{"id":22280,"date":"2026-03-09T08:24:00","date_gmt":"2026-03-09T06:24:00","guid":{"rendered":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/?p=22280"},"modified":"2026-03-12T09:23:24","modified_gmt":"2026-03-12T07:23:24","slug":"benoit-payan-face-aux-lecteurs-a-marseille","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/2026\/03\/09\/benoit-payan-face-aux-lecteurs-a-marseille\/","title":{"rendered":"Beno\u00eet Payan face aux lecteurs \u00e0 Marseille"},"content":{"rendered":"<div class=\"paragraph\">\n<p><i><b>Solidarit\u00e9<\/b><\/i><\/p>\n<p><b>Mireille Faure : Dans votre programme, la solidarit\u00e9 est trait\u00e9e de fa\u00e7on transversale dans ses aspects g\u00e9n\u00e9raux. Que pensez-vous des Maisons de la solidarit\u00e9 qui, l\u00e0 o\u00f9 elles sont cr\u00e9\u00e9es, permettent d\u2019\u00e9pauler les associations ? <\/b><\/p>\n<p>Beno\u00eet Payan : Vous l\u2019avez not\u00e9, la solidarit\u00e9 n\u2019est pas qu\u2019un point du programme. C\u2019est l\u2019ADN du Printemps marseillais. En 2020, on r\u00e9cup\u00e8re une ville qui ne comprend pas ce qu\u2019est une politique sociale et solidaire. Nous, nous pensons que toutes nos politiques publiques doivent \u00eatre vues sous l\u2019angle de la solidarit\u00e9. Ce n\u2019est pas notre comp\u00e9tence, mais dans un territoire frapp\u00e9 par d\u2019aussi fortes in\u00e9galit\u00e9s, peut-on se contenter de laisser faire ? Il a m\u00eame fallu que l\u2019\u00c9tat d\u00e9roge \u00e0 sa r\u00e8gle pour signer avec la Ville un pacte local des solidarit\u00e9s parce que l\u2019interlocuteur naturel, le D\u00e9partement, est d\u00e9faillant. Regardez le CCAS : on y faisait des lotos. C\u2019est bien, mais \u00e7a ne sert pas qu\u2019\u00e0 \u00e7a. On peut aussi parler du non-recours aux droits. Il faut \u00eatre proactif, aller vers les Marseillaises et les Marseillais. C\u2019est ce qu\u2019on propose avec l\u2019assurance et la mutuelle municipale. On sait ce que co\u00fbte une mutuelle pour une famille avec deux enfants et aussi combien refusent de se soigner. L\u00e0, plus on sera nombreux, moins \u00e7a co\u00fbtera. Donc les Maisons de la solidarit\u00e9 sont essentielles, mais la solidarit\u00e9 c\u2019est toutes les politiques&#8230; Les \u00e9coles que l\u2019on construit sont des \u00e9quipements ouverts sur le quartier, pour les habitants, les associations, les clubs, avec des lieux d\u00e9di\u00e9s hors temps scolaire, et \u00e7a, \u00e7a multiplie les actes de solidarit\u00e9.<\/p>\n<p><i><b>Education et \u00e9coles<\/b><\/i><\/p>\n<p><b>S\u00e9verine Vernet : Mes coll\u00e8guesdu 1er et du 2nd degr\u00e9s et les parents d\u2019\u00e9l\u00e8ves se demandent si vous irez au bout du Plan \u00e9coles sur un 2e mandat ? <\/b><\/p>\n<p>Beno\u00eet Payan : Il faut toujours regarder d\u2019o\u00f9 on part. \u00c7a n\u2019exon\u00e8re de rien, mais quand on entre dans une ruine, on n\u2019en sort pas \u00e0 Versailles, six ans apr\u00e8s. On a trouv\u00e9 une ville o\u00f9 la capacit\u00e9 de penser les services \u00e9tait en d\u00e9sh\u00e9rence. \u00e0 l\u2019\u00e9ducation, en arrivant, on trouve 3 200 agents pour deux cadres A et le service RH n\u2019est pas informatis\u00e9 : on g\u00e8re avec un tableau et des fiches T ! Les agents sont laiss\u00e9s \u00e0 l\u2019abandon et les \u00e9coles ne sont plus entretenues. L\u2019id\u00e9e, avec Marseille en grand, \u00e9tait de cr\u00e9er une soci\u00e9t\u00e9 de droit priv\u00e9 pour aller plus vite. Ma seule condition \u00e9tait qu\u2019elle soit 100% publique, avec des normes