{"id":31535,"date":"2026-06-03T09:27:00","date_gmt":"2026-06-03T07:27:00","guid":{"rendered":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/?p=31535"},"modified":"2026-06-03T11:13:01","modified_gmt":"2026-06-03T09:13:01","slug":"eqdd-a-trebes-apprivoiser-le-fleuve-pour-mieux-vivre-demain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/2026\/06\/03\/eqdd-a-trebes-apprivoiser-le-fleuve-pour-mieux-vivre-demain\/","title":{"rendered":"[EQDD] \u00c0 Tr\u00e8bes, apprivoiser le fleuve pour mieux vivre demain"},"content":{"rendered":"<div class=\"paragraph\">\n<p>\u00c0 Tr\u00e8bes, le grondement des pelleteuses a remplac\u00e9 celui des eaux en col\u00e8re. Sur la rive droite de l\u2019Aude, les engins redessinent le paysage, d\u00e9caissant un important volume de terre sur plus de 13 hectares. Huit ans apr\u00e8s avoir connu une crue meurtri\u00e8re, la ville panse ses plaies en r\u00e9inventant son rapport au fleuve.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<i>Ici, on a compris qu\u2019on ne pouvait plus lutter contre la nature<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb, confie le maire, Eric Menassi. Cette nuit du 15 octobre 2018, l\u2019eau est mont\u00e9e en quelques heures, emportant tout sur son passage. Six habitants ont perdu la vie, des dizaines de maisons ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truites. \u00ab\u00a0<i>Si on reconstruisait \u00e0 l\u2019identique, on savait qu\u2019on risquait de revivre la m\u00eame chose, c\u2019\u00e9tait inconcevable<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb, poursuit le premier \u00e9dile.<\/p>\n<p>Alors la commune a fait un choix difficile : reculer pour mieux prot\u00e9ger. Une cinquantaine de maisons ont \u00e9t\u00e9 ras\u00e9es, laissant place \u00e0 une vaste zone d\u2019expansion des crues. \u00ab\u00a0<i>Il a fallu convaincre la population du bien-fond\u00e9 de ce projet, car on ne peut pas imaginer ce que \u00e7a repr\u00e9sente de quitter une maison familiale,<\/i> poursuit l\u2019\u00e9lu. <i>Mais notre responsabilit\u00e9, c\u2019\u00e9tait de dire la v\u00e9rit\u00e9<\/i><i>\u00a0<\/i><i>: nous ne pouvions plus garantir leur s\u00e9curit\u00e9<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb.<\/p>\n<p>Sur une \u00e9tendue aujourd\u2019hui herbeuse, une habitante d\u00e9signe un point invisible. \u00ab\u00a0<i>Ma maison \u00e9tait l\u00e0<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb, dit-elle simplement. \u00c9vacu\u00e9e avec ses enfants en pleine nuit, elle n\u2019y est jamais retourn\u00e9e. \u00ab\u00a0<i>C\u2019est dur, mais je pr\u00e9f\u00e8re \u00e7a que revivre cette peur.<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb Plus loin, un commer\u00e7ant install\u00e9 en bord de quai observe le fleuve avec attention\u00a0: \u00ab\u00a0<i>Cet hiver, l\u2019eau est mont\u00e9e&#8230; mais elle est rest\u00e9e \u00e0 sa place. Avant, on aurait eu les pieds dans l\u2019eau<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb.<\/p>\n<p><b>Faire accepter les changements \u00e0 la population<\/b><\/p>\n<p>Car l\u2019id\u00e9e est l\u00e0\u00a0: redonner de l\u2019espace au fleuve pour r\u00e9duire sa violence. En doublant par endroits la largeur du lit, la ville diminue la vitesse du courant et la hauteur des crues. \u00ab\u00a0<i>Ce sont les vitesses qui d\u00e9truisent tout,<\/i> insiste Eric Menassi. <i>En \u00e9largissant, on absorbe les flux d\u2019eau suppl\u00e9mentaires en cas de forte pluie<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb.<\/p>\n<p>Ce choix s\u2019inscrit dans une logique plus large d\u2019adaptation \u00e0 la nature, port\u00e9e par le Syndicat mixte des milieux aquatiques et des rivi\u00e8res (SMMAR). Et si l\u2019exemple de Tr\u00e8bes n\u2019est pas reproductible partout, chaque cas de figure \u00e9tant unique, la philosophie qui a port\u00e9 ce projet devient un exemple \u00e0 suivre pour le SMMAR, qui insiste sur la n\u00e9cessit\u00e9 de faire accepter ces changements \u00e0 la population. \u00ab\u00a0<i>Il s\u2019agit en r\u00e9alit\u00e9 de r\u00e9apprendre \u00e0 vivre avec la rivi\u00e8re, de se r\u00e9approprier cet espace que l\u2019on voyait uniquement comme un danger auparavant<\/i>, souligne Jean-Marie Aversenq, directeur g\u00e9n\u00e9ral du syndicat. <i>Au-del\u00e0 de l\u2019\u00e9largissement, on a donc imagin\u00e9 avec le maire de nouveaux usages permettant aux habitants de profiter du fleuve comme un verger citoyen, con\u00e7u gr\u00e2ce aux 17 000 m\u00e8tres cubes de terre d\u00e9caiss\u00e9e du fleuve, mais aussi un sentier pour les p\u00eacheurs, des passerelles, des plages et une for\u00eat alluviale<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb.<\/p>\n<p><b>Une \u00e9cole sur pilotis<\/b><b> <\/b><\/p>\n<p>Mais si cette partie am\u00e9nagement pour les nouveaux usages est en cours de finition, les travaux d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9s depuis juillet 2025 ont fait leurs preuves cet hiver. Lors des crues r\u00e9centes, aucun d\u00e9g\u00e2t majeur n\u2019a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9. \u00ab\u00a0<i>Ce n\u2019est pas non plus le risque z\u00e9ro,<\/i> temp\u00e8re le maire de la commune, <i>mais gr\u00e2ce aux travaux r\u00e9alis\u00e9s, on r\u00e9duit fortement notre vuln\u00e9rabilit\u00e9 face aux crues<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 du fleuve, c\u2019est toute une ville qui s\u2019est adapt\u00e9e\u00a0: l\u2019\u00e9cole a \u00e9t\u00e9 reconstruite sur pilotis, la maison de retraite d\u00e9plac\u00e9e sur les hauteurs. Certains \u00e9quipements, comme la piscine, n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 reb\u00e2tis. \u00ab\u00a0<i>On a fait des choix pour pr\u00e9parer l\u2019avenir,<\/i> assume Eric Menassi. <i>Aujourd\u2019hui, notre priorit\u00e9 n\u2019est plus de grandir, mais d\u2019\u00eatre r\u00e9silients<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb. Ces choix forts ont vraisemblablement convaincu la population communale qui a choisi de redonner sa confiance au maire lors des derni\u00e8res municipales, malgr\u00e9 le scepticisme suscit\u00e9 par le projet de r\u00e9am\u00e9nagement au d\u00e9part.<\/p>\n<p>D\u00e9sormais, \u00e0 Tr\u00e8bes, l\u2019Aude n\u2019est plus seulement une menace. Il devient un alli\u00e9, impr\u00e9visible mais apprivois\u00e9. Et dans cette ville marqu\u00e9e par le drame, une conviction s\u2019impose peu \u00e0 peu\u00a0: face au changement climatique, l\u2019adaptation n\u2019est plus une option, mais un chemin.<\/p>\n<p>Par Joffrey Marcelin <i>Midi Libre<\/i><\/p>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"paragraph\">\n<p><b>EN CHIFFRES<\/b><\/p>\n<p><b>2,5 millions d\u2019euros :<\/b> le co\u00fbt du r\u00e9am\u00e9nagement, assum\u00e9 \u00e0 50% par l\u2019\u00c9tat, 20 % par la r\u00e9gion, 10% par le d\u00e9partement et 20% par le Smmar.<\/p>\n<p><b>17 000 m\u00e8tres cubes :<\/b> le volume de terre d\u00e9caiss\u00e9e pour r\u00e9am\u00e9nager le fleuve.<\/p>\n<p><b>1,3 km :<\/b> la distance sur laquelle le fleuve fut r\u00e9am\u00e9nag\u00e9.<\/p>\n<p><b>13 hectares : <\/b>l\u2019espace total r\u00e9am\u00e9nag\u00e9.<\/p>\n<p><b>8 ans : <\/b>le temps qu\u2019il a fallu entre la crue de 2018 et le r\u00e9am\u00e9nagement du fleuve.<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"&Agrave; Tr&egrave;bes, le grondement des pelleteuses a remplac&eacute; celui des eaux en col&egrave;re. Sur la rive droite de l&rsquo;Aude, les engins redessinent le paysage, d&eacute;caissant un important volume de terre sur plus de 13 hectares. &#8230;","protected":false},"author":1,"featured_media":31536,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[333],"tags":[3275,1450,207,1336,417,1434,3790,3791,106,1130,1343,5739,284,419,3792,595,720],"news-destination":[],"news-source":[475],"is_homepage":[],"ta_other":[],"class_list":["post-31535","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-environnement","tag-adaptation-climatique","tag-aude","tag-changement-climatique","tag-chiffres","tag-climat","tag-ecologie","tag-en-quete-de-demain","tag-eqdd","tag-habitants","tag-inondations","tag-intemperies","tag-midi-libre","tag-occitanie","tag-rechauffement-climatique","tag-sparknews","tag-urbanisme","tag-ville","news-source-website"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/31535","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=31535"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/31535\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":31537,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/31535\/revisions\/31537"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/media\/31536"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=31535"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=31535"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=31535"},{"taxonomy":"news-destination","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/news-destination?post=31535"},{"taxonomy":"news-source","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/news-source?post=31535"},{"taxonomy":"is_homepage","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/is_homepage?post=31535"},{"taxonomy":"ta_other","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/ta_other?post=31535"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}