{"id":32816,"date":"2026-06-13T10:03:00","date_gmt":"2026-06-13T08:03:00","guid":{"rendered":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/?p=32816"},"modified":"2026-06-14T20:14:19","modified_gmt":"2026-06-14T18:14:19","slug":"entretien-nassim-ait-mouheb-g-eau-la-reutilisation-ne-peut-etre-une-solution-unique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/2026\/06\/13\/entretien-nassim-ait-mouheb-g-eau-la-reutilisation-ne-peut-etre-une-solution-unique\/","title":{"rendered":"[Entretien] Nassim Ait Mouheb, G-Eau : \u00ab La r\u00e9utilisation ne peut \u00eatre une solution unique&nbsp;\u00bb"},"content":{"rendered":"<div class=\"paragraph\">\n<p><b>La Marseillaise :<\/b><b> Quand on parle <br \/>de r\u00e9utilisation des eaux us\u00e9es, <br \/>de quoi parle-t-on exactement ? <\/b><\/p>\n<p>Nassim Ait Mouheb : G\u00e9n\u00e9ralement, on entend par r\u00e9utilisation des eaux us\u00e9es trait\u00e9es, ou Reut, le fait de r\u00e9cup\u00e9rer une eau \u00e0 la sortie d\u2019une station de traitement. Ce sont des eaux urbaines que l\u2019on traite d\u00e9j\u00e0 pour am\u00e9liorer leur qualit\u00e9 avant rejet dans le milieu, que ce soit dans un cours d\u2019eau ou dans la mer. L\u2019objectif, c\u2019est d\u2019en r\u00e9cup\u00e9rer une partie, selon la r\u00e9glementation, et d\u2019am\u00e9liorer sa qualit\u00e9, notamment d\u2019un point de vue pathog\u00e8ne, pour ma\u00eetriser les risques sanitaires avant un r\u00e9usage. Initialement, cela a surtout \u00e9t\u00e9 fait pour l\u2019irrigation agricole, mais les usages commencent \u00e0 se diversifier : nettoyage de voiries, parcs et jardins, golfs. Dans certains pays, on peut m\u00eame aller jusqu\u2019\u00e0 une r\u00e9utilisation indirecte pour l\u2019eau potable.<\/p>\n<p><b>Pourquoi cette question revient-elle avec autant de force aujourd\u2019hui ? <\/b><\/p>\n<p>N.A.M. : La pratique existe depuis longtemps, mais les derni\u00e8res ann\u00e9es de s\u00e9cheresse ont chang\u00e9 le regard. Avec le Plan eau, l\u2019\u00c9tat encourage cette ressource compl\u00e9mentaire aux eaux conventionnelles, qu\u2019elles viennent des nappes ou des cours d\u2019eau. Avant, on y r\u00e9fl\u00e9chissait moins parce qu\u2019en France, on \u00e9tait assez g\u00e2t\u00e9s en ressources en eau. Il y avait surtout des cas insulaires, comme Porquerolles ou Noirmoutier, o\u00f9 l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau conventionnelle n\u2019\u00e9tait pas disponible. L\u00e0, avec les derni\u00e8res ann\u00e9es, on commence \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 des solutions pour rendre l\u2019agriculture et les territoires plus r\u00e9silients.<\/p>\n<p><b>La France a-t-elle pris du retard <br \/>sur des pays comme l\u2019Espagne ou l\u2019Italie<\/b><b>\u00a0<\/b><b>? <\/b><\/p>\n<p>N.A.M : Oui, ces pays r\u00e9utilisent davantage d\u2019eau trait\u00e9e, autour de 10 \u00e0 14%. En Espagne, cela tient \u00e0 la gouvernance de l\u2019eau et \u00e0 un secteur agricole tr\u00e8s fort, avec des besoins importants, notamment dans des r\u00e9gions comme Murcie. Ils ont aussi \u00e9t\u00e9 confront\u00e9s plus t\u00f4t que nous \u00e0 des s\u00e9cheresses s\u00e9v\u00e8res. En France, la r\u00e9utilisation existait surtout lorsqu\u2019un facteur local rendait l\u2019investissement n\u00e9cessaire : l\u2019irrigation de golfs, des situations insulaires, ou le maintien d\u2019un secteur agricole sans acc\u00e8s \u00e0 une autre ressource.