environnementales et sociales. On a fait 27 \u00e9coles. Et en deux ans et demi, en r\u00e9alit\u00e9 parce que le plan est annonc\u00e9 en 2021 et la Spem est cr\u00e9\u00e9e en ao\u00fbt 2022. Aujourd\u2019hui, \u00e7a continue, il en sort \u00e0 peu pr\u00e8s 15 par an, et oui, on aura fini les 188 \u00e9coles en 2036.Apr\u00e8s, il y a les autres qui sont aussi en demande tr\u00e8s forte de r\u00e9novation. Sur l\u2019entretien courant, on a multipli\u00e9 par 280% l\u2019investissement. On est pass\u00e9 de 15 \u00e0 40 millions par an. Il faut encore monter en puissance mais tout sera trait\u00e9.<\/p>\n<p><b>S\u00e9verine Vernet : Il y a le sujet des ambiances thermiques&#8230;<\/b><\/p>\n<p>Beno\u00eet Payan : Toutes les \u00e9coles neuves sont autosuffisantes. Elles sont pens\u00e9es pour les 70 ans qui viennent, bien orient\u00e9es, auto-ventil\u00e9es, fabriqu\u00e9es avec des mat\u00e9riaux de la r\u00e9gion, r\u00e9fl\u00e9chies pour les changements climatiques majeurs. Et quand je dis autosuffisantes, c\u2019est pour qu\u2019il ne fasse pas 12\u00b0 en hiver s\u2019il y a une panne et 40\u00b0 en \u00e9t\u00e9. C\u2019est dans le cahier des charges des architectes. Et c\u2019est fait en concertation avec les \u00e9l\u00e8ves, les parents, les enseignants, le personnel.<\/p>\n<p><b>S\u00e9verine Vernet : Vous vous \u00eates engag\u00e9 \u00e0 mettre un personnel Atsem par classe. O\u00f9 en est-on concr\u00e8tement ? <\/b><\/p>\n<p>Beno\u00eet Payan : On part de tr\u00e8s loin. Les \u00ab tatas \u00bb, c\u2019\u00e9tait le bas de l\u2019\u00e9chelle, des gens qu\u2019on embauchait essentiellement sur la base d\u2019un syst\u00e8me client\u00e9laire. C\u2019est \u00e0 peu pr\u00e8s tout ce qui comptait. Aujourd\u2019hui, France Travail recrute. Le cousin de la cousine qui veut rentrer&#8230; \u00e7a ne marche plus. On a embauch\u00e9 1 150 personnes en plus des d\u00e9parts en retraite et on va continuer. Mais je mentirais si je disais que je vais embaucher 3 000 agents demain. On veut que ceux qui travaillent avec des enfants soient dipl\u00f4m\u00e9s, s\u2019ils ne le sont pas, on leur fait passer des concours. Il faut les consid\u00e9rer, mieux les payer et elles ont le droit de sortir de leur condition d\u2019Atsem.<\/p>\n<p><b>S\u00e9verine Vernet : Le savoir nager est une comp\u00e9tence obligatoireet nos coll\u00e8gues d\u2019EPS sont en difficult\u00e9 pour faire ces s\u00e9ances. Un plan piscines serait-il n\u00e9cessaire ? <\/b><\/p>\n<p>Beno\u00eet Payan : On nous expliquait, avant qu\u2019on arrive, qu\u2019on n\u2019avait pas besoin de piscines parce qu\u2019on a la mer&#8230; Vous avez tous entendu \u00e7a. On a un vrai sujet et pour le coup, c\u2019est pour moi un irritant du mandat. J\u2019aurais aim\u00e9 aller plus vite, mais on n\u2019a pas vu \u00e0 quel point ils ont laiss\u00e9 le parc se d\u00e9grader. Car la r\u00e9alit\u00e9 est peut-\u00eatre encore pire que celle des \u00e9coles. Il faut tout revoir. On a lanc\u00e9 deux grands chantiers pour Luminy et Nord. Elles vont sortir. Apr\u00e8s, \u00eates-vous d\u00e9j\u00e0 all\u00e9s \u00e0 la piscine de Venelles ? Non ? C\u2019est Versailles. Ailleurs, les piscines, les stades, les gymnases sont pay\u00e9s par la M\u00e9tropole. Ici, rien, on est seul. Mais on va vivre une r\u00e9volution. Si on gagne, avec la r\u00e9forme PLM, la gouvernance actuelle sera finie. Et le but n\u2019est pas de faire les poches des autres communes, c\u2019est de ramener de l\u2019\u00e9quit\u00e9.