{"id":29892,"date":"2026-05-20T06:40:00","date_gmt":"2026-05-20T04:40:00","guid":{"rendered":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/?p=29892"},"modified":"2026-05-23T08:17:33","modified_gmt":"2026-05-23T06:17:33","slug":"les-zosteres-repeuplent-letang-de-berre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/2026\/05\/20\/les-zosteres-repeuplent-letang-de-berre\/","title":{"rendered":"Les zost\u00e8res repeuplent l\u2019\u00e9tang de Berre"},"content":{"rendered":"<div class=\"paragraph\">\n<p>Dans les ann\u00e9es 1960, les zost\u00e8res tapissaient 6\u00a0000 hectares du fond de l\u2019\u00e9tang de Berre. Quarante ans plus tard, il ne restait plus qu\u2019un hectare de ces herbiers. La faute \u00e0 de multiples d\u00e9gradations, entre les pollutions industrielles des usines, les rejets des stations d\u2019\u00e9puration et l\u2019eau douce apport\u00e9e par les bassins-versants et la centrale EDF de Saint-Chamas, qui eutrophisent les milieux. \u00ab<i>\u00a0<\/i><i>Et puis il y a une petite inversion, <\/i>raconte Rapha\u00ebl Grisel, directeur du Gipreb, le syndicat mixte en charge de la r\u00e9habilitation de la lagune sal\u00e9e.<i> C\u2019\u00e9tait tr\u00e8s lent au d\u00e9but, \u00e0 tel point qu\u2019on ne s\u2019en est pas imm\u00e9diatement rendu compte.<\/i>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Depuis 2024, \u00e0 la suite de la crise \u00e9cologique d\u2019anoxie de 2018 qui a fait reculer cette progression de moiti\u00e9, la structure accompagne ce processus de recolonisation en menant des op\u00e9rations de transplantation d\u2019herbiers de zost\u00e8res, chaque ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Cette esp\u00e8ce prot\u00e9g\u00e9e, surnomm\u00e9e \u00ab\u00a0<i>ing\u00e9nieure d\u2019\u00e9cosyst\u00e8me<\/i>\u00a0\u00bb, est le v\u00e9ritable poumon de la lagune\u00a0: refuge, lieu de reproduction et zone d\u2019alimentation pour les poissons, elle produit \u00e9galement de l\u2019oxyg\u00e8ne, constitue des puits de carbone et est un bouclier contre l\u2019\u00e9rosion des c\u00f4tes.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"intext\"> 3 600 plants\n              <\/div>\n<div class=\"paragraph\">\n<p>Parmi les six sites retenus autour de la lagune pour recevoir les 3\u00a0600 plants figure celui de la pointe de Berre. Localis\u00e9 juste derri\u00e8re des installations de stockage de LyondellBasell, class\u00e9es Seveso, il est quasiment inaccessible au public. Seuls les r\u00e9acteurs des avions qui d\u00e9collent de l\u2019a\u00e9roport Marseille-Provence rompent le silence. Cette tranquillit\u00e9 \u00e9tait l\u2019un des crit\u00e8res de s\u00e9lection, mais il n\u2019\u00e9tait pas le seul.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<i>Notre volont\u00e9 est d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer un processus naturel, <\/i>explique Rapha\u00ebl Grisel.<i> Les cartographies montrent qu\u2019il y a des secteurs o\u00f9 les zost\u00e8res ne poussent pas par g\u00e9n\u00e9rations spontan\u00e9es. C\u2019est dans ces endroits qu\u2019on les met de mani\u00e8re pr\u00e9f\u00e9rentielle pour qu\u2019elles puissent essaimer. Avec l\u2019aide de chercheurs qui ont fait des mod\u00e9lisations, on a trouv\u00e9 des endroits o\u00f9 les boutures vont pouvoir reprendre.<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb<\/p>\n<p>D\u2019un c\u00f4t\u00e9 de la pointe, les \u00e9quipes pr\u00e9l\u00e8vent des mottes. De l\u2019autre, ils les transplantent en adoptant des formes particuli\u00e8res. \u00ab\u00a0<i>Le triangle fonctionne bien<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb, confie le directeur du Gipreb. Nicolas Mayot, docteur en biologie marine et charg\u00e9 de mission scientifique au sein du syndicat mixte, d\u00e9veloppe\u00a0: \u00ab\u00a0<i>On a une technique qui marche, mais on essaye encore d\u2019optimiser le nombre de mottes que l\u2019on peut mettre pour avoir le meilleur ratio<\/i>. <i>On va suivre \u00e7a avec des survols en drone pour affiner notre m\u00e9thode<\/i>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La m\u00e9thode est d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 efficace, puisque les r\u00e9sultats observ\u00e9s \u00ab<i>\u00a0<\/i><i>sont les meilleurs d\u2019Europe<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb. \u00ab\u00a0<i>On en est fiers<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb, assure Nicolas Mayot. En moyenne, la surface transplant\u00e9e est multipli\u00e9e par 100. Depuis 2024, 8\u00a0m\u00b2 ont repeupl\u00e9 plus de 750\u00a0m<sup>2<\/sup> (selon les mesures de 2025). \u00ab\u00a0<i>Entre le naturel et ce que l\u2019on a repeupl\u00e9, o<\/i><i>n gagne environ 15<\/i><i>\u00a0<\/i><i>ha par an<\/i>\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise Rapha\u00ebl Grisel. La dynamique est bonne, mais l\u2019objectif de 1\u00a0500\u00a0ha fix\u00e9 par la directive-cadre sur l\u2019eau est loin d\u2019\u00eatre atteint.