{"id":16898,"date":"2026-01-19T08:19:00","date_gmt":"2026-01-19T06:19:00","guid":{"rendered":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/?p=16898"},"modified":"2026-01-23T09:02:56","modified_gmt":"2026-01-23T07:02:56","slug":"rescapee-des-camps-de-la-mort-louise-renee-marcos-fete-ses-100-ans","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/euapp01.newsmemory.com\/lamarseillaise\/news\/2026\/01\/19\/rescapee-des-camps-de-la-mort-louise-renee-marcos-fete-ses-100-ans\/","title":{"rendered":"Rescap\u00e9e des camps de la mort, Louise Ren\u00e9e Marcos f\u00eate ses 100 ans"},"content":{"rendered":"<div class=\"paragraph\">\n<p>Entour\u00e9e de ses proches et tout appr\u00eat\u00e9e dans son chemisier fleuri aux tons ros\u00e9s, Louise Ren\u00e9e Marcos souffle ses 100 bougies chez elle ce dimanche 18 janvier. Qui aurait pu imaginer pareille c\u00e9l\u00e9bration en avril 1944, lors de la d\u00e9portation de cette Marseillaise issue de parents juifs de Salonique, alors \u00e2g\u00e9e de 17 ans, \u00e0 Auschwitz, puis Theresienstadt ? Certainement pas elle qui, lorsque ce camp de concentration et d\u2019extermination, puis ce ghetto, furent respectivement lib\u00e9r\u00e9s par les arm\u00e9es rouge et am\u00e9ricaine l\u2019ann\u00e9e suivante, ne pesait que 35 kilos. Une \u00ab\u00a0solution finale\u00a0\u00bb des nazis \u00e0 laquelle elle a \u00e9chapp\u00e9, mais pas \u00e0 n\u2019importe quel prix, rappelle, 83 ans plus tard, son matricule A-5503 tatou\u00e9 sur l\u2019avant-bras gauche.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"intext\"> Pas une seule miette\n              <\/div>\n<div class=\"paragraph\">\n<p>\u00ab\u00a0<i>Transmettre cette histoire lui a toujours tenu \u00e0 c\u0153ur. Elle l\u2019a fait dans les coll\u00e8ges et lyc\u00e9es entre 1967 et 2019. <\/i><i><span class=\"mln_uppercase_mln\">\u00e0<\/span><\/i><i> nous, elle ne nous a jamais rien cach\u00e9. Il n\u2019y avait pas de tabous<\/i>\u00a0\u00bb, font part ses deux enfants, Estelle et Joseph, tandis que Louise Ren\u00e9e Marcos est assise au calme sur un fauteuil de son domicile de la Valbarelle. Non loin de deux de ses s\u0153urs qu\u2019elle a, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, sauv\u00e9es. <span class=\"mln_uppercase_mln\">\u00e0<\/span> environ 10km de l\u00e0, au printemps 1944, la Gestapo la cueille chez elle, quartier Saint-Just, et l\u2019embarque dans son si\u00e8ge marseillais de la rue Paradis. D\u00e9nonc\u00e9e par des voisins, \u00ab\u00a0<i>elle s\u2019est dit fille unique<\/i>\u00a0\u00bb pour sauver toute la fratrie. Apr\u00e8s huit jours aux Baumettes, puis un passage \u00e0 Drancy, direction les wagons de la mort et Auschwitz, o\u00f9 \u00ab\u00a0<i>sa tante et sa cousine sont gaz\u00e9es d\u00e8s leur arriv\u00e9e<\/i>\u00a0\u00bb, relatent Estelle et Joseph, alors que l\u2019interphone sonne sans cesse, les convives garnissant tr\u00e8s vite le petit appartement du 11<sup>e<\/sup> arrondissement. En janvier 1945, elle survit aux \u00ab\u00a0marches de la mort\u00a0\u00bb, du nom de ces \u00e9vacuations par le III<sup>e<\/sup> Reich de d\u00e9port\u00e9s harass\u00e9s par la maladie et le travail forc\u00e9, \u00e0 mesure que les Alli\u00e9s se rapprochent des camps. Louise Ren\u00e9e Marcos est transf\u00e9r\u00e9e dans le ghetto de Theresienstadt. \u00c0 sa lib\u00e9ration, un typhus et un poids rachitique comme stigmates imm\u00e9diats, mais des \u00ab\u00a0<i>cauchemars<\/i>\u00a0\u00bb pour toute la vie. \u00ab\u00a0<i>Elle n\u2019a peur de rien mais n\u2019a jamais support\u00e9 \u00e0 son retour les pleurs d\u2019enfants<\/i>\u00a0\u00bb, t\u00e9moignent son fils et sa fille. \u00ab\u00a0<i>Un matin, les Allemands ont fait entrer dans le camp beaucoup d\u2019enfants habill\u00e9s en blanc, avant d\u2019allumer tous les projecteurs sur eux. Ma m\u00e8re nous disait qu\u2019on aurait dit des anges qui criaient. Parfois, elle regarde encore dans le vide et dit<\/i><i>\u00a0<\/i><i>: &#8220;qu\u2019est-ce que tu fais l\u00e0, petit<\/i><i>\u00a0<\/i><i>? Ne reste pas ici&#8221;<\/i>\u00a0\u00bb, rapportent-ils. Habit\u00e9e pendant toute sa vie par ces fant\u00f4mes, cette couturi\u00e8re de m\u00e9tier n\u2019a jamais non plus \u00ab<i>\u00a0<\/i><i>laiss\u00e9 une seule miette de pain sur la table \u00e0 la maison<\/i>\u00a0\u00bb, habitude h\u00e9rit\u00e9e de ses privations en camp.<\/p>\n<p>Alors qu\u2019il n\u2019y a jamais eu autant de conflits dans le monde depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, un souvenir qui demeure n\u00e9cessaire pour faire \u00e0 nouveau r\u00e9\u00e9merger la lutte contre toutes les formes de racisme.<\/p>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Entour&eacute;e de ses proches et tout appr&ecirc;t&eacute;e dans son chemisier fleuri aux tons ros&eacute;s, Louise Ren&eacute;e Marcos souffle ses 100 bougies chez elle ce dimanche 18 janvier. 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