<\/p>\n<p><i><b>Port de Marseille <\/b><\/i><\/p>\n<p><b>Hugo Honde : Comment consid\u00e9rez-vous l\u2019activit\u00e9 portuaire, tant en termes d\u2019emplois directs et indirects que de retomb\u00e9es \u00e9conomiques ? <\/b><\/p>\n<p>Beno\u00eet Payan : La r\u00e9volution industrielle a amen\u00e9 \u00e0 cette ville le visage qui est le sien aujourd\u2019hui et la construction de ce port autonome a permis une cr\u00e9ation de richesses et d\u2019emplois comme jamais auparavant. C\u2019est un outil essentiel qui est dans l\u2019identit\u00e9 de la ville et sa question est centrale. Une ville de mer, son pass\u00e9, son pr\u00e9sent et son futur, se fait par la mer, donc son port et ses travailleurs. Il y a eu des incompr\u00e9hensions avec la direction du port parce que je pense que la sant\u00e9 des gens ne se monnaie pas. Et il y a eu d\u2019ailleurs des avanc\u00e9es ph\u00e9nom\u00e9nales. Mais notre activit\u00e9 portuaire doit perdurer, on ne peut pas la remplacer par du tertiaire. Le port ne devra jamais devenir une marina&#8230;<\/p>\n<p><b>Hugo Honde : Ou une plage&#8230;<\/b><\/p>\n<p>Beno\u00eet Payan : On peut s\u2019accrocher au port pour faire des choses, notamment la digue qui, historiquement, a toujours \u00e9t\u00e9 ouverte aux Marseillaises et aux Marseillais. Mais une plage \u00e0 la place du port, \u00e7a ne veut rien dire. Consid\u00e9rer que le port est un endroit qui appartient \u00e0 ses travailleurs et ses entreprises, \u00e0 partir duquel on r\u00e9concilie la ville et les gens, c\u2019est autre chose. Le d\u00e9veloppement \u00e9conomique du Port est une n\u00e9cessit\u00e9, c\u2019est cr\u00e9ateur d\u2019emplois directs et indirects, et \u00e7a touche des milliers de personnes. Aujourd\u2019hui, ce qui me g\u00eane le plus dans le port autonome, c\u2019est le \u00ab autonome \u00bb. Il ne s\u2019agit pas que le maire de Marseille dirige le Port, mais que l\u2019\u00c9tat comprenne que le Port n\u2019est pas qu\u2019une machine \u00e0 faire de la valorisation financi\u00e8re. Il a une histoire avec des travailleurs qui ont un savoir-faire, sur laquelle on a besoin de r\u00e9fl\u00e9chir. Il ne faut pas r\u00eaver d\u2019un port qui ne soit qu\u2019un port de tourisme. \u00c9videmment, quand je vois un parking de 5 000 voitures, \u00e7a m\u2019\u00e9nerve. Il faut qu\u2019on pousse sur le fer, les camions qui entrent dans la ville pour venir chercher les bo\u00eetes, \u00e7a n\u2019existe plus. Et puis pourquoi vos m\u00e9tiers sont si peu valoris\u00e9s ?<\/p>\n<p><b>Hugo Honde : Sur la digue du large, quel est le projet ? Une partie est quand m\u00eame exploit\u00e9e&#8230; <\/b><\/p>\n<p><b>Annick Karsenty : On pourra revenir s\u2019y promener ? <\/b><\/p>\n<p>Beno\u00eet Payan : Le port est un outil de travail, il ne peut pas \u00eatre une entit\u00e9 de Disneyland. Il se trouve qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9 pour des questions de s\u00e9curit\u00e9. Ce qui m\u2019int\u00e9resse, c\u2019est que les gens puissent aller p\u00eacher de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la digue, qu\u2019on puisse mettre des barges avec de l\u2019ensablage. Il ne faut pas la d\u00e9truire, au contraire, il faut lui donner une symbolique forte. Dans ce qu\u2019on a pr\u00e9vu, rien ne g\u00eane et ne doit g\u00eaner les activit\u00e9s portuaires. Le vrai sujet, c\u2019est concilier une activit\u00e9 portuaire et d\u2019autres usages. Les Marseillais ne vont pas se promener au milieu des bo\u00eetes, ils ne vont pas toucher les grues, ils iront de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la digue pour se baigner, avec la barge qui bouge. \u00c7a existe dans d\u2019autres ports.