i>Lily et Lily<\/i> avec Mich\u00e8le Bernier), que dans un th\u00e9\u00e2tre d\u2019id\u00e9es (<i>\u00d4 les beaux jours<\/i><i>\u00a0<\/i><i>!<\/i>) affirme ici une facette inattendue de son talent cam\u00e9l\u00e9on. Dr\u00f4le souvent, inqui\u00e9tante parfois, singuli\u00e8re toujours, elle semble ne rien prendre au s\u00e9rieux, pratique l\u2019autod\u00e9rision avec panache. Eric M\u00e9tayer, le metteur en sc\u00e8ne, laisse la bride sur le cou \u00e0 cette com\u00e9dienne qui sait braver tous les dangers. Sur le plateau, il lui offre une grosse malle, valise miroir, valise refuge, valise-loge, valise cachette, d\u2019o\u00f9 s\u2019exhalent les splendeurs et mis\u00e8res du th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"paragraph\">\n<p><i>\u00ab<\/i><i>\u00a0<\/i><i>Darius<\/i><i>\u00a0<\/i><i>\u00bb, tous les jours sauf mercredi, \u00e0 13h55 au Th\u00e9\u00e2tre du Cabestan<\/i><\/p>\n<p><i>\u00ab<\/i><i>\u00a0<\/i><i>L\u2019Homme de parole<\/i><i>\u00a0<\/i><i>\u00bb, tous les jours sauf mercredi \u00e0 16h au Verbe Fou.<\/i><\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"C&rsquo;est parce qu&rsquo;il est docteur en pharmacie, parce qu&rsquo;il s&rsquo;int&eacute;resse &agrave; l&rsquo;&oelig;uvre de Marcel Proust, et surtout parce qu&rsquo;il est le p&egrave;re de Ferdinand, un enfant &#8230;","protected":false},"author":1,"featured_media":35798,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[32],"tags":[174,186,529,1241,171],"news-destination":[],"news-source":[475],"is_homepage":[],"ta_other":[],"class_list":["post-35797","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-culture","tag-avignon","tag-festival-davignon-off","tag-spectacle","tag-theatre","tag-vaucluse","news-source-website"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35797","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=35797"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35797\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":35799,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/35797\/revisions\/35799"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/media\/35798"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=35797"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=35797"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=35797"},{"taxonomy":"news-destination","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/news-destination?post=35797"},{"taxonomy":"news-source","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/news-source?post=35797"},{"taxonomy":"is_homepage","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/is_homepage?post=35797"},{"taxonomy":"ta_other","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/ta_other?post=35797"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}