<\/p>\n<p>Sur cette anse de la pointe de Berre, les \u00e9quipes du Gipreb ont \u00ab\u00a0<i>quasiment restaur\u00e9 5<\/i><i>\u00a0<\/i><i>000<\/i><i>\u00a0<\/i><i>m\u00b2 de zost\u00e8res<\/i>\u00a0\u00bb en l\u2019espace de deux ans. Le biologiste pense pouvoir pr\u00e9lever dans les transplant\u00e9s d\u00e8s l\u2019an prochain. \u00ab\u00a0<i>C\u2019est un cercle vertueux.<\/i>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il pr\u00e9vient tout de m\u00eame\u00a0: \u00ab\u00a0<i>Il y a une grosse mode sur la transplantation, mais il ne faut pas sauter les \u00e9tapes. D\u2019abord, on identifie la source de d\u00e9gradation, puis on la corrige et ensuite on restaure, sinonn c\u2019est vain.<\/i>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<i>Un des param\u00e8tres majeurs pour la pousse des zost\u00e8res est la transparence de l\u2019eau<\/i>\u00a0\u00bb, souligne le directeur du Gipreb. \u00ab<i>\u00a0<\/i><i>Jusque-l\u00e0, les mati\u00e8res en suspension des apports d\u2019eau douce d\u2019EDF cr\u00e9aient une g\u00eane, mais aussi l\u2019azote et le phosphore apport\u00e9 par tout le bassin-versant, la centrale Saint-Chamas, mais aussi les stations d\u2019\u00e9puration, les rivi\u00e8res etc. qui favorisent le phytoplancton qui emp\u00eache la lumi\u00e8re de p\u00e9n\u00e9trer au fond.<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb<\/p>\n<p>Le protocole sign\u00e9 en 2023 entre le Gipreb et l\u2019\u00e9nerg\u00e9ticien pour interdire les rejets durant l\u2019\u00e9t\u00e9 et l\u2019am\u00e9lioration du r\u00e9seau d\u2019assainissement ont \u00ab\u00a0<i>eu un r\u00f4le \u00e9vident<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb dans la restauration des herbiers, au moins dans les zones de faible profondeur. D\u00e9sormais, le syndicat mixte aimerait atteindre les 3 m\u00e8tres. \u00ab\u00a0<i>\u00c0 cette profondeur, si tout est colonis\u00e9, on aurait 1 000<\/i><i>\u00a0<\/i><i>ha de zost\u00e8res<\/i><i>\u00a0<\/i>\u00bb, r\u00e9v\u00e8le Rapha\u00ebl Grisel.<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Dans les ann&eacute;es 1960, les zost&egrave;res tapissaient 6&nbsp;000 hectares du fond de l&rsquo;&eacute;tang de Berre. Quarante ans plus tard, il ne restait plus qu&rsquo;un hectare de ces herbiers. La faute &agrave; de multiples &#8230;","protected":false},"author":1,"featured_media":29893,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3926,3925,333],"tags":[530,1795,10,1687,1434,2618,532,1456,533,157,180,164,2872,538,5615],"news-destination":[3944],"news-source":[475],"is_homepage":[],"ta_other":[],"class_list":["post-29892","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-accueil-merge","category-accueil-third","category-environnement","tag-berre-letang","tag-biologie","tag-bouches-du-rhone","tag-chercheurs","tag-ecologie","tag-ecosysteme","tag-edf","tag-etang-de-berre","tag-gipreb","tag-rehabilitation","tag-restauration","tag-resultats","tag-scientifiques","tag-syndicat-mixte","tag-transplantation","news-destination-homepage","news-source-website"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29892","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=29892"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29892\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":29894,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29892\/revisions\/29894"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/media\/29893"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=29892"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=29892"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=29892"},{"taxonomy":"news-destination","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/news-destination?post=29892"},{"taxonomy":"news-source","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/news-source?post=29892"},{"taxonomy":"is_homepage","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/is_homepage?post=29892"},{"taxonomy":"ta_other","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/ta_other?post=29892"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}