<\/p>\n<p><i><b>Economie sociale et solidaire <\/b><\/i><\/p>\n<p><b>Nicolas Guglielmacci : Qu\u2019est-ce que la mairie pourrait apporter aux entreprises de l\u2019\u00e9conomie socialeet solidaire ?<\/b><\/p>\n<p>Beno\u00eet Payan : Sur la m\u00e9tropole, l\u2019\u00e9conomie sociale et solidaire (ESS), c\u2019est un emploi sur sept. En France, c\u2019est un sur cinq. La marge de progression est de quasiment 45%, en particulier \u00e0 Marseille. On sait que ces mod\u00e8les \u00e9conomiques tiennent parce qu\u2019ils sont bas\u00e9s sur des choses qui existent et que ESS France sait les faire fonctionner. Des mod\u00e8les \u00e9conomiques classiques ne fonctionnent pas sur certains secteurs ou ne fonctionnent plus pour des questions de rentabilit\u00e9 capitalistique. Mais quand ils sont remplac\u00e9s par des mod\u00e8les d\u2019ESS o\u00f9 le but n\u2019est pas que de faire du dividende, \u00e7a fonctionne et \u00e7a permet m\u00eame de cr\u00e9er plus d\u2019emplois. Tout n\u2019est pas adaptable, mais le patronat devrait comprendre que c\u2019est son int\u00e9r\u00eat de consid\u00e9rer que l\u2019existence d\u2019une ESS forte \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s est b\u00e9n\u00e9fique \u00e0 tout le monde. Marseille investit \u00e0 peu pr\u00e8s 290 millions d\u2019euros par an dans l\u2019\u00e9conomie. On met de plus en plus de clauses sociales et on est en capacit\u00e9 de rajouter, aujourd\u2019hui, des clauses sp\u00e9cifiques pour que ceux qui r\u00e9pondent \u00e0 des appels d\u2019offres incluent avec eux, pour que l\u2019offre soit valable, une entreprise de l\u2019ESS. \u00c7a permet \u00e0 des entreprises qui existent de se consolider. On a commenc\u00e9 \u00e0 le faire, mais il faut encore pousser. Aujourd\u2019hui, on est la seule collectivit\u00e9 qui le fait. Demain, \u00e0 la M\u00e9tropole, \u00e7a va changer.<\/p>\n<p><i><b>Droits des femmes <\/b><\/i><\/p>\n<p><b>Annick Karsenty : Sur les violences faites aux femmes, vous envisageriez une cit\u00e9 des femmes, un lieu d\u2019information, o\u00f9 on pourrait contacter des avocats ? Comment faire pour que les femmes se r\u00e9approprient l\u2019espace public, r\u00e9duire les in\u00e9galit\u00e9s, d\u00e9construire les st\u00e9r\u00e9otypes ?<\/b><\/p>\n<p>Beno\u00eet Payan : M\u00eame si on a avanc\u00e9 sur beaucoup de sujets, y compris en interne, j\u2019aurai aim\u00e9 qu\u2019on aille plus loin. Apr\u00e8s, je peux raconter tout ce que je veux, dire que je suis f\u00e9ministe, je ne serai jamais \u00e0 la place d\u2019une femme, ni ne comprendrai ce que peut comprendre une femme. Donc ce que doivent faire, \u00e0 mon sens, celles et ceux qui font de la politique, notamment les hommes, c\u2019est \u00e9couter les femmes et se mettre au service de ces causes, sans vouloir les diriger. On a travaill\u00e9 sur plein de sujets, sur les plages, avec des dispositifs sp\u00e9cifiques, on le fait dans les \u00e9coles&#8230; Mais cette affaire prendra \u00e9videmment beaucoup de temps, non pas parce que la soci\u00e9t\u00e9 marseillaise est patriarcale, mais parce que c\u2019est un st\u00e9r\u00e9otype construit, r\u00e9p\u00e9t\u00e9, sur des milliers d\u2019ann\u00e9es et ancr\u00e9 tr\u00e8s fortement, m\u00eame si, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, on conna\u00eet l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration d\u2019une forme de prise de conscience. D\u2019ailleurs, tout de suite, les mouvements masculinistes sont n\u00e9s. \u00c9videmment, pour nous, c\u2019est une question de budget et de volont\u00e9 politique. \u00e7a passe par l\u2019\u00e9ducation d\u00e8s le plus jeune \u00e2ge, l\u2019\u00e9cole et les programmes scolaires. C\u2019est aussi la p\u00e9dagogie des associations, ce que vous faites, les conf\u00e9rences&#8230; C\u2019est un combat qui ne doit jamais s\u2019arr\u00eater.