<\/p>\n<p><b>Y a-t-il des usages plus pertinents que d\u2019autres ? <\/b><\/p>\n<p>N.A.M : Il faut \u00eatre vigilant, parce que l\u2019eau, en soi, ne se perd jamais. Une eau qui sort d\u2019une station est rejet\u00e9e dans un milieu. En Occitanie, on le voit bien, ce rejet peut aussi contribuer \u00e0 maintenir les cours d\u2019eau. Donc il faut r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du territoire : est-ce qu\u2019on peut r\u00e9utiliser cette eau ? Est-ce qu\u2019il n\u2019y aura pas un impact environnemental ? Ensuite, la question est de savoir si l\u2019on r\u00e9duit vraiment la consommation d\u2019eau potable. Il faut que ce soit une substitution. Il ne faut pas que ce soit une mani\u00e8re d\u2019avoir une nouvelle ressource et donc d\u2019utiliser encore plus d\u2019eau. Que ce soit pour l\u2019agriculture ou pour les usages urbains, il faut garder cette r\u00e9flexion de sobri\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p><b>Y a-t-il des usages de l\u2019eau potable qui deviennent aberrants ? <\/b><\/p>\n<p>N.A.M. : Oui, il y a des usages comme le nettoyage des voiries ou le curage des conduites o\u00f9 l\u2019eau potable peut \u00eatre substitu\u00e9e. Bien s\u00fbr, il faut \u00eatre vigilant sur la qualit\u00e9 de l\u2019eau, sur les a\u00e9rosols, sur les risques sanitaires. Mais techniquement, c\u2019est tout \u00e0 fait possible d\u2019atteindre des qualit\u00e9s permettant d\u2019\u00e9viter ces risques.<\/p>\n<p><b>L\u2019agriculture est-elle le principal d\u00e9bouch\u00e9 ? <\/b><\/p>\n<p>N.A.M. : Dans le sud de la France, l\u2019\u00e9t\u00e9, l\u2019agriculture reste le secteur o\u00f9 les besoins en eau sont les plus importants. Avec le changement climatique et les restrictions, c\u2019est aussi un secteur tr\u00e8s expos\u00e9. Mais il ne faut pas pr\u00e9senter la r\u00e9utilisation comme une solution unique. Pour la vigne, par exemple, il faut aussi r\u00e9fl\u00e9chir aux choix de c\u00e9pages, aux pratiques agricoles, aux besoins r\u00e9els au moment de la plantation. La r\u00e9utilisation peut faire partie de l\u2019adaptation, mais elle ne remplace pas une r\u00e9flexion globale.<\/p>\n<p><b>Y a-t-il des risques sanitaires <br \/>ou techniques ? <\/b><\/p>\n<p>N.A.M. : Le premier sujet, c\u2019est de s\u2019assurer que la qualit\u00e9 de l\u2019eau correspond aux normes r\u00e9glementaires, pour ne pas contaminer les cultures. Ensuite, il y a la question de la durabilit\u00e9 du projet. Les syst\u00e8mes d\u2019irrigation pr\u00e9conis\u00e9s sont souvent le goutte-\u00e0-goutte, parce qu\u2019ils \u00e9vitent le contact direct de l\u2019eau avec les cultures. L\u2019inconv\u00e9nient, c\u2019est que ces eaux peuvent \u00eatre plus charg\u00e9es et donc boucher ou obstruer les syst\u00e8mes. Nous, on r\u00e9fl\u00e9chit \u00e0 des solutions, des capteurs, des goutteurs, des pr\u00e9conisations pour les agriculteurs, pour que l\u2019efficience de l\u2019irrigation reste continue. Sur la partie sanitaire, il y a une r\u00e9glementation, des contr\u00f4les et des suivis r\u00e9guliers. Sur des cultures comme la vigne, du moment qu\u2019on respecte la r\u00e9glementation, avec des barri\u00e8res comme le sol, le goutte-\u00e0-goutte, les traitements et les suivis, les r\u00e9sultats ont montr\u00e9 qu\u2019il n\u2019y avait pas de transfert de pathog\u00e8nes dans la partie consommable. Sur les polluants \u00e9mergents, il y a encore des travaux pour \u00e9valuer les risques. De notre c\u00f4t\u00e9, pour rendre cette pratique acceptable pour le public, il faut continuer \u00e0 travailler sur ces questions pour y r\u00e9pondre clairement, avoir des donn\u00e9es fiables et communiquer autour.