<\/p>\n<p><i><b>Narcotrafic <\/b><\/i><\/p>\n<p><b>Annick Karsenty : J\u2019ai sign\u00e9 l\u2019Appel de Marseille contre la spirale de violence li\u00e9eau narcotrafic. Drogue et prostitution sont li\u00e9es et \u00e7a touche beaucoup de femmes, des filles de 12 ans parfois&#8230; Comment leur montrer qu\u2019il y a autre chose ? <\/b><\/p>\n<p>Beno\u00eet Payan : Les filles de 12 ans ne se prostituent pas par choix. Ce sont des petites filles, cens\u00e9es \u00eatre \u00e0 l\u2019aide sociale \u00e0 l\u2019enfance, donc sous la protection du conseil d\u00e9partemental, qui sont seules dans des h\u00f4tels et sont prostitu\u00e9es par des r\u00e9seaux mafieux. Apr\u00e8s, j\u2019entends dans le d\u00e9bat municipal, des candidats oser dire qu\u2019ils vont lutter avec la police municipale. Mais j\u2019ai un peu honte pour eux, les Marseillais sont des gens intelligents. Ils comprennent bien que pour des narcotrafiquants qui sont dans un pays o\u00f9 les extraditions sont compliqu\u00e9es, o\u00f9 la collaboration avec Interpol n\u2019est pas faite, \u00e7a n\u2019est pas la solution. Il nous faut de la police scientifique, judiciaire, financi\u00e8re, de la police aux fronti\u00e8res, des sp\u00e9cialistes et des moyens d\u2019investigation et de justice \u00e9normes pour couper la t\u00eate de la pieuvre et pas seulement les tentacules.<\/p>\n<p><i><b>Jeunesse <\/b><\/i><\/p>\n<p><b>Moussa Camara : Avant tout, je veux vous remercier pour ce que vous faites, parce que je suis un rescap\u00e9 de SOS M\u00e9diterran\u00e9e&#8230; Des jeunes du monde entier viennent \u00e0 Marseille, pour vous, c\u2019est une chance ou un probl\u00e8me ? La municipalit\u00e9 doit-elle agir pour l\u2019accueil des jeunes ? <\/b><\/p>\n<p>Beno\u00eet Payan : D\u2019abord, on est la ville qui aide le plus SOS M\u00e9diterran\u00e9e parce que c\u2019est notre devoir. Je suis \u00e9videmment fier que son si\u00e8ge soit \u00e0 Marseille et on continuera \u00e0 les aider. On est des gens de mer et en mer, les marins s\u2019entraident. Apr\u00e8s, dans ma ville, des gens de SOS M\u00e9diterran\u00e9e ont \u00e9t\u00e9 stigmatis\u00e9s par la droite et l\u2019extr\u00eame droite&#8230; Mais en r\u00e9alit\u00e9, je n\u2019ai eu qu\u2019une opposition d\u2019extr\u00eame droite puisque la droite a repris toutes les lubies et les phobies de l\u2019extr\u00eame droite, croyant, en faisant cela, qu\u2019elle gagnerait des suffrages. Elle n\u2019a pas compris qu\u2019elle leur d\u00e9roule le tapis rouge. Quand la droite, que je combats mais qui a des valeurs r\u00e9publicaines, est la droite r\u00e9publicaine, elle ne perd pas son \u00e2me. Quand elle court derri\u00e8re un parti cr\u00e9\u00e9 par les h\u00e9ritiers de P\u00e9tain, \u00e7a donne \u00e7a. Ils sont all\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 dire pour faire peur que nous avions dit que nous voulions \u00eatre le premier port de migrants de France. Non. On affirme qu\u2019on veut \u00eatre le premier port solidaire de France. Ces mots p\u00e9joratifs utilis\u00e9s pour faire peur sont une folie. Sur l\u2019accueil, que soit les MNA (mineurs non accompagn\u00e9s), les r\u00e9fugi\u00e9s politiques ou dans conditions plus sp\u00e9cifiques des sans-papiers, je consid\u00e8re qu\u2019il faut un accueil inconditionnel pour les jeunes. Si apr\u00e8s il devient un criminel, la question pour moi ne se pose plus. Mais si c\u2019est quelqu\u2019un qui veut juste vivre et s\u2019en sortir, comme nos grands-parents arriv\u00e9s \u00e0 Marseille parce qu\u2019ils crevaient de faim ou ne pouvaient plus rester chez eux, eh bien c\u2019est comme \u00e7a. Cette ville s\u2019est cr\u00e9\u00e9e comme \u00e7a, c\u2019est notre histoire. La jeunesse ne peut jamais \u00eatre un probl\u00e8me, elle est toujours une solution, mais il faut lui donner les conditions de sa r\u00e9ussite. On ne peut pas se substituer \u00e0 l\u2019\u00c9tat, aux r\u00e8gles de l\u2019Union europ\u00e9enne et de droit, par contre, il faut accueillir dignement ceux qui sont l\u00e0. C\u2019est ce qu\u2019on fait quand on peut et de la meilleure mani\u00e8re possible. Je reste persuad\u00e9 que la jeunesse est une chance.<\/p>\n<p><i><b>Transports <\/b><\/i><\/p>\n<p><b>Jacques Takeylian : Les transports, ce n\u2019est pas la mairie, mais c\u2019est important quand on voit le d\u00e9s\u00e9quilibre. Il va falloir y penser pour demain, relier tous les quartiers, aller d\u2019est en ouest&#8230;<\/b><\/p>\n<p>Beno\u00eet Payan : En mati\u00e8re de transports, la ville, qui a une g\u00e9ographie et une topographie assez unique, a \u00e9t\u00e9 pens\u00e9e apr\u00e8s la fin de la Seconde Guerre mondiale pour ce qui repr\u00e9sentait au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle une des plus grandes r\u00e9volutions : la voiture. Puis \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1960, on construit un m\u00e9tro et on inaugure deux lignes en 1977. Mais depuis cinquante ans, dans la deuxi\u00e8me ville de la sixi\u00e8me puissance mondiale, on n\u2019a plus rien fait. Le transport public est un impens\u00e9 total et des dirigeants politiques consid\u00e8rent encore que le sch\u00e9ma absolu est celui du d\u00e9placement individuel. Il y a eu les navettes maritimes, les navettes \u00ab Pellicani \u00bb, mais c\u2019est \u00e0 peu pr\u00e8s tout. Entre-temps, on a supprim\u00e9 le r\u00e9seau de tram et de trolley, puis, comble de la folie, dans les ann\u00e9es 2000, on refait un tramway qui suit le trac\u00e9 du m\u00e9tro&#8230; C\u2019est une gabegie. Alors on va s\u2019attaquer \u00e0 quelque chose d\u2019extr\u00eamement complexe. La premi\u00e8re chose sera de revoir la carte des bus, c\u2019est le plus simple, mais \u00e7a ne se fera pas en six mois. Il faut associer les usagers, les ing\u00e9nieurs, les professionnels, imaginer o\u00f9 on va implanter des \u00e9quipements publics, penser \u00e0 l\u2019urbanisme. La refonte du r\u00e9seau est imp\u00e9rative. Apr\u00e8s, le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique a dit \u00e0 Mme Vassal, en 2021, qu\u2019il donnerait de l\u2019argent pour les transports, \u00e0 condition de d\u00e9senclaver les quartiers Nord et de faire en sorte que les gens qui sont \u00ab assign\u00e9s \u00e0 r\u00e9sidence \u00bb, ne le soient plus&#8230;<\/p>\n<p><b>Jacques Takeylian : &#8230; Et on parle d\u2019un tram sur la Corniche alors que le m\u00e9tro jusqu\u2019\u00e0 l\u2019h\u00f4pital Nord est une urgence et qu\u2019il existe des \u00e9tudes. <\/b><\/p>\n<p>Beno\u00eet Payan : Je l\u2019ai d\u00e9couvert dans le journal, je croyais que c\u2019\u00e9tait un 1er avril. Un maire ne peut pas apprendre dans <i>La Provence<\/i> que la M\u00e9tropole a travaill\u00e9 