<\/p>\n<p><b>Qu\u2019est-ce qui co\u00fbte cher dans ces projets ? <\/b><\/p>\n<p>N.A.M. : Comme dans tout projet de transfert d\u2019eau agricole, le transport, le pompage et les r\u00e9seaux p\u00e8sent beaucoup. \u00c0 cela s\u2019ajoutent les traitements compl\u00e9mentaires, la d\u00e9sinfection, les contr\u00f4les et le suivi sanitaire. Le co\u00fbt d\u00e9pend aussi de l\u2019ad\u00e9quation entre la ressource disponible et les besoins. C\u2019est pourquoi certaines \u00e9tudes de faisabilit\u00e9 n\u2019aboutissent pas.<\/p>\n<p><b>Quelle id\u00e9e re\u00e7ue faudrait-il corriger ? <\/b><\/p>\n<p>N.A.M. : Il faut sortir de l\u2019id\u00e9e que la r\u00e9utilisation des eaux us\u00e9es serait une solution simple. C\u2019est une solution int\u00e9ressante, mais elle doit \u00eatre pens\u00e9e de mani\u00e8re syst\u00e9mique, avec la sobri\u00e9t\u00e9, les autres solutions d\u2019adaptation et les besoins du territoire. Ce n\u2019est pas la panac\u00e9e. L\u2019essentiel est de v\u00e9rifier qu\u2019elle remplace r\u00e9ellement de l\u2019eau potable ou conventionnelle, et qu\u2019elle ne pousse pas \u00e0 consommer davantage.<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La Marseillaise : Quand on parle de r&eacute;utilisation des eaux us&eacute;es, de quoi parle-t-on exactement ?","protected":false},"author":1,"featured_media":32817,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[918,3926,3925,333],"tags":[3275,447,207,309,471,2052,2868,455,284,419,2920,5860,403,1422,1397,1355],"news-destination":[3944],"news-source":[475],"is_homepage":[],"ta_other":[],"class_list":["post-32816","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-accueil","category-accueil-merge","category-accueil-third","category-environnement","tag-adaptation-climatique","tag-agriculture","tag-changement-climatique","tag-eau","tag-eau-potable","tag-gestion-de-leau","tag-inrae","tag-irrigation","tag-occitanie","tag-rechauffement-climatique","tag-ressource-en-eau","tag-reut","tag-reutilisation-des-eaux-usees-traitees","tag-risques-sanitaires","tag-secheresse","tag-viticulture","news-destination-homepage","news-source-website"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32816","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=32816"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32816\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":32818,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/32816\/revisions\/32818"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/media\/32817"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=32816"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=32816"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=32816"},{"taxonomy":"news-destination","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/news-destination?post=32816"},{"taxonomy":"news-source","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/news-source?post=32816"},{"taxonomy":"is_homepage","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/is_homepage?post=32816"},{"taxonomy":"ta_other","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/ta_other?post=32816"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}