un projet de tram sur la Corniche. Surtout que personne ne veut du tram des Catalans. On a besoin de pousser le tramway vers la Belle de Mai, tirer \u00e0 Burel et monter \u00e0 Ch\u00e2teau-Gombert. Le m\u00e9tro, \u00e0 la Rose, on plonge, et \u00e0 Dromel, on poursuit&#8230; c\u2019est beaucoup d\u2019argent, mais on n\u2019est pas la deuxi\u00e8me ville de France ? Quand on r\u00e9fl\u00e9chit, on se dit o\u00f9 est pass\u00e9 l\u2019argent ? Je ne suis pas complotiste, alors je lis le compte administratif et je vois qu\u2019il est parti dans des ronds-points, des gymnases et des piscines \u00e0 gogo&#8230; Marseille a juste \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9e-pour-compte.<\/p>\n<p><i><b>Culture <\/b><\/i><\/p>\n<p><b>Farid Tabet : Comment penser l\u2019offre culturelle pour que les populations qui n\u2019en ont pas l\u2019habitude, et qui en sont \u00e9loign\u00e9es, aillent dans les mus\u00e9es ? <\/b><\/p>\n<p>Beno\u00eet Payan : C\u2019est une affaire compliqu\u00e9e parce que le capital culturel, c\u2019est quelque chose que l\u2019on a ou que l\u2019on construit. Quand tu n\u2019as pas cette chance, les pouvoirs publics doivent te permettre de le construire. Aujourd\u2019hui, la plupart des grands mus\u00e9es sont au centre et au sud. Je serais favorable \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 faire avec l\u2019\u00e9tat un mus\u00e9e type Mucem au nord de la ville. Un pays qui continue d\u2019investir sur sa culture est un pays qui n\u2019a pas l\u00e2ch\u00e9 la rampe de ce \u00e0 quoi il croit. La culture est le principal vecteur d\u2019\u00e9mancipation. Il faut avoir la possibilit\u00e9 de cr\u00e9er un objet totem reconnaissable qui valorise ces quartiers, rend ces habitants fiers et qui soit aussi un moyen que des gens d\u2019ailleurs y viennent. Apr\u00e8s, la culture, ce n\u2019est pas que les mus\u00e9es. Les pouvoirs publics ont mis \u00e9norm\u00e9ment d\u2019argent sur les questions de diffusion et de distribution, et tr\u00e8s peu sur la cr\u00e9ation. Or, c\u2019est la gen\u00e8se de la culture, un acte par essence \u00e9mancipateur. Les pouvoirs publics ne savent pas, \u00e0 mon sens, valoriser la cr\u00e9ation. On met de l\u2019argent pour un spectacle, je le fais, c\u2019est tr\u00e8s bien et je suis fier des concerts, des spectacles, des mus\u00e9es gratuits, mais je le suis encore plus de faire des r\u00e9sidences d\u2019artistes. En ce moment, on a des jeunes de la M\u00e9diterran\u00e9e, Palestine, Liban, Sicile, Espagne, Alg\u00e9rie, qui rencontrent des Finlandais et des Su\u00e9dois. On s\u2019est battu pour la Villa Valmer, vous vous rappelez. Dans l\u2019h\u00f4tel, il va y avoir des r\u00e9sidences et des expos de jeunes artistes. Il faut aider la cr\u00e9ation, or, on perd les financements \u00c9tat, R\u00e9gion, D\u00e9partement, M\u00e9tropole, parce que la culture est vue comme de l\u2019accessoire.<\/p>\n<p><i><b>Stade V\u00e9lodrome <\/b><\/i><\/p>\n<p><b>Nicolas Guglielmacci : Le stade V\u00e9lodrome, propri\u00e9t\u00e9 de la ville, va-t-il \u00eatre vendu ?<\/b><\/p>\n<p>Beno\u00eet Payan : On aurait pu imaginer que le stade devienne un \u00e9quipement m\u00e9tropolitain, mais au regard de ce qui s\u2019est pass\u00e9 avec la M\u00e9tropole, j\u2019ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 qu\u2019on en reste, nous, Marseillais, propri\u00e9taires. Je ne vendrai pas le stade. Et si un jour je le vends, ce ne serait qu\u2019\u00e0 son club dans la mesure o\u00f9 il sera en capacit\u00e9 de le racheter. Personne ne viendra faire une affaire financi\u00e8re avec. Il ne peut avoir que deux propri\u00e9taires : l\u2019OM ou la Ville.<\/p>\n<p><b>Nicolas Guglielmacci : Mais il n\u2019y a pas que l\u2019OM qui l\u2019utilise. Il y a d\u2019autres \u00e9v\u00e9nements sportifs, des concerts&#8230;<\/b><\/p>\n<p>Beno\u00eet Payan : Celui qui est propri\u00e9taire du stade ne le fermera pas. Et l\u2019OM continuerait \u00e0 faire la m\u00eame chose.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"intext\"> Nos lecteurs \u00e0 Marseille\n              <\/div>\n<div class=\"paragraph\">\n<p><b>Hugo Honde, \u00e9lectricien sur le Grand port maritime de Marseille<\/b><\/p>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"paragraph\">\n<p><b>Jacques Takeylian, retrait\u00e9, vice-pr\u00e9sident de CIQ, habitant du 13e arrondissement<\/b><\/p>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"paragraph\">\n<p><b>Farid Tabet, habitant du 5e arrondissement, ouvrier du b\u00e2timent en reconversion professionnelle<\/b><\/p>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"paragraph\">\n<p><b>Mireille Faure, b\u00e9n\u00e9vole du Secours populaire, habitante du 4e arrondissement<\/b><\/p>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"paragraph\">\n<p><b>Moussa Camara, pr\u00e9sident fondateur de l\u2019association Guin\u00e9e \u00e0 Marseille<\/b><\/p>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"paragraph\">\n<p><b>S\u00e9verine Vernet, professeure de coll\u00e8ge dans le 13e arrondissement<\/b><\/p>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"paragraph\">\n<p><b>Annick Karsenty, responsable d\u2019une association f\u00e9ministe<\/b><\/p>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"paragraph\">\n<p><b>Nicolas Guglielmacci, responsable transport \u00e0 la Coop\u00e9rative de presse et de messagerie m\u00e9diterran\u00e9enne<\/b><\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Solidarit&eacute;","protected":false},"author":1,"featured_media":22281,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[918,3926,3925,330],"tags":[774,10,343,16,478],"news-destination":[3944],"news-source":[475],"is_homepage":[],"ta_other":[],"class_list":["post-22280","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-accueil","category-accueil-merge","category-accueil-third","category-politique","tag-benoit-payan","tag-bouches-du-rhone","tag-entretien","tag-marseille","tag-municipales","news-destination-homepage","news-source-website"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22280","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=22280"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22280\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22282,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/22280\/revisions\/22282"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/media\/22281"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=22280"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=22280"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=22280"},{"taxonomy":"news-destination","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/news-destination?post=22280"},{"taxonomy":"news-source","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/news-source?post=22280"},{"taxonomy":"is_homepage","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/is_homepage?post=22280"},{"taxonomy":"ta_other","embeddable":true,"href":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/wp-json\/wp\/v2\/ta_other?post=22280"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}